ROMAGNOSI Gian Domenico
ROMAGNOSI Gian Domenico. Juriste italien. Né à Salsomaggiore (duché de Plaisance), le 11 décembre 1761, mort à Milan, le 8 juin 1835. Il obtint son doctorat en droit à l’Université de Plaisance en 1786 et s’inscrivit alors à l’ordre des notaires de cette ville. Il pratiqua cependant fort peu et, continuant à étudier les sciences et la philosophie, conçut sa fameuse Genèse du droit pénal qui parut à Pavie en 1791 et connut plusieurs rééditions. A la suite d’un concours il fut nommé, en 1791, préteur ou podestat de Trente, ce qui ne l’empêcha pas de continuer ses études de physique et de devancer par ses expériences la découverte d’Oersted sur l’action magnétique du courant électrique, découverte qui est la base de l’électro-magnétisme. Lors de l’entrée des Français à Trente, le 5 septembre 1796, Romagnosi présenta au sénat municipal de la cité un programme de réformes qui visait en particulier le système judiciaire et l’instruction publique. Arrêté le 23 avril 1799, après le retour des Autrichiens, il fut accusé de haute trahison, traduit devant le tribunal d’Innsbruck, jugé puis absous (1800). Romagnosi demeura à Trente jusqu’en 1802, date à laquelle il fut appelé à la chaire de droit public de l’Université de Parme où il publia une autre de ses œuvres essentielles : Introduction à l'étude du droit public universel [1805]. En octobre 1806 il se rendit à Milan où il fut chargé de travailler à la préparation du Code pénal ou Code de procédure pénale. Entre-temps il passa de la chaire de Parme à celle de droit civil de l’Université de Pavie (février 1807) qu’il quitta pour la chaire de haute législation des Écoles spéciales de Milan (janvier 1809). Il fut aussi inspecteur supérieur des écoles de droit (mars 1809) et, à partir de février 1811, chargé de diriger le Journal de jurisprudence universelle, il était en même temps entré dans la franc-maçonnerie, où il parvint aux plus hauts grades. Une attaque d’hémiplégie le frappa en avril 1812 et le contraignit a sus-prendre, pour quelque temps, toute activité. Après la chute de Napoléon et le retour des Autrichiens, Romagnosi adhéra à la conspiration qui s’organisait. Déjà surveillé par la police parce que suspect d’avoir trempé dans une conjuration ourdie vers la fin de 1814, il fut soumis à une enquête (1817) à la suite de la publication du premier volume de :De la constitution d'une monarchie nationale représentative, publié anonymement en 1815, et contraint de démissionner de l’enseignement. Il vécut en donnant des leçons particulières et en collaborant à divers périodiques et journaux parmi lesquels Le Conciliateur. Ses contacts avec Pellico et Maroncelli lui valurent d’être impliqué dans les procès de Venise (1821) où il obtint un non-lieu (décembre 1821). L’intervention des autorités autrichiennes l’empêcha d'accepter, en 1825, l’invitation de Lord Guilford qui le conviait, à occuper la chaire de jurisprudence de la nouvelle Université de Corfou, charge en vue de laquelle il avait préparé ses Institutions de philosophie civile [post., 1839]. Malgré tous ces ennuis ce furent des années d’intense production : Romagnosi avait publié en 1822 les Observations sur la Science nouvelle de Vico qui furent suivies de Questions sur l'ordonnance des statistiques civiles [1827-30], De l'économie suprême du savoir humain [1828], Aperçus fondamentaux sur la logique [1832], De la disposition à la civilisation et de ses facteurs, Aperçus fondamentaux pour administer l'économie suprême de la civilisation [1833], etc. En 1834 il fut nommé à l’Académie des Sciences morales et politiques de France. Il mourut des suites d’une attaque d’apoplexie et fut enseveli, selon son vœu, à Carate Brienza.
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