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RALEIGH sir Walter

RALEIGH sir Walter. Homme politique et écrivain anglais. Né à Hayes, près de Budleigh Salterton Bay (Devonshire) vers 1552, mort décapité à Londres le 29 octobre 1618. L’on ne sait rien de sa vie jusqu’en 1575, sinon qu’il étudia à Oxford, qu’il fit partie d’un corps de volontaires anglais venu au secours des protestants français, et qu’il prit sans doute part à la bataille de Jarnac. Il fut, ensuite, capitaine du vaisseau « Falcon » au cours d’une expédition contre les Espagnols. En 1580, ses nombreux duels lui valurent d’être arrêté deux fois; à sa libération, il se mit au service des comtes de Leicester et d’Oxford. Ceux-ci lui firent avoir le commandement d’une compagnie à la tête de laquelle il se distingua dans la répression de la rébellion de Desmonds en Irlande. Après la victoire, il se présenta à la cour où sa correspondance avec Walsingham lui avait fait une certaine réputation et où sa beauté, ses manières et son esprit lui valurent les faveurs de la reine Elizabeth qui lui accorda entre autres privilèges le monopole de l’importation des draperies et la succession du comte de Bedfort. Devenu premier favori de la Reine, il fut nommé en 1587 capitaine de la garde. Il organisa alors des expéditions vers le nouveau monde et obtint la propriété, moyennant paiement au trésor du cinquième du produit des métaux précieux découverts, de toutes les terres explorées par ses vaisseaux. C’est ainsi qu’il acquit une partie de Terre-Neuve, la Virginie et la Caroline du Nord. Deux tentatives de colonisation ayant échoué en 1586 et 87, il vendit ses droits à une compagnie de marchands, tout en se réservant des rentes sur l’exploitation de ces territoires. A partir de 1587 sa position de premier favori commença à lui être disputée par le comte d’Essex et, en 1588, il se retira sur ses terres d’Irlande sous le prétexte d’organiser la défense des côtes et de lever des milices. En 1589, il prit part à une expédition au Portugal qui faillit soulever une révolte contre Philippe II. En 1592, il organisa le blocus et l’interception de la flotte de commerce espagnole, mais la Reine le rappela pour le punir d’avoir séduit une de ses dames d’honneur, Elizabeth Throgmorton. Il fut écroué à la Tour et dut faire montre d’un grand repentir pour être libéré et obtenir la permission de se marier. Il se retira avec sa femme sur ses terres du Dorsetshire et un fils lui naquit en 1593. Las de sa vie tranquille, il partit en 1595 vers l’Afrique du Sud à la recherche de mines d’or. A son retour, il publia La Découverte de la Guinée, relation très brillante mais dont les invraisemblances suscitèrent l’incrédulité. Il est alors, à cause de son arrogance, l’homme le plus impopulaire d’Angleterre et son scepticisme lui vaut d’être publiquement traité d’athée. Sa vaillance durant la prise de Cadix et ses blessures lui apportèrent un retour de faveur et une réconciliation apparente avec le comte d’Essex. Il accompagna ce dernier dans une expédition aux Açores en 1597, mais ils se prirent à nouveau de querelle, ce qui entraîna pour Raleigh de nouvelles réprimandes de la reine et de la cour. En 1600, il fut nommé gouverneur de Jersey et se montra un excellent organisateur. Il était d’ailleurs l’un des meilleurs critiques de la législation fiscale et agrarienne de son temps. En 1601, il participa à la répression de la rébellion du comte d’Essex et présida à son exécution, mais l’avènement de Jacques Ier le mit dans une situation difficile. Le nouveau roi ne l’aimait pas. Il le fit exclure de la garde et lui enleva tous ses monopoles et privilèges, y compris le gouvernement de Jersey. Il le fit ensuite accuser de conspiration et incarcérer à la Tour le 19 juillet 1603. Son procès eut lieu en novembre, mais il fit face avec tant d’honneur aux brutalités de ses juges qu’un retournement de l’opinion publique eut lieu en sa faveur et que la sentence de mort prononcée contre lui ne fut pas exécutée. Condamné à la détention perpétuelle, il se consacra à la chimie et à la littérature, sans perdre l’espoir d’être un jour libéré. Il écrivit alors son Histoire du monde et inventa un élixir. Le trésor royal étant vide, il promit de ramener de l’or de Guinée et fut libéré sous condition de réussite le 19 mars 1616. Il mit à la voile le 17 mars 1617 mais l’expédition échoua. A son retour, condamné à être décapité, il accepta la mort avec sérénité.

♦ « Les écrivains les plus érudits ont été surpassés par l'immense génie de cet homme qui pourtant avait été éduqué parmi les marins et les soldats. Il faut admirer son indomptable courage qui le poussa, malgré l'âge et les circonstances, à entreprendre un aussi grand travail que son Histoire du monde. » Hume. Lisez Sir Walter Raleigh, il vous en apprendra plus que n'importe qui. » Cromwell. ♦ « Le génie de Raleigh a embrassé tous les domaines de l'activité humaine et sa dernière heure fut encore consacrée à transcrire les émotions du sage et du héros qui ne craint pas la mort. » Disraéli.

Raleigh, Sir Walter (Hayes, Devonshire, 1552-Londres 1618) ; explorateur et colonisateur anglais.

Après avoir combattu en France aux côtés des huguenots, il participe en 1578 à une première expédition maritime en compagnie de Humphrey Gilbert, puis à l’écrasement de la révolte irlandaise (1580-1581). Introduit à la cour par Leicester, il gagne grâce à son charme, son humour plein d’esprit et la noblesse de ses manières les grâces de la reine Elisabeth, qui lui attribue diverses rentes et l’anoblit sans pourtant lui conférer de véritable emploi officiel. En 1584, R. obtient une patente qui l’habilite à s’emparer de toute terre encore inhabitée. Les deux expéditions qu’il organise à ses frais conduisent à la fondation de la première colonie anglaise en Amérique du Nord qui, en l’honneur d’Elisabeth, la « reine vierge », sera nommée « Virginie » (1585). En 1588, il participe à la victoire sur l'Invincible Armada. Après une courte disgrâce, inspiré par les histoires fantastiques de l'Eldorado, il entreprend en 1595 une autre expédition sur les côtes sud-américaines à la recherche de mines d’or, s’empare de La Trinidad et remonte l’Orénoque. Dans un traité remarquable malgré ses exagérations, The Discovery of the Empire of Guiana, il donne un récit de ce voyage qui ne fut en réalité guère productif. À son retour, R. compense l’impopularité que lui rapportent son scepticisme religieux et son arrogance par sa participation courageuse à l’expédition contre Cadix (1596). Devenu gouverneur de Jersey, il réprime la rébellion d’Essex, son rival de longue date. Mais impliqué dans des complots contre Jacques Ier, R. est condamné à mort (1603). La sentence n’est pas exécutée, de telle sorte que R., emprisonné dans la Tour de Londres pendant douze ans (1604-1616), peut se livrer à des expériences scientifiques, écrire d’importants ouvrages de philosophie politique des sonnets empreints de stoïcisme, et son « histoire du monde » (1614). Là-dessus, R. suggère au roi de bien vouloir lui offrir la liberté à condition qu’il découvre des mines d’or. Jacques, qui a besoin d’argent, accepte et R. s’embarque de nouveau pour l’Orénoque. Cette dernière expédition échoue à cause de l’intervention des Espagnols. Après le retour de R., le roi dépité fait exécuter le 29 octobre 1618 la condamnation à mort suspendue depuis quinze ans.

Bibliographie : F. Mauro, L’Expansion européenne, 1600-1870, 1964 ; F. Laroque, A. Morvan, A. Topin, Anthologie de la littérature anglaise, 1991.




RALEIGH, ou RALEGH, sir Walter (Hayes, v. 1552-Londres, 1618). Homme politique, navigateur et écrivain anglais, il fut un personnage important sous les règnes d'Élisabeth Ière et de Jacques Ier. Fils d'un gentilhomme, il devint, après des études à Oxford puis une expédition en France contre les huguenots (protestants), le favori de la reine qui le combla d'honneurs et lui offrit d'importants domaines en Angleterre et en Irlande. Peu satisfait cependant de son rôle de courtisan, il fit une première expédition maritime, tentant sans grand succès de coloniser la Virginie (1585) - d'où il rapporta en Europe une herbe encore inconnue, le tabac -, puis explora la région des Guyanes (1595). De retour en Angleterre et après avoir participé à la victoire sur F Armada espagnole (1588), il fut disgracié par Élisabeth (1592) pour avoir épousé secrètement l'une de ses dame de compagnie, puis condamné pour haute trahison à l'avènement de Jacques Ier (1603). Détenu durant 13 ans à la Tour de Londres, il rédigea sa grande Histoire du monde, jamais achevée puis, libéré, mena une expédition dans l'Orénoque, espérant y découvrir des mines d'or. Entré en conflit avec l'Espagne, il fut arrêté à son retour, et décapité sur l'ordre de Jacques Ier pour avoir commis des actes d'hostilité à l'égard d'une nation amie.

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