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SCHUSCHNIGG Kurt von

Homme politique autrichien. Successeur de Dollfuss à la Chancellerie en janv. 1932, il s'efforça de maintenir l'indépendance de l'Autriche face à l'Allemagne nationale-socialiste. Par l'accord du 11 juill. 1936, il obtint de Hitler une promesse de non-intervention dans les affaires autrichiennes, mais se vit imposer par ce dernier des mesures d'amnistie en faveur des nazis d'Autriche et la nomination de leur principal chef, Seyss-Inquart, au ministère de l'Intérieur. Après une ultime tentative de résistance par un plébiscite sur le maintien de l'indépendance autrichienne (mars 1938), il donna sa démission à la suite d'un ultimatum de Hitler, tandis que les premiers soldats de la Wehrmacht pénétraient en Autriche. Il fut détenu par les Allemands jusqu'en 1945.

Schuschnigg, Kurt von (Riva 1897-Inns-brück 1977) ; chancelier autrichien

Elu dès 1927 membre du Conseil national autrichien, S. passe dans les milieux sociaux-chrétiens pour le « prince héritier » de Seipel qui le fait entrer dans son cabinet en 1932 comme ministre de la Justice. Après l’assassinat de Dollfuss, il prend les fonctions de chancelier le 25 juillet 1934 et accepte ainsi un funeste héritage en matière de politique intérieure et extérieure. La mort de Dollfuss avait mis en lumière le fait que les bases de « l’Etat corporatif chrétien », institué par la Constitution du 1er mai 1934, étaient trop faibles pour permettre de surmonter à l’intérieur la situation de guerre civile et pour conjurer les menaces extérieures. L’habileté avec laquelle S. sait jouer ses adversaires et ses rivaux les uns contre les autres n’assure que des succès superficiels à son programme de paix intérieure. S’il réussit à contenir l’influence excessive des Heimwehren et de leurs chefs ainsi qu’à contraindre le plus important de ses adversaires, Starhemberg, à se retirer du gouvernement, il ne profite pas de cette stabilisation provisoire pour élargir la base de son gouvernement. Le parti pris doctrinaire avec lequel S. s’accroche à la mise en place d’un Etat corporatiste, bien que celui-ci ne soit pas allé très loin et cache mal ses aspects bureaucratiques et absolutistes, l’empêche de chercher, au moyen d’une réadmission des partis et des appareils politiques, une alliance avec les socialistes qui, du fait de la pression nationaliste croissante, sont prêts à défendre l’indépendance de l’Autriche même dans un cadre à demi autoritaire. La vaine tentative de S. pour rallier à lui les nationalistes modérés dont il est proche -en sa qualité de partisan de « l’idée d’une Grande Allemagne », il s’oppose fermement à l’idéologie nationale - ne conduit nullement à la scission escomptée du parti national-socialiste, mais donne à leurs agents de liaison à Berlin une influence décisive sur le gouvernement, avant même que l’entretien de Berchtesgaden avec Hitler, en février 1938, ne contraigne à nommer Seyss-Inquart ministre de la Sécurité et de l’intérieur. La politique extérieure de S. est dominée par ses efforts pour se débarrasser de l’influence prédominante de l’Italie, qui se trouve isolée diplomatiquement après la campagne en Abyssinie et ne peut plus être considérée comme le garant de l’indépendance de l’Autriche depuis qu’elle s’est rapprochée de l’Allemagne. C’est pourquoi S. se préoccupe d’améliorer les relations avec le Reich allemand, et ce d’autant plus que les tentatives pour restaurer les Habsbourg, qu’on a inutilement exagérées, mais qui furent encouragées par S. qui était un monarchiste convaincu, ont aggravé les tensions avec les Etats voisins. Le traité du 11 juillet 1936 avec l’Allemagne n’assure qu’en apparence l’indépendance de l’Autriche puisque l’entrée au cabinet de représentants de l’opposition nationale donne à Hitler la possibilité d’intervenir. Le gouvernement de S., qui n’est pas bien implanté dans le peuple, est incapable d’arrêter l’essor du national-socialisme ; finalement, par un ultimatum exigeant sa démission sous la menace d’envoi de troupes, le gouvernement allemand contrecarre la décision de S., rendue publique le 9 mars 1938, de renforcer la volonté d’indépendance de l’Autriche par l’organisation immédiate d’un référendum. S. se retire parce que, compte tenu de l’isolement diplomatique de l’Autriche, il considère que toute résistance est inutile ; il est ainsi la victime de la politique de force brutale d’Hitler mais aussi de ses propres négligences politiques. Témoin indésirable, il est alors placé sous le contrôle de la Gestapo et à partir de 1941 au camp de concentration de Dachau. Il quitte l’Autriche pour les Etats-Unis après la guerre et devient professeur d’économie publique à l’université du Missouri à Saint-Louis. Il s’éteint toutefois en Autriche, à Innsbrück, le 18 novembre 1977.




SCHUSCHNIGG, Kurt von (Riva, lac de Garde, 1897-Muters, près d'Innsbruck, 1977). Homme politique autrichien. Chancelier d'Autriche en 1934, il tenta vainement de s'opposer à l'Anschluss (rattachement de l'Autriche à l'Allemagne) et fut emprisonné par les Allemands de 1938 à 1945. Élu député social-chrétien en 1927, il devint ministre de la Justice ( 1932-1933) de Dollfuss et lui succéda lorsque ce dernier fut assassiné par les nazis (juillet 1934). Catholique convaincu, il poursuivit la politique autoritaire et corporatiste de son prédécesseur, luttant à la fois contre l'extrême droite et la gauche, et s'efforça de restaurer l'économie. Afin de sauvegarder l'indépendance autrichienne, il signa avec Hitler (1936) un accord par lequel ce dernier promettait la non-intervention en Autriche ; Schuschnigg, en échange, appelait au gouvernement des « nazis modérés ». Convoqué par Hitler à Berchtesgaden (12 février 1938), il dut amnistier les nazis coupables d'un complot contre lui et accepter de donner le poste de ministre de l'intérieur au pronazi Seyss-Inquart. Après avoir tenté d'organiser un plébiscite sur le maintien de l'indépendance de l'Autriche (mars 1938) et s'être rapproché des sociaux-démocrates, il dut démissionner sur un ultimatum d'Hitler. Après l'Anschluss, il fut incarcéré par la Gestapo puis transféré dans des camps de concentration en Allemagne. Il émigra après la guerre aux États-Unis.

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