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POTEMKINE, Grigori Alexandrovitch, prince

Feld-maréchal et homme politique russe. Officier de la garde, il se distingua dans la première guerre russo-turque et devint en 1774 le favori en titre de Catherine II (v.), qui l'associa étroitement au gouvernement. Il dirigea la colonisation des steppes d'Ukraine, fit aménager les ports de Kherson (1778), Sébastopol (1783) et Nikolaïev (1789), commença la création de la flotte russe de la mer Noire et réalisa l'annexion de la Crimée (1783). Inquiété par ses projets de recréer l'Empire byzantin, le sultan déclencha alors les hostilités contre la Russie (seconde guerre russo-turque, 1787/91). Commandant en chef de l'armée, Potemkine, après deux campagnes indécises, s'empara enfin d'Otchakov (1788) et de Bender (1789), enleva la Bessarabie et s'établit à Iassi, exerçant contre les vaincus les plus grandes cruautés.

Potemkine, Grégoire Alexandrovitch, prince (Tchiskovo 1739 - Skaliany 1791); officier et homme politique russe.

P., le plus important des nombreux amants de Catherine II, est le dernier et en même temps le plus brillant représentant du personnage de favori, caractéristique des règnes féminins qu’a connus la Russie au XVIIIe siècle. À l’origine, c’est vraisemblablement par sa prestance physique et sa remarquable agilité intellectuelle que cet officier de la garde à cheval issu de la petite noblesse attire sur lui l’attention d’une impératrice au tempérament ardent, d’où sa rapide carrière. À partir de 1774, il est le favori en titre de Catherine, qui lui donne le titre de comte, le nomme aide de camp général et le fait élever au rang de prince de Tauride. Courtisan intelligent et habile, il reste, même après la rupture des relations intimes, l’ami et le conseiller le plus proche de l’impératrice. Comme il occupe de nombreux postes politiques élevés, notamment en tant que membre du Conseil impérial et président du Conseil de guerre, il a une influence décisive sur la politique tant intérieure qu’extérieure. Son champ d’action propre est la « Nouvelle Russie », région méridionale conquise dans la guerre contre les Turcs et acquise au traité de Kütchük-Kaïnardji (1774). Vaniteux, il tient en Crimée quasiment la cour d’un monarque absolu. Son talent d’organisateur lui assure toutefois des succès durables dans le processus d’intégration administrative et de mise en valeur des territoires du sud de la Russie : il dirige la construction de villes et de ports fortifiés, comme Kherson, Sébastopol, ainsi que la colonisation des steppes d’Ukraine par des paysans venus d’un peu partout, au nombre desquels on compte même des Allemands, surnommés « les Allemands de la Volga ». Dans son ambition sans bornes, il ne craint pas de gaspiller d’innombrables vies humaines et d’énormes sommes d’argent pour des projets grandioses, dont certains ne seront jamais achevés. Pendant le voyage de Catherine en Crimée (1787), il ruine, par la construction le long de la Volga des fameux « villages de Potemkine », simples décors animés par des figurants recrutés par lui, des milliers d’existences. Cependant le caractère largement illusoire de cette démonstration de force apparaît lors de la guerre contre la Turquie (1787-1791) provoquée par ce voyage. De cette guerre, Catherine et P. attendaient la réalisation de leur chimérique « projet grec », c’est-à-dire rien moins que la reconstitution de l’Empire byzantin en faveur de l’un des petits-fils de l’impératrice, avec P. comme souverain de la « Dacie ». Mais ni son erreur d’appréciation de la situation, ni la lamentable carence dont il fait preuve en tant que commandant en chef n’ont pu ébranler la confiance aveugle de Catherine en ses capacités, d’autant plus que la guerre, étant donné la faiblesse de la Turquie, connaît ensuite des succès militaires grâce à Souvorov, personnage peu estimé de Catherine. Au milieu des négociations de la paix de lasi (lassy), qui confirme à la Russie en janvier 1792 la possession des territoires conquis depuis 1787 (Crimée, littoral de la mer Noire jusqu’au Dniestr), P. succombe à une crise cardiaque. Il est amèrement regretté par Catherine.

Bibliographie : P. Pascal, Histoire de la Russie, 1946.




POTEMKINE, Grigori Alexandrovitch, prince (Tchijovo, 1739-près de lasi, 1791). Feld-maréchal et homme politique russe, il fut de tous les favoris de Catherine II de Russie celui qui contribua le plus à la gloire de son règne. Officier de la garde, il se distingua d'abord lors de la première guerre russo-turque (1768-1774), et devint le cinquième favori en titre de l'impératrice de 1774 à 1776, mais garda jusqu'en 1791 une grande influence politique. Nommé en 1776 gouverneur général de la « Nouvelle Russie » (Ukraine), terres conquises sur les Turcs, puis feld-maréchal (1784), il entreprit la colonisation de l'Ukraine, fonda des villes et des forteresses (comme Kherson, 1778), les ports de Sébastopol (1784) où fut basée la flotte de guerre de la mer Noire et de Ni-kolaïev (1789). Il organisa en 1787 le célèbre voyage triomphal de Catherine II à travers la Crimée, accompagnée de l'empereur Joseph II et du roi de Pologne Stanislas Poniatowski. Au cours de ce voyage le long du Dniepr, Potemkine aurait, selon la légende, construit le long de la route des villages factices avec des figurants, afin de faire valoir les succès de son administration. Lors de la seconde guerre russo-turque (1787-1791), Potemkine conçut le projet de restaurer l'Empire byzantin en plaçant sur le trône le petit-fils de Catherine II. Nommé commandant en chef de l'armée russe pendant la guerre russo-turque, il abandonna à Souvorov la direction des opérations. Tombé en demi-disgrâce, il tenta en vain de supplanter le nouveau favori, Zoubov. Afin de retrouver la faveur impériale, il entreprit un dernier voyage en « Nouvelle Russie », mais mourut en Bessarabie.

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