SACRÉES (guerres)
Dans l'histoire de la Grèce ancienne, nom donné à des guerres qui eurent officiellement pour but de défendre le sanctuaire de Delphes ; en fait, elles furent provoquées par la rivalité des Thébains et des Thessaliens d'une part, des Phocidiens dont le territoire environnait le site de Delphes, de l'autre, et, à travers le jeu des alliances, celle des grandes puissances du monde grec, pour le contrôle du temple d'Apollon. La première guerre sacrée (vers 595/586 av. J.-C.) se termina par la défaite de la cité phocidienne de Kirrha (ou Krisa), qui rançonnait les fidèles se rendant au temple ; Kirrha fut rasée. La deuxième guerre sacrée (448/447 av. J.-C.), provoquée par l'occupation du sanctuaire de Delphes par les Phocidiens, s'élargit bientôt en une lutte entre Sparte et Athènes. Sparte chassa les Phocidiens, et Thèbes réussit à vaincre Athènes à la bataille de Coronée (447). La troisième guerre sacrée (356/346 av. J.-C.) éclata parce que des Phocidiens avaient labouré des terres consacrées à Apollon. Accusés par les Thébains devant le conseil des amphictyons (voir DELPHES), les Phocidiens furent condamnés à une forte amende ; ils ripostèrent en pillant les richesses du temple de Delphes, et, avec celles-ci, ils constituèrent une armée de mercenaires. Leur intervention en Thessalie en faveur des tyrans de Phères provoqua la riposte de Philippe de Macédoine, qui se présenta en vengeur d'Apollon, ravagea la Phocide et se fit donner les sièges des Phocidiens au conseil amphictyonique (346), ce qui lui permit désormais d'intervenir directement dans les affaires de la Grèce. Considérée par rapport à l'histoire de l'hégémonie macédonienne sur la Grèce, cette guerre est parfois appelée première guerre sacrée. La quatrième guerre sacrée (339/338) eut pour origine un sacrilège des Locriens d'Amphissa, près de Delphes, qui avaient cultivé des territoires consacrés à Apollon. Les amphictyons ordonnèrent le châtiment des Locriens et chargèrent de cette exécution Philippe de Macédoine, qui en profita pour envahir la Béotie, alliée avec Athènes des Locriens : après la victoire de Philippe à Chéronée (338), la Grèce passa sous l'hégémonie macédonienne.