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POUTINE Vladimir (1952-)

  1. POUTINE Vladimir (1952-)
  2. Officier des services spéciaux et homme politique russe, président de la Fédération de Russie (2000-).
  3. Né à Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg), il suit des études de droit et s’engage très tôt au KGB (police politique soviétique). Il est affecté en 1974 au contre-espionnage, puis aux renseignements extérieurs (politiques et militaires). À partir de 1985, il est en poste à Dresde (RDA). Après l’ouverture du Mur de Berlin, il organise le repli du KGB et rentre en 1990 à Saint-Pétersbourg.
  4. Selon sa biographie officielle, il démissionne du KGB en 1991. Il devient le premier adjoint du maire (1990-1996) de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak (1937-2000), dont il avait été jadis l’étudiant à l’Université. À partir de 1996, il occupe à Moscou divers postes dans l’administration présidentielle, dans le proche entourage de Boris Eltsine. Il conquiert la confiance de celui-ci. Jusqu’alors quasi inconnu, perçu comme un homme de l’ombre, il connaît dès lors une ascension fulgurante.
  5. En juillet 1998, il est nommé directeur du FSB (Service fédéral de sécurité), héritier du KGB. Choisi pour être Premier ministre en août 1999, il est présenté par B. Elstine comme son dauphin. En réaction à des incursions d’islamistes tchétchènes dans la république du Daghestan (Caucase du Nord) et à des attentats commis à Moscou et en province et attribués aux séparatistes tchétchènes, il relance à l’automne la guerre en Tchétchénie, où l’armée russe avait été humiliée lors d’un premier conflit en 1994-1996. De graves atteintes aux droits de l’homme sont dénoncées par les organisations de défense des libertés. Après s’être assuré de son impunité future, B. Eltsine annonce sa démission le 31 décembre 1999. V. Poutine devient président par intérim. Il est élu en mars suivant, dès le premier tour, avec officiellement 52,9 % des suffrages exprimés.
  6. Le nouveau chef de l’État est perçu comme susceptible de remettre de l’ordre dans un pays ayant connu le chaos. À travers ses première réformes, il cherche à réaffirmer le pouvoir du Centre vis-à-vis des régions. Il s’efforce aussi de normaliser le pouvoir des « oligarques », dirigeants économiques omnipotents issus des monopoles d’État. Un plus grand contrôle s’exerce par ailleurs sur les organes d’information. Par étape, il négocie un rapprochement plus étroit avec les pays occidentaux, acceptant de créer un Conseil Russie-OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) en 2002.
  7. Homme politique russe. Ses succès de responsable économique local lui ouvrirent la carrière de cadre du régime soviétique, et il devint premier secrétaire du parti pour la région de Sverdlosk en 1976. En avr. 1985, il prit à Moscou la tête du département de la Construction. En déc. 1985, il fut nommé à la direction du comité moscovite du parti, ce qui lui ouvrit l'accès au Politburo. Son action pour introduire dans la capitale les premières mesures de la perestroïka fonda sa popularité. Mais sa volonté de radicaliser les réformes le conduisit à se heurter au Comité central : il démissionna du Politburo et fut démis de ses fonctions en oct. 1987. Élu au congrès des députés du peuple à Moscou en 1989, il créa le groupe interrégional des députés, embryon d'une véritable opposition et devint, en mai 1990, président du Parlement de Russie. Le 12 juin 1991, 56 % des électeurs russes le portèrent dès le premier tour à la présidence de la république de Russie. Sa ferme opposition, en août 1991, au putsch fomenté par les communistes conservateurs lui permit d'accroître sa popularité au détriment des survivants du pouvoir central soviétique. À la fin de l'année, il poussa résolument à la disparition de l'URSS, prenant la tête de la Russie devenue l'État le plus important de la CEI (v. RUSSIE. De la perestroïka à l'éclatement de l'URSS). Il consolida son pouvoir personnel par un référendum (avr. 1993) et par une réforme constitutionnelle (déc. 1993). Il s'engagea alors dans une réforme économique radicale, qui l'opposa violemment à la Douma dès sept. 1993. Les 3 et 4 oct., à l'instigation d'Alexandre Routskoï, ancien vice-Premier ministre, et de Rouslan Rasboulatov, président du Soviet suprême de Russie, cette opposition tourna à l'insurrection armée. Mais le bâtiment du Parlement, occupé par les insurgés, fut rapidement repris par les troupes gouvernementales. Son mauvais état de santé, aggravé par des excès de boisson, le rendit toutefois très dépendant de son entourage. Cette dépendance sembla particulièrement flagrante en déc. 1994, quand Boris Eltsine ordonna l'envoi de troupes russes en Tchétchénie. L'enlisement du conflit, l'état de précarité économique d'une partie croissante de la population, la hausse de la criminalité, la corruption du pouvoir et l'impunité des mafias provoquèrent un effondrement de la popularité du chef de l'État russe. Cependant, notamment grâce à une amélioration de la situation en Tchétchénie, Boris Eltsine remporta au second tour l'élection présidentielle de juin-juill. 1996 ; mais son activité politique resta freinée par son état de santé. Menacé d'une procédure de destitution en 1998, B. Eltsine lança, en sept. 1999, une seconde guerre de Tchétchénie qui rétablit quelque peu le prestige du gouvernement ébranlé par son immobilisme face aux bombardements de l'OTAN sur la Yougoslavie, slave et orthodoxe. Fin déc. 1999, B. Eltsine démissionna de la présidence, confiant l'intérim à son Premier ministre, Vladimir Poutine, confirmé peu après à la tête de l'État par les électeurs.

 

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