SCYTHES
Peuple iranien d'abord établi dans l'Asie centrale. Il émigra au VIIIe s. av. J.-C. vers le Kouban et l'Ukraine méridionale, ravagea l'Assyrie et l'Asie Mineure au cours du VIIe s. et, un peu plus tard, lança des raids jusque dans les Balkans. D'autres Scythes, appelés par les Perses Sakas ou Çakas (Saces), se manifestèrent sur les confins de l'Iran et de l'Inde à partir du VIe s. av. J.-C. La civilisation des Scythes, longtemps connue presque uniquement par le témoignage d'Hérodote dans ses Histoires (livre IV), a été mieux mise en lumière au XXe s. par les recherches archéologiques menées dans leurs grandes tombes sous tumulus, ou kourganes, nombreuses dans la région de l'Altaï et surtout en Russie méridionale, en Ukraine et au Kouban. Pasteurs nomades, les premiers Scythes avaient vraisemblablement pour habitat la région de la mer d'Aral, à l'E. de la Caspienne. À la suite de mouvements de peuples dans l'Asie centrale, peut-être d'un reflux vers l'Ouest des Hiong-nou (v.), la plupart des Scythes durent se mettre en marche vers l'Ouest. Cavaliers de premier ordre et archers redoutables, ils firent leur apparition, en plusieurs groupes, à la fin du VIIIe s. av. J.-C., au N. du Caucase (Kouban), en Iran septentrional (région du lac d'Ourmia, Azerbaïdjan perse) et en Arménie (Ourartou). Cette région, où les Scythes se mêlèrent plus qu'ils ne se heurtèrent aux Cimmériens (v.), correspond à la « Vieille Scythie » d'Hérodote. Tandis qu'une partie des Scythes poussait jusqu'en Ukraine méridionale, où ils commencèrent à se sédentariser, d'autres groupes s'infiltraient en Anatolie (679/76) et sur le plateau iranien et imposaient leur domination aux Mèdes (v. MÉDIE) (vers 653) ; ils ravagèrent l'Assyrie, pénétrèrent en Syrie et en Palestine, jusqu'aux confins de l'Égypte (vers 627). Mais, repoussés d'Iran par les Mèdes, ils se replièrent au nord du Caucase et entre la Caspienne et le lac Balkhach (Scythes d'Asie). À la fin du VIIe s. av. J.-C., la phase des invasions scythes en Asie antérieure était terminée. Cependant, à partir de l'Ukraine méridionale, des bandes scythes, franchissant le Dniestr, parvenaient sur le cours inférieur et moyen du Danube ; vers 500, une nouvelle poussée amenait des Scythes jusqu'en Europe centrale, entre l'Oder et l'Elbe (kourgane de Vettersfelde) ; d'autres parvenaient jusqu'en Bavière et en Italie du Nord, entrant ainsi en contact avec la civilisation de Hallstatt. La base de la puissance scythe restait les plaines de la Russie méridionale, au N. de la mer Noire, entre le Dniestr et le Caucase et jusqu'à Kiev et à Voronej. Les Scythes se trouvaient ainsi au contact des colonies grecques établies aux bouches du Dniepr et en Crimée. C'est en visitant la colonie grecque d'Olbia, vers le milieu du Ve s., qu'Hérodote recueillit sur les Scythes les renseignements qu'il a consignés dans ses Histoires. En dépit de leur sédentarisation partielle, voire d'un début d'hellénisation pour certains d'entre eux (les Hellénoscythes ou Mixhellènes d'Hérodote), les Scythes, au Ve s. av. J.-C., avaient conservé toutes leurs traditions guerrières de cavaliers. Lorsque Darius Ier, roi de Perse, avait tenté, vers 513, d'envahir la Scythie danubienne, il avait essuyé une grave défaite. La religion des Scythes, empreinte de chamanisme, était tournée essentiellement vers la vénération des forces naturelles et connaissait aussi divers dieux, en particulier une Grande Déesse, Tabiti. L'exploration des kourganes, dont les plus riches sont ceux des Scythes Royaux dans la région du Dniepr (Solokhà) et en Crimée orientale (Koul-Oba), a mis au jour des armes, des ustensiles et des pièces d'orfèvrerie qui sont le seul témoignage direct qu'ait laissé ce peuple sans écriture. L'art scythe est un art essentiellement animalier, d'une puissante originalité, qui a subi une profonde hellénisation à la fin du Ve et au IVe s. av. J.-C. Alors que cet art atteignait à son point suprême de richesse et de raffinement, les Scythes de Russie méridionale subissaient déjà la pression d'un nouveau peuple venu d'Asie, les Sarmates, qui les réduisirent peu à peu à la Crimée. Dès le IIe s. de notre ère, les Scythes avaient complètement disparu comme peuple organisé. Les Scythes d'Asie ou Sakas (Saces), refoulés dans le Turkestan occidental, en furent chassés à la fin du VIe s. av. J.-C. par les nomades massagètes ; battus par Darius Ier (vers 522), ils furent établis dans deux satrapies perses septentrionales, avant d'en être délogés dans la première moitié du IIe s. av. J.-C. par les Yue-tche (v.). Descendant vers le Sud, ils enlevèrent aux Grecs le royaume de Bactriane (vers 130 av. J.-C.). De nouveau chassés par les Yue-tche, ils étaient installés, au début du Ier s. avant notre ère, dans le Gandhara (région de Peshawar), où régna, vers 95/75 av. J.-C., leur grand roi Moga ou Maues. À cette époque, les Sakas avaient subi de façon très profonde l'empreinte de l'hellénisme. Vers le début de notre ère, les Sakas dominaient tout le Pendjab, et leur empire s'étendait au sud jusqu'à la Narbada. Mais ils furent ensuite supplantés par les Kouchans, du peuple des Yue-tche. SCYTHES. Peuple indo-européen, d'origine iranienne, installé dans les plaines au nord de la mer Noire. Grands cavaliers et archers redoutables, ils ravagèrent au viie siècle av. J.-C. l'Empire assyrien et menacèrent l'Egypte. Repoussés par les Mèdes et repliés au nord du Caucase pour les uns, entre la mer Caspienne et le lac Balhach pour les autres, ils renoncèrent à l'invasion de l'Asie mais lancèrent des raids jusqu'en Europe centrale vers 500 av. J.-C. puis s'opposèrent aux Perses et aux Parthes. Au Ier siècle ap. J.-C., une dynastie scythe s'établit au nord de l'Inde. Leur civilisation, qui ignorait l'écriture, ne fut longtemps connue qu'à travers le témoignage de l'historien grec Hérodote mais l'archéologie a fourni des armes, ustensiles et pièces d'orfèvrerie en or qui témoignent d'un art raffiné. Ils disparurent de l'histoire après les grandes invasions des Huns et des Germains. Voir Assyrie. SDN. Voir Société des nations.