PEROUTKA Ferdinand
PEROUTKA Ferdinand. Ecrivain tchèque. Né le 6 février 1895 à Prague, mort le 20 avril 1978 à New-York. D’origine modeste, il est attiré vers le journalisme. Il se fait remarquer dès les années vingt par le président Masaryk, critiqué lui-même, à propos de sa philosophie de l’histoire tchèque telle qu’il l’expose dans Que sommes-nous? [1924]. Masaryk l’aide alors à fonder un hebdomadaire indépendant, Le Temps présent [1924-1939]. Il y publie des centaines d’éditoriaux, d’essais sur les œuvres et questions littéraires, artistiques, culturelles, d’un esprit libéral empreint de pragmatisme et teinté d’ironie. Parallèlement, il donne Luttes pour aujourd’hui [1925], Oui et non [1932] et l’irremplaçable histoire des premières années de la République, Construction d’un Etat [1933-39, 5 vol.]. Arrêté par les nazis — ainsi que sa secrétaire Milena Jesenskà, journaliste, essayiste, amie et traductrice de Kafka, morte à Ravensbrück (1895-1944), il passe six ans dans les camps. De 1945 à 1948, il dirige l’hebdomadaire L’Aujourd’hui et fait jouer deux pièces : Nuage et valse et L’Heureux Sylla. Après le « Coup de Prague », il part pour Paris, puis New-York où il dirige les émissions tchécoslovaques de l’Europe libre, écrit des commentaires, souvent littéraires, édités en partie : Discours à la patrie [1952], et publie : E. Benes était-il coupable ? [1949] Citons encore parmi ses œuvres : Manifeste démocratique [ 1959], le roman Nuage et Valse [1976], thème de sa pièce élargie (l’occupation, vécue par une foule de personnages), un volume de ses essais littéraires choisis (1977) sur Salda, Brezina, K. Capek, Nezval, Vancura, Karel Polàcek, Havlicek (dont il est, comme journaliste démocrate, le plus illustre des héritiers) et Masaryk (dont il maintient le message politique et humaniste).