PLEKHANOV Georges
PLEKHANOV Georges. Écrivain russe. Né le 29 novembre 1856 au village de Gudalovka (gouvernement de Tambov), mort le 30 mai 1918 en Finlande. Après avoir pris part à une importante démonstration organisée par le mouvement révolutionnaire « Terre et Liberté » en décembre 1867, il dut quitter l’École des mines de Saint-Pétersbourg et entrer dans la clandestinité. Lors de la scission de « Terre et Liberté », Plekhanov se mit à la tête de la fraction antiterroriste, mais dut émigrer le 15 janvier 1880. Pendant son long séjour à Genève, il devint le premier théoricien russe du marxisme, et écrivit un grand nombre de brochures et d’articles traitant de la philosophie du marxisme, dont les Essais d’histoire du matérialisme [1896]. Ennemi des mesures extrémistes, il s’opposa, à partir de 1903, à Lénine et à son groupe maximaliste (bolchevik), préconisant des solutions pacifiques. Critique d’art, il s’éleva contre la conception léniniste de l’art dans son livre L’Art et la vie sociale; critique littéraire, il écrivit d’excellentes monographies sur Tchernychevsky, Belinsky et Gorki, ainsi qu’un ouvrage intitulé Karl Marx et Tolstoï . La déclaration de la guerre de 1914 fit naître en Plekhanov un patriotisme qui occasionna sa rupture avec les milieux marxistes. Lors de la révolution de février 1917, il resta en Russie et prit une part très active dans l’organisation de la nouvelle forme du gouvernement. Après le coup d’État d’octobre 1917, Plekhanov émigra en Finlande, mais se refusa à toute activité antibolchevique.
Plekhanov, Georgui Valentinovitch (Guda-lovka 1856-Terijoki, Finlande, 1918) ; théoricien du marxisme russe.
P. est l’introducteur du marxisme en Russie. Après avoir assez jeune trouvé accès aux cercles révolutionnaires, cet étudiant de vingt ans, issu de la petite noblesse terrienne de Russie centrale prend la parole en 1876 à une manifestation ouvrière à Saint-Pétersbourg où le drapeau rouge est déployé pour la première fois en Russie. D’abord partisan des révolutionnaires narodniki (amis du peuple), P. s’attaque par la suite aux méthodes terroristes violentes, telles qu’elles étaient pratiquées par l’aile radicale des narodniki « Terre et Liberté » et fonde en revanche avec Véra Zassoulitch et Paul Axelrod le groupe « Redistribution noire », qui a surtout des objectifs agraro-socialistes. En 1880, il doit cependant émigrer en Suisse, où il passera presque quatre décennies. Il y poursuit l’étude de la littérature marxiste qu’il avait déjà entreprise en Russie et, après avoir également rencontré Lénine, fonde en 1883 à Genève le premier groupe du parti social-démocrate russe, « l’Emancipation du travail ». Parallèlement, P. rédige des écrits de sciences économiques et de philosophie dans lesquels il développe également sa théorie de la révolution. Très cultivé, subtil, raffiné et lettré, P. a le tempérament d’un savant et est un brillant théoricien, mais pour ce qui est de la pratique, il n’est ni un homme politique, ni un chef de parti, car il n’a guère le sens de la réalité des rapports de pouvoir. Sa théorie politique s’appuie étroitement sur la social-démocratie d’Europe occidentale et il croit fermement que la Russie doit passer par tous les stades du capitalisme pour que la révolution puisse être réalisée par le prolétariat industriel ; il exclut donc que la paysannerie russe soit un facteur politique. Avec de telles idées, il se trouve, notamment après le IIe Congrès du parti social-démocrate russe en 1903, de plus en plus en opposition à Lénine, qui apprécie plus justement les spécificités russes, veut constituer le parti en un groupe d’élite révolutionnaire et devient le représentant de la tendance bolchevique. En revanche, sous l’influence de P., l’aile menchevik se transforme en un parti social-démocrate russe selon l’acception qui a cours en Europe occidentale. Par la suite, P., qui estime que le chemin suivi par Lénine conduit à une nouvelle tyrannie pour le peuple russe, essaie de rétablir l’unité de la social-démocratie russe ; mais ses efforts -pas toujours habiles - demeurent vains ; en réalité, dans les années précédant la Première Guerre mondiale, P. se trouve en dehors des deux groupes (bolchevique et menchevik) du parti. En 1917, il peut enfin rentrer en Russie, les bolcheviks, entretemps parvenus au pouvoir, lui font subir un traitement honteux. Il meurt en 1918 dans un isolement tragique, dépassé par le mouvement de l’histoire.
PLEKHANOV, Gueorgui Valentinovitch (Goudalovka, auj. Griazi Raion, 1856-Terijoki, Finlande, auj. Zelenogorsk, 1918). Socialiste russe, il fut l'un des principaux propagateurs du marxisme en Russie. Populiste puis marxiste, il fonda en 1883 à Genève le groupe marxiste Libération du travail et créa, avec Lénine, le journal marxiste l'Iskra (L'Étincelle). Après avoir rejoint la fraction menchevique (modérée) issue du IIe congrès du Parti social-démocrate de Russie (1903), il rentra en Russie après la révolution de Février 1917, mais s'opposa à la prise du pouvoir par les bolcheviks lors de la révolution d'Octobre 1917. Théoricien du marxisme, il écrivit notamment Essai sur la conception moniste de l'histoire, 1895. Voir Martov (Iouli), Révolutions russes de 1917.
Liens utiles
- En quoi l’affaire Georges Floyd témoigne-t-elle du racisme présent (dans la justice) en Amérique ?
- compte rendu théâtre: « Tailleur pour Dames » de Georges Feydeau
- 13. L’enseignement de Georges Acropolitès à Constantinople (1261)
- Georges Duhamel: « La civilisation est dans le coeur de l'homme ou bien elle n'est nulle part »
- Dans ses Scènes de la Vie Future, Georges Duhamel reproche au cinéma d'être « un amusement d'îlotes, un passe-temps d'illettrés ». Cette condamnation vous parait-elle justifiée ?