Pourquoi l’utilisation de formes issues de l’art tribal duquel un tribal « de l’Ouest » a fini par émerger ?
Publié le 11/01/2026
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«
Pourquoi l’utilisation de formes issues de l’art tribal duquel un tribal « de l’Ouest » a fini par
émerger ?
INTRODUCTION
J’ai toujours été intrigué par ce qui se faisait ailleurs, sûrement car j’avais le sentiment d’étouffer
chez moi, à la maison ou dans mon village de campagne, peut-être aussi car j’entendais parfois les récits
de voyages de mon père ou juste grâce aux siestes enroulées d’un drap Indonésien.
Je me suis vite rendu
compte en une sorte de jeu des 7 différences qu’il pouvait y avoir des connections évidentes entre des
designs du monde entier.
Une tenture Toscane me rappelait une cicatrice portée par un soldat de tribu Nigériane, un visage
Maori pouvait évoquer nettement les formes de l’illustration d’une figure divine en Asie mineure, toutes ces
divergences graphiques selon leur origine moderne semblaient même pouvoir se concilier dans l’art
paléolithique.
Je me disais, on vient tous du même endroit, de la même croyance quant au pouvoir du
langage artistique.
J’ai compris ensuite que l’on s’étaient tous divisés, que certains ont partagé et alimenté,
d’autres ont volé et laisser périr cette souche graphique commune.
Laisser périr ou bridé en tentant de
l’exclure du bol commun.
Les sociétés de l’ouest, ont rompu le lien commun entres toutes cultures, le lien
primitif dans le langage graphique historiquement lointain certes mais pas moins présent à des périodes
clés de l’humanité.
L’ouest a divisé, pillé, anéanti, souhait d’imposer une souveraineté en tous points,
notamment dans l’art.
Ce que je vois dans le design « tribal de l’ouest », c’est une volonté de faire vivre le primitif,
d’accentuer la forme en mémoire du symbolisme préhistorique, ce qui un jour fut un langage universel à
certes éclaté en un schéma de carte mentale divisée, où le vol et les tentatives d’anéantissement culturel
engendrés par la pensée du plus fort et du propriétaire n’ont cessé de diviser et meurtrir la mémoire de la
souche commune.
Jy vois un peu dans ce « tribal de l’ouest » un message de « on a voulu réduire la
culture du monde à la notre, une culture scientifique et territoriale, de puissance militaire et matérielle, en
détruisant les autres cultures on en a même fini par faire de ce qui est censé être la notre, un
mensonge universel ».
L’art tribal a été introduit aux yeux du public de l’ouest, de manière culturelle (j’entends par là qu’il a
alors était apprécier et étudier par ceux qui décident de la culture, les critiques les acheteurs/
collectionneurs les religieux les médias) lors des années coloniales, où des artistes Blancs volaient alors
cette forme d’art tribal pour intégrer leur art dans une sphère de compassion, infligé un message réducteur
de « on fait hommage à la culture que l’on détruit en s’appropriant ses caractéristiques pour montrer que
l’on valorise ce que l’on détruit.
» Pour rendre un sentiment d’humanité aux plus inhumains, pour continuer
de créer une distance entre oppresseurs et oppressés en romantisant la notion de différence, en créant
l’idée que l’intellectuel surpasse le naturel.
Je parle de naturel car l’art tribal existe de cet échange entre
formes et sentiments organiques générés par l’observation que fait l’individu ou la communauté des
mondes extérieur et intérieur.
Il existe dans la symbolisation des émotions évoquées par le visible et
l’invisible émanants d’une source de vie.
La démocratisation d’un tabou dans les cultures de l’ouest.
Les premiers pas vers l’inconnu d’une
culture entière, mes premiers pas vers la découverte de la culture du tatouage à l’Ouest.
L’art tribal est donc arrivé dans notre culture comme un poisson rouge de fête foraine dans un
sachet plastique, comme quelque chose que l’on possède déjà ramené d’un lieu de mystères et
d’excitations, que l’on sort de son sac et qu’on possède quand même car il ne peut plus vivre sans nos
actions dessus, et qui de toutes façons n’a que de sens dans un bocal dans un salon qui lui apporte la
beauté de la captivité en lieux sûrs.
À force du temps, à force d’avoir délaissé ces poissons rouges car on
leur trouvé moins d’intérêts qu’à la méduse ou la souris, l’art tribal a été replacé au rang d’animal que l’on
connait mais qui signifie trop de primitivité ou d’insignifiance pour vouloir continuer de le domestiquer.
Puis il est revenu sur le devant de la scène dans une culture là encore puisant ses sources dans
une souche commune, et là encore perçue comme trop excentrique, archaïque ou même issue de dangers
: la culture du tatouage.
Le tatouage c’est vieux, et son origine se trouve dans l’union entre l’humain et la
nature.
On pensait au début que le destin de l’individu était immuable, on allait alors inscrire la marque de
ce destin naturel sur l’individu pour qu’il s’en imprègne et édite sa vie en fonction de ce dernier.
Puis le
tatouage s’est aventuré à marquer le processus d’évolution d’un individu suivant son destin, enfin l’idée de
destin se dissipera selon les cultures modernes et restera en tronc commun le marquage d’évolution
individuelle.
À l’ouest le tatouage est apparu comme émancipateur dans ce sens où il décrit le processus
d’évolution de l’individu, selon des choix, c’était dans la religion que le tatouage est réapparu en masse
après des siècles d’absence dans notre culture.
Des choix de parcours, des choix d’appartenance, des choix idéologiques, le tatouage est alors
devenu symbole miroir de l’individu et de sa constitution.
Constitution naturelle, affermie par des choix
émotionnels.
Alors se distinguent les symboles individuels aux symboles sociétaux, certaines cultures
comme celle des Maoris ou des Scythes utilisent des symboles d’origine naturelle, observés alors que
d’autres comme notre culture d’Europe utilisent des symboles d’origine sociale, érigés.
Le tatouage tribal est alors réapparu en Europe grâce/à cause des marins à la fin du 18e siècle,
suite aux migrations coloniales en Polynésie, d’où les tatouages tribaux « de l’ouest » ont été avec le
temps, extraits de la culture du tatouage tribal Maori.
C’est la première vague massive de corps européens
tatoués, tatoués des stigmates d’actions sanglantes, après la vague moyenâgeuse de corps religieux
tatoués eux aussi, de stigmates d’actions sanglantes.
Mais là au moins, graphiquement parlant, un retour
au primitif est présent.
Un retour au lien émotionnel que l’on fait vivre entre notre monde intérieur et celui
extérieur qui nous entoure.
Les tatouages tribaux arrivent en Europe et c’est le début d’une révolution
individuelle et communautaire face à la présence destructive des grandes puissances de l’ouest, dans le
monde ou au sein même de leur pays.
Les symboles évoluent alors pour se distinguer en représentations
plus pertinentes selon nos connaissances, les motifs dérivent vers des illustrations plus techniques et
fidèles à la réalité perceptible visuellement.
Au XXe siècle, le tatouage poursuit sa route, amplifie sa force contestataire et revient vers des
symboles puisants dans des sources communes au Monde, celles du tribal.
Années 90, explosion du tribal
en Europe, je rencontre alors Teddy un tatoueur/teufeur à Gruissan, qui pour vivre installe son stand sur
des marchés et orne la peau de curieux.ses à l’aide d’encre au henné, reproduisant des symboles de
différentes origines culturelles (bien que principalement des Western Cultures) tels que des crânes des pinups des poissons carnivores ou des papillons induis à des motifs d’origine tribales.
Je découvre ce
mélange avec stupeur, c’est ma première impression du tatouage moderne en Europe, j’adore ce que je
vois car je sens qu’il y a là une vérité universelle, certes quelque peu humoristique parfois, mais j’y vois
quelque chose de dessin des cavernes.
Quelque chose d’immortel, d’auto-immun dans ces dessins
délébiles, traduits partiellement dans un langage moderne des Western Cultures.
Le kitsch, la fragilité et la puissance de son....
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