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SCHUMAN Robert

Homme politique français. Député (1919/40), il fit partie des gouvernements Reynaud et Pétain en 1940, mais démissionna et s'opposa rapidement aux autorités allemandes. Déporté, il s'évada en 1942 et rejoignit Londres. Après la guerre, ce démocrate-chrétien cofonda avec Georges Bidault (v.), le MRP (v. DÉMOCRATIE CHRÉTIENNE. France). Ministre des Finances dans le gouvernement Bidault (juin/nov. 1946), il succéda à Ramadier à la présidence du Conseil (nov. 1947/juill. 1948) et fit adopter le plan Marshall (avr. 1948) ; à l'extérieur, il reconnut l'indépendance du Viêt-Nam dans le cadre de l'Union française et amorça une politique de rapprochement avec l'Allemagne occidentale par l'abandon du contrôle de la Ruhr. Ministre des Affaires étrangères (juill. 1948/janv. 1953), Robert Schuman fut, avec Jean Monnet, le principal artisan de la construction d'une Europe unie : le 9 mai 1950, il lança le plan Schuman, qui offrait à tous les pays d'Europe de placer la production du charbon et de l'acier sous une haute autorité commune, ce qui fut accepté par l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas (Communauté européenne du charbon et de l'acier, 18 avr. 1951), mais non par l'Angleterre ; ces pays constituèrent « l'Europe des Six » (v. EUROPÉENNES, institutions). Le 27 mai 1952, Schuman signa à Paris un deuxième traité prévoyant la formation d'une armée européenne intégrée (Communauté européenne de défense), mais ce projet se heurta à l'opposition des communistes et des gaullistes. Il fut encore ministre de la Justice d'Edgar Faure (1955/56), puis se consacra à l'unité européenne, comme président du Mouvement européen (1955) et président de l'Assemblée parlementaire européenne de Strasbourg (1958/60).

Schuman, Robert (Luxembourg 1886-Sey-Chazelles, Moselle, 1963) ; homme politique français.

Lorrain né à Luxembourg, avocat à Metz après des études en Allemagne, mobilisé par le Reich wilhelmien durant la Première Guerre mondiale, ce célibataire monacal, que l’on dit membre d’un tiers-ordre religieux, devient député de la Moselle en 1919. Membre du Bloc national, il rejoint le parti démocrate populaire, y est influent, mais n’accède que tardivement aux responsabilités gouvernementales. Sous-secrétaire d’Etat aux Réfugiés de P. Reynaud puis de Pétain, il quitte le gouvernement avant le 10 juillet 1940, mais vote les pleins pouvoirs. Retiré à Metz, il refuse les propositions de l’occupant, est mis en résidence surveillée, s’évade en 1942. Il participe à la fondation du MRP, redevient député de Moselle de 1945 à 1962, et débute sa carrière ministérielle : ministre des Finances de G. Bidault puis de P. Ramadier en 1946-1947, chef du gouvernement en 1947-1948, lors de la vague de grèves et d’émeutes, puis, sept fois ministre des Affaires étrangères jusqu’à la fin de 1952, il devient un des pères de l’Europe, profitant de sa proximité culturelle et idéologique avec K. Adenauer et A. De Gasperi. En 1950, le « plan Schuman », inspiré par Jean Monnet, est le point de départ de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. En 1952, il signe le traité créant la Communauté européenne de défense, mais n’arrive pas à le faire ratifier en France. Ministre de la Justice d’E. Faure en 1955, il préside l’Assemblée parlementaire européenne de 1958 à 1960 et en reste membre jusqu’à sa mort 1963.




SCHUMAN, Robert

(Luxembourg, 1886-Scy-Chazelles, Moselle, 1963) Homme politique français, il fut avec Jean Monnet l'un des pères de l'Europe et l'initiateur de la réconciliation franco-allemande. Fils de parents lorrains, Robert Schuman suivit des études de droit et entama sa carrière politique aux lendemains de la Première Guerre mondiale. Député démocrate-populaire de la Moselle entre 1919 et 1940, sous-secrétaire d'État aux réfugiés dans le gouvernement Reynaud puis Pétain (mars à juillet 1940), il fut, sous le régime de Vichy, emprisonné puis déporté, mais s'évada en 1942. Député MRP (Mouvement républicain populaire) entre 1945 et 1962, président du Conseil (1947-1948), il devint ministre des Affaires étrangères (1948-1953) et lança en 1950 à l'instigation de Jean Monnet le plan Schuman, qui aboutit en 1951 à la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). En 1952, il signa le traité de la CED (Communauté européenne de défense), prévoyant la création d'une armée européenne intégrée, mais il se heurta à l'hostilité, au sein de l'Assemblée nationale, des communistes et des gaullistes du RPF et donna sa démission. Ministre de la Justice (1955-1956), il fut ensuite président de l'Assemblée parlementaire européenne à Strasbourg (1958-1960). Il est l'auteur d'un livre, Pour l'Europe.

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