PELLICO Silvio
PELLICO Silvio. Écrivain italien. Né le 24 juin 1789 à Saluces (province de Coni), mort le 31 janvier 1854 à Turin. De santé délicate dès l’enfance, Pellico dut faire des études particulières à Saluces, puis à Turin d’où son père partit pour Milan, en 1806, après la faillite de son commerce de droguiste, tandis qu’il envoyait le jeune homme à Lyon chez des parents. Là Pellico reçut une formation révolutionnaire et de tendance rationaliste; de retour à Milan en 1810, il se lia d’amitié avec Monti et Foscolo; il s’essaya d’abord à la tragédie classique avec Laodicée [Laodicea, 1812], mais il se tourna ensuite vers le romantisme et remporta un grand succès, dû également aux allusions patriotiques, avec Francesco de Rimini (1814), représentée le 18 août 1815, interprétée par Carlotta Marchionni. L’auteur conçut une passion pour une sœur de cette actrice, mais sa famille réagit très vivement; il demeura à Milan où il enseigna le français au collège des orphelins, même après le retour des Autrichiens, tandis que les siens retournaient à Turin. Ce fut alors qu’il entra en qualité de précepteur chez les Porro Lambertenghi, où se réunissait le groupe des poètes romantiques qui créa plus tard le Conciliatore, auquel Pellico se consacra avec ardeur en dépit des avertissements et des menaces de la police qui supprima le journal en 1819 et en 1820 interdit la représentation de l'Euphémio de Messine [Eufemio da Messina]. Par l’intermédiaire de Piero Maroncelli, Pellico entra en contact avec le mouvement carbonaro et fut inscrit à la « société » dont il devint, à son tour, propagandiste. Au retour de l’un de ses voyages de propagande à Venise, le 8 octobre 1820, il apprit l’arrestation de Maroncelli; toutefois, négligeant de se mettre lui-même en sûreté pour en avertir d’autres, il fut arrêté à son tour et conduit à la prison de Sainte-Marguerite; ensuite, sur ordre de Vienne, il fut traduit devant la commission de Venise présidée par le zélé Salvotti. Son procès se termina par une condamnation à mort, le 6 décembre 1821, peine commuée, par la suite, en quinze ans de travaux forcés. Conduit en avril 1822 au Spielberg, à Brno, il endura ses souffrances avec toute la résignation dont fut capable son âme douce et désormais orientée vers les réconforts de la foi; bien que son temps eût été abrégé par grâce impériale, l’expérience le détourna de toute ultérieure activité politique. Libéré en 1830, ayant retrouvé sa famille à Turin, il limita désormais ses affections aux siens et, aux yeux des libéraux, par son attitude religieuse et ses nouvelles relations, il fut perdu pour la cause. Devenu bibliothécaire chez la marquise de Barolo, conservatrice, il y demeura jusqu’à sa mort. Pourtant, Mes prisons, bien qu’écrites dans un esprit chrétien de pardon et d’abandon à la Providence, lui attirèrent les invectives des réactionnaires; c’est pour cette raison, sans doute, qu’il y ajouta d’autres chapitres dans lesquels, sans renier ses principes, il condamnait les révolutions au nom de l’Evangile et soutenait que la non-complicité est une réaction suffisante contre l’injustice. Les Devoirs des hommes [1834], écrits dans le même esprit, connurent aussi une large diffusion. Durant sa détention, Pellico avait composé deux tragédies : Ester d’Engaddi et Iginia d’Asti; puis d’autres tragédies, Gismonda, Hérodiade, Thomas More; des hymnes : Tancrède, la Mort de Dante [Morte di Dante], des poésies variées l’occupèrent ensuite; toutefois, l’échec de Corradino, en 1834, le poussa à abandonner définitivement le théâtre.
PELLICO, Silvio (Saluces, 1789-Turin, 1854). Écrivain italien. Libéral milanais, emprisonné comme membre du carbonarisme par les Autrichiens, il écrivit, après avoir été emprisonné dans la forteresse de Spielberg, en Moravie, Mes Prisons (1832). Ce livre connut une diffusion considérable et fit connaître à l'opinion internationale la cause des patriotes italiens. Il avait aussi exprimé ses sentiments nationaux dans une tragédie, Francesca da Rimini (1815), traduite par Byron et adhéré aux idées du romantisme au contact de Mme de Staël et du critique littéraire allemand Schlegel.
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