PRÉVEL Jacques
PRÉVEL Jacques. Poète français. Né le 21 juillet 1915 à Balbec (Seine-Maritime), mort le 27 mai 1951 à Sainte-Feyre (Creuse). Plus que nul autre, Jacques Prével a incarné l’image du poète maudit, tout au long des trente-cinq ans d’une vie vouée volontairement à la pauvreté, au malheur, à la maladie et à la mort. Après avoir passé son enfance et sa jeunesse au Havre où il devint employé de mairie, Prével « montera » à Paris vers 1940 pour s’adonner uniquement à son œuvre, mais les trois plaquettes qu’il publiera à compte d’auteur passeront totalement inaperçues. La dernière période de sa vie, vécue dans le plus grand dénuement, sera cependant illuminée par l’amitié qu’Artaud et lui se voueront l’un à l’autre et dont Prével témoignera dans un journal d’une sincérité et d’une sobriété impressionnantes, paru seulement en 1974 sous le titre En compagnie d’Antonin Artaud. En 1951, trois ans après la mort d’Artaud, Prével devait décéder, miné par la tuberculose. Dans le recueil de ses Poèmes paru en 1974, Prével clame sa désolation face à un monde voué au vide, avec une nudité de style qui confère aux mots une force inouïe, comme s’il atteignait grâce à ce dépouillement ascétique la trame même de la réalité, identifiable alors au langage. Seule la compassion bouleversante de 1 amour lui paraît parfois pouvoir conjurer ce désespoir total qui l’habite, et qui semble finalement dans son œuvre triompher de tout autre sentiment — En dérive vers l’absolu (posth; 1952).
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