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pélagiens - pèlerinage

pélagiens, hérétiques, disciples de Pélage, moine né en Grande-Bretagne (v. 360 - v. 422) et qui se fixa à Rome vers 400, après le pillage de la ville par Alaric. Avec son fidèle disciple Celestius, Pélage alla à Carthage en 410, puis à Jérusalem où il rencontra saint Jérôme, à qui il exposa sa doctrine, et revint à Rome; il serait mort en Égypte, après avoir été condamné au concile de Carthage, où saint Augustin fut son pire adversaire en 416. Cependant, le pélagianisme ne disparut pas, et d’autres conciles le condamnèrent solennellement, comme le concile d’Éphèse en 431, après toutes sortes de controverses avec saint Augustin, querelles portant sur la grâce, auxquelles le XVIIe s. se reportera (quiétisme). La doctrine est liée à la négation du péché originel : selon les pélagiens, la faute d’Adam n’aurait pas entraîné de punition pour l’humanité entière et le baptême permettrait à l’enfant innocent d’accéder à la vie du Christ. Elle niait la grâce sanctifiante et affirmait que l’homme est en parfaite possession de sa volonté : ayant la liberté de faire le bien, il peut vivre saintement en méditant l’exemple de Jésus.

pèlerinage, voyage accompli vers un lieu saint pour obligation religieuse ou pour obtenir un miracle, le plus souvent une guérison. En tous temps et en tous pays, on a trouvé la trace de ces déplacements vers un lieu vénéré. Dans l’Égypte ancienne, les navigations des dieux et les panégyries attiraient des foules nombreuses au tombeau d’Osiris à Abydos. Les pèlerins suivaient les voyages des dieux locaux d’un sanctuaire à l’autre. En Inde, les hauts lieux de l’Himalaya, les rives du Gange, de la Jumna, Brindaban, et surtout Bénarès avec ses deux mille sanctuaires, attirent des foules considérables. Les bouddhistes ont toujours fidèlement rendu visite aux lieux de souvenir du Bouddha et aux reliques des saints. Le centre principal en est Bodh Gaya. La Mecque, en Arabie, est le plus important point de concentration mondial, à une date déterminée, de pieux pèlerins accomplissant une des grandes prescriptions de l’islam. En Irak, le tombeau d’Husayn est l’objet d’un culte qui attire chaque année les fidèles chiites de l’Iran et de l’Inde. En Chine, les montagnes saintes, en particulier celles de Tai-chan, restent des hauts lieux vénérés. Au Japon, le shintoïsme déifiant les montagnes et les sources, très nombreux sont les lieux de pèlerinage, tels les volcans et le fameux Fuji-Yama. Mais c’est surtout le christianisme qui, réveillant un vieil instinct de nomadisme, a drainé les pèlerins vers des centres de vénération : Jérusalem avec le Saint-Sépulcre et les lieux où vécut Jésus, puis Rome, centre de la chrétienté. Depuis le haut Moyen Age, suivant le proverbe, «Tous les chemins mènent à Rome », on venait dans cette ville de toutes parts en accomplissant certains rites d’après un vieux «guide de pèlerinage». Au retour, une grande considération entourait les «Romées», ou «Romeux». Les tombeaux des saints, les précieuses reliques attiraient les foules à Saint-Denis, à Saint-Martin de Tours, à Saint-Semin de Toulouse, à Sainte-Foy de Conques, etc. Le grand pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle peuplait à la belle saison toutes les routes convergentes vers la Galice d’innombrables voyageurs. Des confréries de saint-jacquaires organisaient la protection des pèlerins, les soins et relais dans les hospices et hostelleries. De nos jours, les centres chrétiens ont changé, bien que de très nombreuses chapelles de campagne dédiées à Notre-Dame ou à un saint, dans toutes les régions de France, aient leur pèlerinage annuel depuis fort longtemps. Les apparitions de la Vierge, au XIXe s., sont à l’origine de la Salette, de Pontmain, de Fatima et surtout de Lourdes, d’une renommée mondiale. Chartres, Le Puy, Rocamadour ont retrouvé leur attrait de jadis. Les protestants, qui refusaient tous les cultes de la Vierge et des saints, font actuellement des pèlerinages annuels dans les Cévennes; les néocathares vont à Montségur; les jansénistes de Hollande viennent à Port-Royal. En Russie, les pèlerinages aux icônes miraculeuses étaient très nombreux, de même que ceux qui se sont développés au XIXe s. pour visiter les ermitages des staretz. Les Récits d’un pèlerin russe, d’un auteur inconnu, nous donnent un intéressant témoignage de cette piété itinérante. Le pèlerinage dans son essence manifeste l’ardent désir de changement inhérent à l’espèce humaine. Les lieux de pèlerinage ont joué et jouent encore un très grand rôle dans l’histoire des civilisations. Accompli comme acte religieux, le pèlerinage a presque toujours un caractère méritoire; il est un moyen de salut, exigeant le plus souvent des rites de purification, un rituel d’attitudes et de prières, un emploi du temps conventionnel (prosternations, sacrifices, offrandes), ou des psalmodies collectives, Le pèlerinage est en tout lieu un moment privilégié de la vie de l’homme où il peut, de sa propre volonté, approcher, voire s’identifier au divin. Le pèlerin exprime souvent sa reconnaissance par des ex-voto ou des donations, ou simplement des graffitis.

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