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ROBERT GROSSETESTE

ROBERT GROSSETESTE. Homme d’Etat et philosophe anglais, l’un des plus importants du Moyen Age. Né à Stradbrook dans le Suffolk vers 1175, mort à Lincoln le 9 octobre 1253. Il étudia le droit, la médecine, les mathématiques et lés sciences naturelles à Oxford dont il sortit en 1197. Ordonné prêtre, il se vit ensuite nommer vers 1207 maître des Écoles d’Oxford. Quand les franciscains établirent, en 1229, leur première école à Oxford, il fut choisi comme lecteur de théologie. Mais, selon Roger Bacon qui fut son élève, il surpassa tous ses contemporains par ses connaissances en mathématiques et en sciences naturelles. Sa valeur, ses mérites et sa culture lui valurent de nombreux bénéfices. En 1235, il accepta l’évêché de Lincoln et le conserva jusqu’à sa mort. Il entreprit la réforme de la morale et des disciplines du clergé de son diocèse, ce qui lui valut d’entrer en conflit avec les corporations privilégiées et en particulier avec son propre chapitre. Son zèle réformateur lui attira même par trois fois les réprimandes de Henry III. Il entendait simplement rétablir à leur juste place les prérogatives de chaque pouvoir et s’il défendit les évêques contre les exactions royales, il sut, aussi, défendre aux côtés du roi les libertés de l’église nationale menacées par les prétentions de Rome. Au cours d’une visite au pape, en 1250, il donna lecture, devant lui et devant l’assemblée des cardinaux, d’un mémoire où il décrivait tous les malheurs causés à l’Église par les décisions arbitraires de la Curie. En 1251, il protesta contre une bulle papale enjoignant au clergé anglais de verser un dixième de ses revenus à Henry III pour préparer une croisade et en 1253 contre un mandement ordonnant à son diocèse d’accueillir et de doter un neveu du pape. Il se reposait par l’étude de ses soucis ecclésiastiques et politiques et des ennuis que lui valait son intransigeance. Il se passionna pour les traités scientifiques introduits en Occident par les Arabes et contribua à la renaissance intellectuelle par ses commentaires d’Aristote et ses traductions du grec — il était un des rares philosophes du temps qui connût cette langue. Sa philosophie est la première qui ait tenté de concilier les doctrines d’Aristote et de saint Augustin, et l’on aura une idée de l’originalité et de la nouveauté de sa pensée en sachant qu’il nia l’éternité du monde et fit de la lumière l’origine de tous les corps. Esprit universel, il exalta les sciences et les mathématiques, composa des traités sur la politique, la musique et l’architecture et écrivit de nombreux poèmes. Parmi ses nombreux Ecrits philosophiques et scientifiques, il faut signaler, outre sa traduction de l'Ethique à Nicomaque et du commentaire de cette œuvre attribuée à Eustrate, le De luce seu de incohatione formarum, où il explique la formation du monde à partir de la lumière, des traités de mathématiques comme le De sphaerae, le De arte numerandi, des écrits polémiques, tel le De cessatione legalium, contre les Juifs, et même un livre sur l’agriculture, les Regulae agriculturae per menses digestae. Ses œuvres comprennent encore de nombreux sermons et des conférences ou Dictae. Enfin, ses Lettres sont pour nous une mine incomparable de renseignements sur la vie politique et intellectuelle de son époque.




♦ « Grossi capitis sed subtilis intellectus. » Anonyme, XIIIe s. ♦ « Le principal mérite de Robert Grosseteste n’est peut-être pas d’avoir imaginé cette cosmogonie de la lumière; il faut le louer davantage encore d ’avoir choisi cette conception de la matière parce qu'elle permet l'application d'une méthode positive à l’étude des sciences de la nature. » E. Gilson.

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