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Riurik ; prince varègue de Russie [v. 862-879].

Riurik ; prince varègue de Russie [v. 862-879]. R. - dont la réalité historique n'est pas avérée - passe pour le fondateur de la première dynastie des princes russes, les Riurikides [v. 862-1598]. D'après la Chronique de Nestor (appelée aujourd'hui Chronique des temps passés par les spécialistes), écrite au début du xiie siècle, les tribus slaves et finnoises de la rive méridionale du golfe de Finlande auraient fait venir les princes « varègues-russes », c'est-à-dire Scandinaves, R. (dont le nom vient du norrois Hroe-rekr), Sineus et Truwor, pour régner sur le pays. Après la mort de ses frères, R. aurait régné seul à Novgorod et, depuis cette place, soumis une série de tribus de Slaves de l'Est et de Finnois. La tradition de « fondation d'un Etat russe » rapportée par cette chronique est à l'origine d'une querelle historiographique à relents nationalistes, qui s'est prolongée jusqu'à ces dernières décennies, entre « normanistes » et « antinormanistes ». A l'encontre de la théorie des antinormanistes qui, dans sa dernière version (soviétique), attribue tout au plus aux Scandinaves le rôle d'une armée de mercenaires au service des communautés des Slaves de l'Est, il est aujourd'hui établi que les Normands, mi-commerçants mi-guerriers, ont joué un rôle décisif dans la première phase de la formation politique de la Russie, tout d'abord en constituant de petites principautés au nord et au sud de la Russie - non parce qu'on les y avait appelés, mais plus vraisemblablement parce qu'ils les avaient conquises - et ultérieurement, en opérant une centralisation sous une seule dynastie. Ce sont aussi eux qui ont apporté le nom même de « Russes » (Rous), d'origine Scandinave (en finnois contemporain, Ruotsi veut encore dire « Suédois »). Mais, comme ailleurs dans tout l'Occident, ces aventuriers Scandinaves manifestent une remarquable capacité d'adaptation, fusionnant ethniquement et culturellement avec les populations autochtones. Très vite, la principauté de Kiev, l'emporte en prestige sur les autres : Oleg, qui serait parent et successeur de R., en est le premier prince historiquement attesté. Bibliographie : V. Vodoff, Naissance de la Chrétienté russe, 1988.

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