SES fiche Engament politique
Publié le 27/05/2026
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«
Comment expliquer l’engagement politique dans les sociétés démocratiques ?
Intro: Toute action d’un individu qui est motivée par des valeurs politiques constitue un engagement politique.
Dit
autrement, toute action qui sert à exprimer sa conception de la justice, de l’égalité ou de la liberté est une forme
d’engagement politique.
Souvent, l’engagement politique : i) a pour but d’influencer les décisions prises par l’Etat ou
des entreprises, ii) prend la forme de la participation à une action collective1, c’est-à-dire une action concertée de
plusieurs individus qui s’engagent politiquement en vue d'atteindre des objectifs communs (une manifestation,
organisation d’un boycott, une grève, un blocage d’une école, un sit-in2 etc.).
I.
Les formes variées de l’engagement politique
Dans les sociétés démocratiques, il existe de nombreuses
manières de s’engager politiquement :
Premièrement, le vote, qui consiste à participer à une
élection légalement organisée.
Un citoyen qui vote
exprime une opinion politique en mettant dans l’urne le
nom d’un candidat qu’il aimerait voir gouverner ou en
votant blanc pour montrer son insatisfaction par rapport
aux candidats (fait de glisser une enveloppe vide dans
l’urne)3.
Deuxièmement, le militantisme.
Le militantisme consiste à
participer à la défense d’une cause.
Le plus souvent, militer
consiste à réaliser une tâche quelconque pour une organisation militante.
Il existe trois types d’organisations militantes :
i) les partis politiques (La France Insoumise, le Rassemblement National, Renaissance, etc.), dont l’objectif est
remporter des élections (présidentielles, législatives, municipales, etc.), ii) les syndicats (CGT, CFDT, etc.), dont l’objectif
est de défendre les intérêts des travailleurs (augmentation des salaires, amélioration des conditions de travail,
protection juridique en cas de licenciements, etc.), iii) les associations, très diverses, qui peuvent avoir un but politique
telles que les associations caritatives et humanitaires (Médecin sans frontières, Croix rouge, etc.) ou celles de
protection de l’environnement (GreenPeace, Extinction Rebellion, etc.) – mais qui n’ont parfois aucun but politique,
comme c’est le cas des associations sportives par ex.
A noter que les actions des militants sont très variées : Organiser
des réunions ou des meetings, manifester, lancer et signer des pétitions, distribuer des tracts, bloquer des routes pour
ralentir la circulation, faire des dons à des association/partis/syndicats, se porter candidat à une élection, participer à
une grève, une grève de la faim, une action de désobéissance civile etc.
Troisièmement, la consommation engagée.
Il s’agit d’un choix de consommation par lequel un citoyen exprime une
opinion politique.
La consommation engagée peut prendre de nombreuses formes.
En particulier, on peut distinguer
le « boycott » qui consiste à ne pas consommer certains biens (refus de manger de la viande pour lutter contre la
souffrance animale, refus d’acheter les vêtements d’une marque qui recourt à l’esclavage en Asie, refus de consommer
les biens venant d’un pays en guerre, etc.) et le « buycott » qui consiste à consommer certains biens plutôt que d’autres
(acheter un vélo plutôt qu’une voiture, consommer des fruits et légumes locaux, trier ses déchets, etc.).
1
C’est tout particulièrement le cas des engagements militants et associatifs (mais pas seulement)
Manifestation non violente qui consiste à rester assis sur la voie publique
3 Les votes « nuls » (bulletin non conforme) peuvent aussi dans certains cas exprimer une opinion politique… C’est le cas lorsque le nom d’un
candidat est volontairement barré par exemple.
2
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Terminale - SES - Clément Honoré-Rougé – VERSION TEMPORAIRE
II.
Pourquoi les individus s’engagent-ils ?
Souvent, l’engagement politique d’un individu prend la forme d’une participation à une action collective.
A.
Le paradoxe de l’action collective : il n’est pas rationnel de s’engager
La participation à une action collective ne va pas de soi.
Selon Mancur Olson, il est même irrationnel de participer à
une action collective.
En effet, un individu qui participe à une action collective subit toujours des coûts (coût financier,
temps « perdu », risque corporel, etc.), tandis que les gains sont les mêmes, qu’il ait participé ou non à l’action
collective (car les conséquences positives d’une action collective profitent à tous).
Prenons le cas d’un travailleur qui
hésite à participer à la grève organisée dans son usine et qui a pour objectif d’obtenir une augmentation pour tous les
salariés.
S’il participe à la grève, il subira un coût évident (il ne sera pas payé le temps de la grève, cela lui prendra du
temps, il risque d’être « mal vu » par son patron, etc.).
Mais qu’il participe ou non à la grève, les gains seront les mêmes
(augmentation de son salaire si la grève réussit) puisque ce n’est pas un seul gréviste qui fera la différence.
Ainsi, les
coûts supportés sont supérieurs aux gains espérés.
Dans cette perspective, il n’est pas rationnel de participer à une
action collective selon Olson.
Car Il existe une stratégie encore plus rentable encore que la mobilisation : regarder les
autres se mobiliser.
Autrement dit, le plus rentable est de se comporter en « passager clandestin ».
Or, si tout le monde
se comportait ainsi alors aucune action collective ne serait possible.
Ceci constitue le paradoxe de l’action collective :
en théorie, si tous les individus se comportaient rationnellement, il ne devrait pas y avoir d’action collective.
Pourtant,
on en observe bien dans la réalité.
Comment l’expliquer ?
B.
Pourquoi les individus s’engagent-ils tout de même ?
Tout d’abord, les individus peuvent s’engager car ils
reçoivent des incitations sélectives.
Les incitations
sélectives sont les méthodes utilisées par certaines
organisations pour inciter les individus à participer à
une action collective (en luttant contre les
comportements de passagers clandestins).
Elles
consistent :
-
-
soit à accorder des avantages à ceux qui
participent à l’action collective (verser une
somme d’argent, fournir une assistance
juridique en cas de litige, offrir un repas
gratuit, etc.).
Par ex, dans le cadre d’une grève, il arrive que des syndicats versent de l’argent aux grévistes pour
compenser les pertes de salaire qu’ils ont subies en se déclarant en grève.
soit à pénaliser ceux qui n’y participent pas.
Par ex, dans le cadre d’une grève, les grévistes organisent des
« piquets de grève », c’est-à-dire qu’ils se regroupent devant ou dans l’entreprise afin d’empêcher les nongrévistes de travailler.
Ensuite, les individus peuvent s’engager afin de percevoir des rétributions symboliques.
En effet, participer à une
action collective permet de réaliser des gains symboliques – c’est-à-dire des gains qui ne sont pas
matériels/économiques (comme ceux provenant des incitations sélectives) – tels que se constituer un réseau de
relations, projeter une image valorisante de soi, se faire des amis, avoir le sentiment d’appartenir à un groupe, les joies
de la victoire, avoir le sentiment de vivre en accord avec ses valeurs etc.
Le plus souvent, les individus participent à une
action collective afin de percevoir ces gains symboliques.
Les rétributions symboliques sont une puissante motivation
des personnes qui s’engagent politiquement.
Enfin, les individus peuvent s’engager lorsque la structure des opportunités politiques est favorable.
Autrement dit,
les individus s’engagent dans une action collective si le contexte politique permet d’espérer un succès.
Si le contexte
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Terminale - SES - Clément Honoré-Rougé – VERSION TEMPORAIRE
politique est défavorable et qu’il est peu probable que les revendications de l’action collective soient satisfaites, les
individus n’y participeront pas.
La structure des opportunités politiques favorise l’engagement dans une action
collective si :
-
-
-
-
L’Etat est tolérant à l’égard des actions collectives.
Autrement dit, est-il autorisé de manifester, de faire grève,
etc.
? Par exemple, les manifestations contre le pouvoir en Russie sont sévèrement réprimées (les manifestants
risquent la prison voire la torture).
Logiquement, elles sont donc rares.
Les participants à l’action collective ont des connaissances/alliés ayant une influence politique.
Autrement dit,
certains participants ont un réseau de relations qu’ils peuvent mobiliser pour porter leurs revendications : dans
les médias, parmi les élus (maires, conseillers départementaux, députés, etc.), etc.
Ex : Des militants
écologistes qui mènent une action collective pour empêcher la création d’un aéroport ont beaucoup plus de
chances de succès s’ils peuvent compter sur l’aide d’une célébrité (ex : le journaliste militant et ancien ministre
Nicolas Hulot), d’un dirigeant d’une grande entreprise de la région ou d’un conseiller municipal pour
convaincre les auteurs du projet de l’abandonner.
En augmentant les chances de succès de la mobilisation, la
présence d’alliés favorise l’engagement des individus.
Les partis politiques sont divisés et qu’une élection approche, ce qui permet à l’action collective d’obtenir
plus facilement le soutien d’un ou plusieurs partis politique (qui s’associeront à l’action pour convaincre la
population qui soutient l’action de voter pour eux aux prochaines élections).
L’Etat a la capacité de répondre positivement aux demandes des participants à l’action collective.
En effet, les
individus ne s’engagent pas dans une action collective s’ils savent d’avance que l’Etat ne satisfera pas leurs
revendications (parce qu’il n’en a pas les moyens techniques ou financiers notamment).
III.
L’engagement politique dépend de variables sociodémographiques
Les caractéristiques sociodémographiques d’un individu influencent la probabilité qu’il s’engage politiquement4.
On
peut le mesurer grâce aux statistiques sur l’engagement des français dans les associations, syndicats et partis politiques.
A.
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