Databac

Lecture analytique – Dom Juan, Molière (Acte I, scène 2)

Publié le 16/05/2026

Extrait du document

« Lecture analytique – Dom Juan, Molière (Acte I, scène 2) Tirade de l’éloge de l’inconstance – Quand l’amour et la parole ne sont qu’un jeu délicieux au service des désirs Problématiques possibles : 1.​ En quoi cette tirade révèle-t-elle la conception libertine de l’amour portée par Dom Juan ?​ 2.​ Comment Molière utilise-t-il la parole de Dom Juan pour dénoncer l’hypocrisie ou la violence sociale ?​ 3.​ Cette tirade fait-elle de Dom Juan un héros de la liberté ou un personnage inquiétant ?​ Premier mouvement (l.1 à « toutes sur nos cœurs ») : Une remise en cause provocante de la fidélité et des valeurs morales Dès l’ouverture, Dom Juan rejette violemment l’idée de constance en amour : « Quoi ! tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend ? » Il emploie des procédés rhétoriques efficaces : questions oratoires, exclamations, et enchaînement rapide d’idées – ce qui donne un effet de débordement verbal baroque. Le libertin conteste frontalement les valeurs traditionnelles.

La fidélité est vue comme un enfermement absurde : « renoncer à toutes les autres beautés », « être mort dès sa jeunesse ». Il célèbre au contraire l’instabilité, le désir renouvelé, l’inconstance érigée en vertu, qu’il lie à un droit fondamental : « c’est une bonne chose que de pouvoir être fidèle à soi-même en changeant d’objet ». L’ensemble du passage repose sur un renversement des normes morales : ce n’est plus la constance qui est une vertu, mais la variabilité du désir, vue comme une forme de sincérité envers soi-même.

Dom Juan revendique l’authenticité de ses pulsions contre l’hypocrisie sociale. On note aussi le lexique de la généralisation excessive : « toutes les femmes ont », « toutes sur nos cœurs », signe d’un discours qui cherche à s’imposer, sans nuance. Conclusion mouvement 1 : Ce premier mouvement fait de Dom Juan un orateur habile, qui par son style vif et provocateur défend une conception perverse de l’amour fondée sur l’égoïsme et l’immédiateté du désir. Deuxième mouvement (l.10 à « changement ») : Dom Juan comme victime ? La posture paradoxale d’un séducteur qui se prétend injustement entravé Dans cette transition, Dom Juan cherche à légitimer ses actes en se présentant comme une victime de l’injustice : « Pour moi la constance n’est qu’un attachement ridicule ». Il inverse les rôles : c’est lui qui souffre, non les femmes abandonnées.

Il affirme avoir été « engagé », mais rejette l’idée de dette morale.

L’amour est ici réduit à une expérience sans conséquence. Les termes comme « douceur », « violence », « injustice » apparaissent ensemble pour créer des oxymores qui brouillent les repères moraux : « douce violence », « injustice aimable ». Dom Juan applique un raisonnement fallacieux : puisqu’il a aimé, il se croit libre de cesser d’aimer.

Cela illustre une logique hédoniste, fondée sur la jouissance instantanée, et déconnectée de toute responsabilité.

Il confond l’amour véritable avec l’attrait physique ou passager, en légitimant le désengagement. La phrase se termine sur une dédramatisation du changement : « je ne puis me résoudre.... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles