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SAINT THOMAS ET LA PHILOSOPHIE DU XIIIe SIÈCLE

Publié le 18/06/2020

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« Il commenta ainsi les principales œuvres d'Aristote, y compris le Liber de causis pseudo-aristotélicien; sentant le danger que présentaient pour la pensée chrétienne les commentaires littéraux d'Averroès, alors en pleine vogue, Thomas comprend qu'il faut faire mieux que lui sur son propre terrain; à cette fin, il charge son confrère flamand Guillaume de Moerbeke de traduire directement du grec, et aussi littéralement que possible, les traités d'Aristote. Ses commentaires de la Bible s'inspirent des mêmes procédés ; ils portent, dans l'Ancien Testament, sur Job, une partie des Psaumes, le Cantique des cantiques, Isaïe et Jérémie; dans le Nouveau Testament, sur les Evangiles de Matthieu et de Jean, et sur les Epîtres de Paul; saint Thomas a également composé une Catena aurea, qui est un recueil de textes des Pères consacrés à l'exégèse des quatre Evangiles. Une troisième catégorie de commentaires concerne enfin certains ouvrages théologiques. Il s'agit tantôt d'explications littérales du même genre que les commentaires aristotéliciens; c'est le cas des commentaires sur le traité Des noms divins du pseudo-Denys (que Thomas lisait dans une traduction latine faite vers 1170 par Jean Sarrazin) et sur le De hebdomadibus de Boèce. Tantôt le commentaire est moins asservi à la lettre du texte commenté et se permet, sur des points choisis, de libres exposés doctrinaux où les idées personnelles du commentateur s'expriment à loisir; à ce genre appartient le commentaire sur le traité de Boèce De la Trinité; davantage encore le grand commentaire sur le Livre des sentences de Pierre Lombard, qui est chronologiquement le premier ouvrage important de saint Thomas et le fruit de son premier enseignement parisien, composé entre 1253 et 1257, peu de temps après les œuvres d'Albert le Grand et de Bonàventure sur le même sujet. Par suite de la particularité de méthode que l'on vient de voir, le Commentaire sur les Sentences fait déjà figuré d'ouvrage de synthèse théologique; à ce titre, il fait le pont avec un autre canton de la production littéraire de saint Thomas, qui est celui des Sommes. La première en date (elle est terminée en 1264) est la Somme contre les Gentils, improprement appelée parfois Somme philosophique; Thomas la composa à la demande de son confrère Raymond de Pennafort, pour servir de manuel aux missionnaires dominicains engagés dans la conversion des musulmans. Il s'agit donc d'un exposé de théologie chrétienne adapté à la mentalité musulmane; une première partie traite des vérités chrétiennes accessibles à la raison, le reste portant sur les mystères connaissables par la seule révélation. Vient ensuite la Somme théologique, à laquelle Thomas travaille pendant huit années (1266-1274), chef-d'œuvre de progression méthodique et exhaustive préparé par de nombreux travaux d'approche. Malgré l'importance des Sommes, on trouve sur divers points particuliers des compléments dans deux autres groupes d'écrits, qui comprennent les disputes scolaires et les opuscules. Les Questions disputées (ordinaires et quodlibétales) offrent en outre l'intérêt de refléter sur le vif les idées et les controversés de l'époque. Les opuscules sont des écrits occasionnels, en général assez brefs, rédigés pour satisfaire une demande particulière ou débrouiller un problème déterminé; ils concernent aussi bien la défense des ordres mendiants que la philosophie, la théologie et la spiritualité; les plus célèbres d'entre eux traitent De l'être et de l'essence, De l'éternité du monde. De l'unité de l'intellect, Des substances séparées. Comme tous les grands médiévaux, saint Thomas a donné beaucoup d'attention au vaste problème des rapports de la raison et de la foi. La raison ne peut atteindre toutes les vérités; ce point est fortement affirmé, on l'a vu, dans la Somme contre les Gentils. Soit le problème de Dieu; certaines vérités relatives à Dieu ne peuvent être démontrées par la seule raison; c'est par exemple le cas du dogme de la Trinité; tout ce que peut faire la raison relativement à un tel me, c'est montrer qu'il n'est pas impossible rationnellement, et faire apparaître les conséquences qui en découlent, et encore démonter les objections qui lui sont opposées. En revanche, d'autres vérités relatives à Dieu sont susceptibles de recevoir une démonstration rationnelle; ainsi l'existence de Dieu, son unicité, etc. Thomas a lui-même illustré la validité de cette affirmation en mettant au point, à partir d'éléments aristotéliciens, un ensemble de cinq célèbres preuves de l'existence de Dieu, les « cinq voies ». Toutes cinq se modèlent sur un schéma commun, qui consiste à partir de l'observation d'une réalité sensible qui fait problème, et à dégager une série causale qui a pour base cette réalité et Dieu pour sommet; c'est donc la variété du point de départ observable qui constitue la spécificité de chacune de ces preuves; de fait, on peut partir respectivement du mouvement qui existe dans l'univers, de la causalité efficiente qui s'y remarque, de la contingence du monde, des degrés hiérarchiques de perfection que l'on discerne dans les choses, enfin de l'ordre qui oriente tous les êtres vers une finalité. Autre exemple de vérité rationnellement démontrable : la création du monde par Dieu, conçue comme s'appliquant à la totalité de ce qui est, comme s'étant opérée ex nihilo, et comme ayant sa cause dans la perfection de l'être divin; mais, parallèlement à ces aspects de l'acte créateur auxquels on peut parvenir par la raison, il en est d'autres pour lesquels la raison seule ne conduit pas à la certitude ; c'est le cas du problème de savoir si le monde a été créé de toute éternité ou dans le temps ; certains contemporains de saint Thomas, parmi lesquels Bonaventure, se flattaient de démontrer rationnellement que le monde n'a pas toujours existé; inversement, Averroès et les aristotéliciens enseignaient que le monde est éternel; selon Thomas, les uns et les autres peuvent produire à l'appui de leur thèse des arguments vraisemblables, mais non pas une démonstration contraignante; c'est à la révélation seule de nous apprendre que le monde a commencé : mundum incoepisse est credibile, non autem demonstrabile vel scibile. Ayant ainsi défini les limites de la compétence de la raison, Thomas lui restitue, à l'intérieur de son domaine, toute sa dignité et tous ses droits. Il est de ce fait amené à rejeter certaines doctrines dont il pense qu'elles restreignent indûment l'autonomie de la raison; c'est le cas de la thèse ...»

« 1 / 2 SAINT THOMAS ET LA PHILOSOPHIE DU XIIIe SIÈCLE par Jean PJi';PIN Les circo�stances nouvelles Parmi les nouveautés sociologiques et culturelles · qui marquent le· XIIIe siècle et retentissent profondément sur la vie intellectuelle, il .faut -si gn aler d'abord la création des universités.

Cette initiative procède d'un regr�upement corporatif des gens d'étude, soucieux de défendre leurs intérêts communs.

La première fondation se produit à Bolo gne, où dominent les juristes; puis apparaissent les universités de Paris èt d'Oxford� L'ensei gnement se distribue sous deux formes p�N,>U'C2^ : la « leçon )) ' ou lecture com­ mentée d' un texte sacré ou doct�N'C la « dispute >i, soit préparée (Questions disputées), soit improvisée (Questions quodlibétales).

Un autre fait nouveau de grande portée fut la-découverte d'Aristote.

On ne connaissait jusque-là que les œuvres 1 logiques de ce philosophe, et encore ne les connut-on pas d'un bloc : jusqu'au deuxième tiers du xn° siècle, on dispose, dansla traduction latine de Boèce, des Catégories et du traité De l'interprétation; joints à l' Isagogé de Porph yre, ces éc�b^ constituent la Logica vetus; c'est à ce moment seulement que l'on accède à la Logica nova, qui comprend le reste de l'Orga­ non, à savoir les Premiers et Seconds analytiques, les Topi­ que s et les Réfutations so phisti ques .

Les autres traités aristo­ téliciens, qui ont trait à la métaph ysique et à la philosophie 2 / 2. »

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