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SIEYÈS Emmanuel Joseph, comte, dit l'abbé Sieyès

Homme politique français. Entré dans les ordres sans réelle vocation, il attira l'attention par son célèbre Qu'est-ce que le tiers état ? (janv. 1789) et fut élu par la ville de Paris député du tiers aux États généraux. Il fut l'un des instigateurs de la réunion des trois ordres et rédigea le serment du Jeu de paume (20 juin 1789). Favorable à la Constitution civile du clergé, il refusa cependant d'être évêque constitutionnel de Paris (mars 1791). Député à la Convention, il vota la mort de Louis XVI. Après la chute de Robespierre, il devint membre du Comité de salut public, puis président de la Convention (1795). Adversaire de la Constitution de l'an III, il refusa de faire partie du Directoire lors de sa création, mais exerça une grande influence au Conseil des Cinq-Cents ; il entra finalement au Directoire en mai 1799. Pensant que seule une dictature militaire pouvait permettre de conserver les conquêtes politiques de la Révolution, il fit appel à Bonaparte et fut ainsi le principal artisan du 18-Brumaire ; Sieyès entra dans la commission consulaire provisoire (nov./déc. 1799). Bonaparte lui confia la préparation de la Constitution de l'an VIII, mais s'empressa de la détourner à son profit (déc. 1799). Comte d'Empire en 1809, Sieyès siégea à la Chambre des pairs durant les Cent-Jours. Réfugié à Bruxelles en 1815, il fut proscrit comme régicide et ne rentra en France qu'en 1830.

Sieyès, Emmanuel Joseph, comte, dit l’abbé (Fréjus 1748-Paris 1836); homme politique français.

Il lui manqua le talent d’orateur pour jouer le rôle majeur que ses convictions politiques l’appelaient à assumer. Son action, qui court au long de la Révolution, du Consulat et sur une partie de l’Empire, est sans cesse soutenue par le désir d’installer en France une souveraineté populaire, faite de raison et d’égalité. Il débute en entrant dans les ordres sans avoir une véritable vocation et devient chanoine de Tréguier (1775) puis vicaire général de Chartres (1787). Il est passionné par les philosophes du XVIIIe siècle et attiré par les problèmes sociaux de son temps. A la fin de l’Ancien Régime il publie des brochures favorables à des changements politiques et sociaux profonds, en particulier l'Essai sur les privilèges (1788) et le célèbre Qu’est-ce que le tiers état ? (janv. 1789), qui tire à plus de 30 000 exemplaires. Rompant avec l’idéologie monarchique, il identifie le tiers état à la Nation, tout en mettant des limites aux bouleversements sociaux et en défendant le droit de propriété considéré comme un droit naturel. Elu député de Paris aux Etats généraux, il y joue un rôle décisif : il propose aux représentants de se constituer en Assemblée nationale, rédige le serment du Jeu de paume du 20 juin 1789, et participe à l’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Sous la Constituante il fait adopter la division administrative de la France en 83 départements et dans la Constitution de 1791 le maintien du suffrage censitaire. Partisan de la Constitution civile du clergé, il refuse cependant d’être nommé évêque constitutionnel de Paris (mars 1791). Député à la Convention, il vote la mort de Louis XVI, mais au plus fort de la tourmente révolutionnaire il adopte une position de réserve tout en votant les mesures proposées. Il revient sur le devant de la scène politique après la chute de Robespierre, devient membre du Comité de salut public, président de la Convention (avr. 1795) et participe aux négociations du traité de Bâle. Elu Directeur en 1795, il se démet en faveur de Carnot et siège au Conseil des Cinq-Cents, qu’il préside après le 18 Fructidor. Ambassadeur à Berlin en 1798, il finit par entrer au Directoire en mai 1799, où il devient le rival de Barras. Craignant que les conquêtes révolutionnaires ne soient remises en cause, il se met en quête d’un général pour réaliser un coup d’Etat qui les sauvegarde ; il songe d’abord à Joubert puis fixe son choix sur Bonaparte quand ce dernier rentre d’Égypte. Il est donc le principal artisan du coup d’État du 18 Brumaire an VIII. Consul provisoire, il participe à la rédaction de la Constitution de l’an VIII, que Bonaparte simplifie ensuite et oriente dans le sens de ses intérêts. Dès lors S. est cantonné dans des fonctions surtout honorifiques : sénateur, il reçoit le domaine de Crosne, devient membre de l’Académie française (1803), est fait comte d’Empire (1809). Pair pendant les Cent-Jours, il se réfugie à Bruxelles en 1815 et ne rentre en France qu’en 1830.

Bibliographie : J.-D. Bredin, Sieyès, la clé de la Révolution, 1988.

SIEYES, Emmanuel, Joseph comte de, dit l'abbé Sieyès (Fréjus, 1748-Paris, 1836). Homme politique français, il joua un rôle important au début de la Révolution française. Vicaire général de Chartres, favorable aux idées nouvelles, il se rendit célèbre par sa brochure Qu'est-ce que le Tiers État ? (1789). Élu député du Tiers à Paris, il joua, lors du mois de juin 1789, un rôle de premier plan. Il fut l'un des inspirateurs de la réunion des trois ordres, proposa aux députés de se constituer en « Assemblée nationale » et rédigea le serment du Jeu de Paume (20 juin 1789). Malgré sa popularité, il joua un rôle effacé sous l'Assemblée constituante et la Convention, où il fut député de la Sarthe. Monarchiste constitutionnel, rallié aux Feuillants, il vota cependant la mort de Louis XVI et s'efforça, durant la Terreur, de rester dans l'ombre, ce qui justifia l'appellation de Robespierre à son propos : « La taupe de la Révolution. » Député sous le Directoire du Conseil des Cinq-Cents, puis Directeur en 1799, il prépara avec Bonaparte le coup d'État du 18 Brumaire. Devenu consul provisoire, il participa à rédaction de la Constitution de l'an VIII, mais Bonaparte la modifia selon ses intérêts. Président du Sénat ( 1800), comte d'Empire ( 1809), Sieyès dut s'exiler entre 1816 et 1830 comme régicide. II était depuis 1803 membre de l'Académie française.

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