Minerai noir despestre
Publié le 21/04/2026
Extrait du document
«
Lecture analytique
Minerai noir, 1956
1ère ES3
I/ Méthode Propose l'étude détaillée de ce poème engagé.
Rédige entièrement l'introduction et la
conclusion.
Formule ton plan et tes remarques au moyen de longs titres ou phrases courtes telles
qu'en cet exemple qui évoque la citation/ le procédé/ l »analyse.
Exemple :Axe 1 Un personnage victime et donc peu responsable
A) L’omniprésence d'un 'environnement pesant
➢ soleil = 7 occurrences du mot = instance sur la chaleur étouffante
➢ toute une plage vibrante de soleil = hyperbole = répercussion sur le corps et le
sens visuel
Problématique et plan proposés :
•
« Vous étudierez la dénonciation du poète qui oscille entre colère et fierté »
◦ Axe 1 La dénonciation des causes et conséquences de la colonisation
◦ Axe 2 L'engagement de l'auteur qui redonne dignité et fierté à son peuple
NB Ton plan fera apparaître des sous-parties tel qu'en l'exemple ci-dessus.
Compétence
Plan
Observation
/6
conclusion pertinente (bilan et ouverture
parties équilibrées
les idées sont organisées dans les sous parties
le fil conducteur est décelable
Analyse :
/10
Relevé conséquent de passages
Exploitation du texte dans son entièreté
figures ou procédés identifiés
passages commentés (analysés).
Justesse des analyses
Expression
lisibilité de l'écriture
respect du principe du plan détaillé
(soulignement, tirets....moyens divers guidant le
lecteur)
Rédaction de l'intro et conclusion convenables
//4
1.
Situation d'énonciation : qui écrit ? À qui ? À quel sujet ? Dans quel but ?
Un homme noir car il s'implique au vers 27 « Ma race » ou « Mon peuple »
Au lecteur noir qu'il tutoie à la fin « Muris ton grisou »et nomme peuple
Le sujet est l'exploitation de l'homme noir par les colonisateurs
Le but est de faire réagir, la révolte, thèse exprimée à la fin.
2.
Pour quelles raisons ce texte est-il de registre polémique? Jsstifie en te référant au
tableau des registre.
• La première personne implique son auteur
• Plusieurs anaphores créent l'insistance :
Quand+ GN vers 1 et 2
Dans + Gn vers 27 et 28
• L'émotion est perceptible sur un mode mineur : le terme désepoir au vers 5 et « larmes » au
vers 38 et le ô élégiaque du vers 31 qui suscite l'admiration
• La provocation est présente dans l'appel à la révolte des vers finaux
• La dévalorisation est peu présente, apparaît par des modalisateurs « quelque curé » au vers
18 et « quelque vaillant capitaine » au vers 24.
L'adjectif « brave » qualifiant le Père Noël
peut être connoté de condescendance ironique
3.
Quels événements sont évoqués dans les premiers vers ?
La colonisation de l'Amérique qui a asservi et exterminé le peuple indien exploité dans les mines
d'or.
4.
Dégage la structure du texte en numérotant les vers
•
•
•
•
1à 5 : les causes de l'exploitation de l'homme noir
6 à 30 la dénonciation de la colonisation : son essor, l'exploitation de l'homme devenu
marchandise, la souffrance endurée
31 à 40 : l'élégie du peuple noir
40 à 45 : l'appel à la révolte
introduction
• une lutte essentielle du 20ème, celle des Colonies, désireuse de liberté et indépendance
• Depestre, engagement en ce sens : contre Lescot, contre le système coloinal/ pour la
négritude (amour de son pays et peuple) avec Césaire et Diop
• Minerai noir, recueil et poème
• Nous étudierons de près ce poème en vers libres.
Particulier dans sa frorme, il l'est
aussi par le contenu : l'auteur entraine son lecteur vers une balance des sentiments : la
colère mais aussi la fierté imprègnent le texte.
L'origine du premier sentiment est la
colonisation, nous en étudierosn les causes et conséquences.
La fierté apparaît en
second, elle est due à l'engagement du poète qui entend redonner dignité à son peuple
et en éveiller l'orgueil.
I
La dénonciation de l'exploitation du peuple africain
a) première cause, le système colonial = une conquête et exploitation érigées en système
l' anaphore de la subordonnée temporelle introduit un tableau des débuts de la colonisation de
l'Amérique qui justifie celle de l'Afrique
•
Le mot «indien» 2 fois avec majuscule est répété de façon significative dans chacun des
trois premiers vers, qui sont amples .
Le singulier ici tend à désigner la civilisation plutôt
qsue l'individu afin de montrer mieux le massacre : les Indiens ayant été exterminés, les
colonisateurs se sont tournés vers «le fleuve musculaire de l’Afrique», ce qui met bien en
relief le drainage de sa force de travail que subit alors le continent.
•
«Sueur tarie par le soleil» est une métaphore pour signifier la mort des Indiens, leur
extermination, victimes qu'ils sont de «la frénésie de l’or».
La présence de l'euphémisme,
due à la connotation valorisante du soleil, rend cette image d'autant plus choquante.
•
C'est le rôle du vers 3 :la subordonnée de conséquence et la négation rappellent
l'extermination d'un peuple entier
•
«La relève du désespoir» est un autre raccourci , un contraste puissant par lequel au
désespoir des Indiens succède immédiatement un autre désespoir : celui des Noirs.
•
tarie ou draina , ces termes techniques s'appliquent ici à l'être humain, le transformant en
marchandise.
Dans cette introduction, le lexique employé prépare la peinture révoltante de l'exploitation minière.
Un génocide (celui des Indiens) est aussitôt suivi d'un second (celui des afrcicains) .
Cet
acharnement des européens semble ne jamais devoir cesser puisque chaque civilisation est traitée
de la même manière.
NB Retenons qu'en ce début de poème les colons ne sont pas nommés, Depestre leur réserve le
pronom « on » : serait-ce inutile puisque chacun connait les coupables? Sans doute pas puisqu'il
n 'hésitera
pas à les citer ensuite.
Il semble surtout préparer rigoureusement son réquisitoire : un
rappel des faits avant d'en venir à la mise en accusation des coupables.
b) Le terrible mécanisme de l'exploitation:
Le récit se poursuit avec le connecteur alors (temporel et conclusif à la fois).
• Vers 6 et 7 : un enjambement met en relief l'aspect tragique de cette exploitation : le nom
ruée est judicieusement choisi car il rappelle la folie meurtrière qu'a généré l'exploitation des
mines d'or sur le continent américain et la frénésie qui s'empara des colons
•
De fait, le vers 7 trouve prend tout son sens le terme « trésorerie », polysémique, induit la
•
•
valeur des richesses africaines au moyen du radical « trésor » mais aussi son aspect
comptable l'enrichissement des propriétaires miniers
associé au nom « chair », il connote la souffrance de l'esclave et réduit l'humain à une
marchandise exploitable.
« Pour assurer la relève du desespoir » en début et « pour l'enrichissement/grandes foires du
monde » enjambement des derniers vers = des passages qui se font écho = cynisme du
projet colonial dans lequel la fin (richesse des colons) justifie le moyen (pillage d'une terre
et d'un peuple).
Revéler le cynisme aiguise la dénonciation
c) seconde cause ou origine de la cruauté ? l'avidité des uns qui avilit les autres
« Et la terre » le récit se poursuit mais le contenu change.
•
Le reprise du titre « minerai noir » va introduire un développement sur l'utilisation de
l'homme : le poète, dans sa colère, vers 12 au vers 25, se met à la place des colons
européens qui « rêvent » et fantasment sur la richesse de l'homme noir : il transmet par
prétérition les plus fous désirs suscités par le précieux minerai
•
l'emploi de l'expression «tout juste si» set de base à cette prétérition : chacune des idées qui
sont ajoutées évoque un aspect différent de la société européenne, toute la société étant ainsi
impliquée
•
les industriels : l’utilisation du minerai pour la création par les chimistes d’un alliage,
•
les femmes, la famille : pour la fabrication d’un service à thé «en massif négrillon des
Antilles» constitue une adaptation choquante de l'expression commune « en or massif » .
«le
négrillon» renvoie au langage des esclavagistes, terme qui désignait le charmant petit
domestique dont telle bourgeoise faisait parade lors d’un thé servi à des amies
•
la religion : les vers ici , par provocation sans doute mêle religion et croyance paienne :
l'église construit une cloche, et le brave Père Noel des soldats de plomb (cadeau typique de
l'époque.
•
Le prêtre, matérialiste comme les autres, paradoxal car doit se vouer au spirituel.
Devoir
moral de charité qui n'est pas respecté : la cloche (exposition de la richesse) compte plus que
l'individu
•
Lebrave Père Noël = antiphrase de l'adjectif, ironie de l'expression = référence à la fête
paienne, occasion de consommation futile et délirante (cadeaux).
Le personnage généreux
et convivial devient exploiteur
NB , la folie avide du colon est rendue par la déstructuration des vers : plus les évocations
deviennent choquantes plus le rythme s'emballe.
II /conséquences : homme annihilé et Afrique pillée
a) Être humain broyé, annihilé, déshumanisé : une vision choquante
Le passage est d'autant plus choquant quand à la seconde lecture, on reprend les dénominations....
»
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