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PYRAMIDE

Monument à base carrée et aux quatre faces triangulaires se rejoignant au sommet qui doit son nom aux anciens Grecs. Ces derniers auraient donné par dérision le nom de pyramis, une sorte de gâteau au miel, aux prestigieux tombeaux que les rois d'Égypte élevèrent entre la IIIe et la XIIIe dynastie. Certaines reines furent également inhumées dans des pyramides, mais de petites dimensions, près de celle de leur époux. La pyramide fut aussi adoptée au Soudan où elle abrita les dépouilles des souverains des royaumes de Napata et de Méroé (650 av. J.-C./vers 500 ap. J.-C.). En Égypte, la première pyramide fut l'oeuvre du pharaon Djéser (2675/2656) de la IIIe dynastie (2675/2625) et de son architecte Imhotep qui fut divinisé à la Basse Époque (664/332). À Sakkarah (v.), le souverain fit d'abord construire un mastaba (v.), qui fut agrandi puis surélevé et doté d'abord de quatre puis de six degrés, en retrait les uns sur les autres, se transformant ainsi en une pyramide de 60 m de hauteur. Au début de la IVe dynastie (2625/2510), le roi Snéfrou (2620/2590), qui érigea trois pyramides, une à Meïdoum et deux sur le site de Dahchour, hautes d'une centaine de mètres de hauteur, opéra la transition vers la pyramide à faces lisses. À Meïdoum, le roi fit élever une pyramide à huit degrés avant d'abandonner cette nécropole pour se livrer à une nouvelle expérience à Dahchour qui n'aboutit pas au résultat escompté. En effet, à cause de défauts de construction qui entraînaient des tassements et des fissures dans les chambres intérieures, les bâtisseurs durent changer l'angle des pentes de la pyramide ; cette rupture de la ligne des arêtes a fait donner à cette pyramide l'épithète de rhomboïdale. Snéfrou retourna alors à Meïdoum où il fit recouvrir sa pyramide d'un parement pour lui donner des faces lisses. Mais, le monument, qui a aujourd'hui la forme d'une tour, s'écroula en partie dès l'Antiquité. En même temps, qu'il reprenait les travaux à Meïdoum, Snéfrou faisait dresser une troisième pyramide au nord de Dahchour, surnommée la pyramide rouge, où il fut sans doute inhumé. Parfaitement réussie, ce fut la première vraie pyramide à faces lisses. Khéops (2590/2567) tira la leçon des expériences de son père Snéfrou et réalisa la pyramide la plus haute d'Égypte, à la forme géométriquement parfaite, sur le site de Gizèh, aujourd'hui près du Caire. Pendant une vingtaine d'années, les ouvriers déplacèrent quelque 2 300 000 blocs de pierre pesant 2,5 tonnes en moyenne pour bâtir une pyramide de 230,33 mètres de côté à la base, haute de 146,59 m (aujourd'hui 137 m). Khéphren (2558/2532) et Mykérinos (2532/2504) imitèrent son exemple à Gizèh, Mykérinos ramenant toutefois le monument à des dimensions plus modestes avoisinant les 65 m de hauteur qui seront celles des pyramides ultérieures. Au Moyen Empire (2046/1710), à partir de Sésostris II (1882/1872), le noyau des pyramides ne fut plus construit en pierre mais en briques de terre crue, mais il resta couvert d'un beau parement de calcaire blanc. Les pyramides d'Égypte, qui ont servi longtemps de carrières, conservent très peu de traces de ce revêtement.

Les immenses appartements souterrains de la pyramide de Djéser, formés de chambres, magasins, couloirs, escaliers et puits - dont un, profond de 28 m, donnait accès à la salle du sarcophage - et répartis sur deux niveaux couvraient une longueur totale de 5,7 km. Ils font de cette structure la plus complexe de toute l'histoire des pyramides égyptiennes. Les successeurs de Djéser simplifièrent considérablement les aménagements internes de la pyramide. Celle de Khéops, par exemple, se compose d'une grande galerie surmontée d'un magnifique plafond en encorbellement menant à la chambre du sarcophage, de deux autres salles et des couloirs les desservant. Au Moyen Empire, l'intérieur se compliqua à nouveau pour égarer les voleurs, le système de herses et bouchons mis au point sous l'Ancien Empire pour décourager les pillards s'étant révélé une protection insuffisante. Malgré ces efforts, aucune pyramide royale n'échappa au pillage. À la fin de la Ve dynastie (2500/2350) et sous la VIe dynastie (2350/2200), l'intérieur des pyramides fut décoré des Textes des Pyramides, garantissant la renaissance et la survie du pharaon dans l'au-delà. Leurs formules expliquent le symbolisme de la pyramide qui était assimilée à un escalier, pour la pyramide à degrés, et aux rayons pétrifiés du soleil, pour la pyramide lisse. L'âme du roi les gravissait pour monter au ciel et naviguer en compagnie de Rê, le dieu solaire. La pyramide, qui servait de caveau, n'était pas un élément isolé, mais elle dominait un vaste complexe funéraire. À partir de la IVe dynastie, il se composa d'un temple bas ou temple de la vallée où se déroulait la momification, proche du Nil ou d'un canal, une chaussée montante reliant ce monument au reste de l'ensemble architectural et un temple funéraire voué au culte royal. L'érection des pyramides suscite toujours maintes interrogations et a fait germer les hypothèses les plus extravagantes. D'après les vestiges découverts près des pyramides et d'après les échafaudages, en partie conservés, qui furent élevés contre le Ier pylône du temple de Karnak plus de deux mille ans après la construction de la pyramide de Khéops, il est certain que les Égyptiens comme ils l'ont toujours fait au cours de leur histoire, ont utilisé des rampes et des échafaudages de briques crues. Mais quelle forme empruntaient exactement ces rampes et ces échafaudages ? Voilà ce que l'on ignore encore. Au Mexique, les civilisations précolombiennes élevèrent, à Teotihuacán, au nord de Mexico, à Tenochtitlán (ancienne capitale des Aztèques remplacée par l'actuelle Mexico), à El Tajin, sur la côte Atlantique ou encore dans le Yucatán, des pyramides à gradins qui servaient de support à des temples. Certaines d'entre elles, comme la pyramide du roi Pacal (mort en 692 apr. J.-C.) à Palenque, eurent aussi une vocation funéraire.

PYRAMIDE. 1) En Égypte ancienne, grand monument qui servait sous l'Ancien Empire de tombeau aux pharaons. La pyramide était destinée à protéger la momie et ses trésors contre les voleurs et les dommages du temps. La chambre funéraire, murée à l'entrée, était accessible par une longue galerie. Le culte des souverains était rendu dans des temples séparés de la pyramide. Au cours des siècles, la forme de la pyramide changea. De pyramide à degrés, elle devint un monument beaucoup plus grand à paroi lisse. L'Égypte comptait au moins 60 pyramides, les plus célèbres étant celles de Gizeh, près de Memphis, en Basse-Égypte. 2) Dans le Mexique précolombien, chez les Mayas, construction qui servait de support à un temple, comme la pyramide du Soleil. Voir Hypogée, Mastaba.




GIZEH (Pyramides de)

. Village du nord de l'Égypte, proche du Caire, où se trouvent les célèbres pyramides des pharaons de l'Ancien Empire, Chéops, Chéphren et Mykérinos. Ces monuments grandioses se dressent au bord d'un plateau sur la rive gauche du Nil près de l'ancienne capitale, Memphis.



GIZEH (Sphinx de)

. Immense statue sculptée dans du calcaire située à Gizeh, en Basse-Égypte, devant la pyramide du pharaon Chéphren. Le visage représente probablement le pharaon coiffé de sa perruque. Le corps et les pattes sont ceux d'un lion. Les dimensions sont gigantesques : 73 m de longueur, 20 m de hauteur. La tête a 5 m de haut et les oreilles 1, 40 m. La bouche mesure 2,30 m de large. Le sphinx veille sur le sommeil du souverain.



PYRAMIDE À DEGRÉS

. Dans l'Égypte ancienne, superposition de plusieurs mastabas de taille décroissante qui prend la forme d'une pyramide. La plus célèbre est celle du roi Djoser, pharaon de l'Ancien Empire (IIIe dynastie). Elle fut construite par son architecte Imhotep à Saqqarah, sur la rive gauche du Nil près de Memphis. Voir Hypogée. PYRAMIDES (Bataille des, 21 juillet 1798). Nom donné pendant la campagne d'Égypte à la bataille remportée par Bonaparte sur les Mamelouks, près des pyramides de Gizeh. Avant de livrer cette bataille, Bonaparte aurait adressé à ses soldats la célèbre phrase : « Soldats, du haut de ces pyramides, 40 siècles vous contemplent. » Cette victoire permit à Bonaparte d'entrer au Caire (23 juillet).

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