Le Menteur 1ere explication linéaire Acte I, scène 3
Publié le 15/06/2026
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Le Menteur
1ere explication linéaire
Acte I, scène 3
L’extrait étudié est la scène 3 de l’Acte I.
Dorante et son valet Cliton viennent de rencontrer au
jardin des Tuileries Clarice et Lucrèce.
Dans la scène précédente, Dorante déclare sa flamme à
Clarice qui souhaite prendre le temps de ressentir ce même sentiment.
DORANTE.
C’est l’effet du malheur qui partout m’accompagne.
Depuis que j’ai quitté les guerres d’Allemagne,
C’est-à-dire du moins depuis un an entier,
Je suis et jour et nuit dedans votre quartier;
Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades ;
Vous n’avez que de moi reçu des sérénades ;
Et je n’ai pu trouver que cette occasion
À vous entretenir de mon affection.
CLARICE.
Quoi ! vous avez donc vu l’Allemagne et la guerre ?
DORANTE.
Je m’y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre.
CLITON.
Que lui va-t-il conter?
DORANTE.
Et durant ces quatre ans
Il ne s’est fait combats, ni sièges importants,
Nos armes n’ont jamais remporté de victoire,
Où cette main n’ait eu bonne part à la gloire :
Et même la gazette a souvent divulgué…
CLITON, le tirant par la basque.
Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ?
DORANTE.
Tais-toi.
CLITON.
Vous rêvez, dis-je, ou…
DORANTE.
Tais-toi, misérable.
CLITON.
Vous venez de Poitiers, ou je me donne au diable ;
Vous en revîntes hier.
DORANTE, à Cliton.
Te tairas-tu, maraud ?
Mon nom dans nos succès s’était mis assez haut
Pour faire quelque bruit sans beaucoup d’injustice ;
Et je suivrais encore un si noble exercice,
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Le Menteur
1ere explication linéaire
Acte I, scène 3
N’était que l’autre hiver, faisant ici ma cour,
Je vous vis, et je fus retenu par l’amour.
Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes ;
Je me fis prisonnier de tant d’aimables charmes ;
Je leur livrai mon âme ; et ce cœur généreux
Dès ce premier moment oublia tout pour eux.
Vaincre dans les combats, commander dans l’armée,
De mille exploits fameux enfler ma renommée,
Et tous ces nobles soins qui m’avaient su ravir,
Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir.
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Le Menteur
1ere explication linéaire
Acte I, scène 3
1° mouvement.
C’est l’effet du malheur qui partout m’accompagne.
Depuis que j’ai quitté les guerres d’Allemagne,
C’est-à-dire du moins depuis un an entier,
Je suis et jour et nuit dedans votre quartier ;
Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades ;
Vous n’avez que de moi reçu des sérénades ;
Et je n’ai pu trouver que cette occasion
À vous entretenir de mon affection.
Dès le début Dorante ment et se met en valeur.
Quelle image de lui-même donne-t-il dans le 1° v ? À quoi tient ce malheur ?
—> il se présente comme une victime tragique, ce qui peut créer admiration et pitié chez
Clarice :
- ce statut de « victime » apparait avec le mot « malheur », accentué par sa place à la
césure et par la généralisation « partout ».
- De plus ce malheur est sujet et personnifié (« accompagne »), ce qui le rend encore
plus puissant, alors que Dorante est COD (« m’ ») (à noter qu’il dit : « accompagne » et
non « accable » - ce qui affaiblit moins D.)
- Ce malheur semble même hyperbolique car paradoxalement, il n’est pas lié aux guerres
… mais au contraire au fait d’avoir quitté la guerre —> étonnement prêt à susciter la
curiosité de Clarice (et du spectateur).
- Mais ce « registre » tragique suscite l’étonnement chez le spectateur, loin de l’attrister, il
le fait sourire puisque rien dans la présentation précédente de D ne justifiait ce
« malheur » —> il s’agit d’un mensonge.
- Il se met aussi légèrement en valeur par le pluriel : « les guerres d’Allemagne »
(référence à l’actualité pour accréditer son mensonge)
Pourquoi avoir quitté la guerre ?
- Il suggère qu’il abandonne la carrière héroïque de la guerre pour Clarice .
De même, le
malheur est de ne pas avoir pu la trouver.
—> très flatteur.
—> On voit que le mensonge est un moyen de séduire.
Relevez les indications de temps ? Les lieux évoqués ?
Il invente l’assiduité qu’il met à la chercher :
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Le Menteur
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Acte I, scène 3
- dans la durée : « du moins depuis un an entier, » avec une insistance sur cette longueur
: « du moins », « entier » + « et jour et nuit » : la répétition de « et » qu’insiste sur cette
durée, le parallélisme donne l’impression d’un cycle qui se répète.
De même aux bals
et promenades suggères aussi deux moments sociaux (nuit et jour —> fonctionne
comme un chiasme avec « jour et nuit » —> cycle.
- Le présent de l’Indicatif prend ici une valeur itérative (l’action a été répétée) : « je suis
jour et nuit« , « je vous cherche en tous lieux »
- dans l’espace : « dedans votre quartier ; Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux
promenades ; » —> multiplication des lieux renforcée par l’énumération, l’exagération
« tous » et et les pluriels —> D.
se présente comme très amoureux.
Quête sans fin.
Relevez les pronoms qui désignent Do., et Cl.
?
- La multiplication des « Je » sujets suggère encore une activité démultipliée pour trouver
Clarice —> ce que est flatteur.
Mais c’est aussi une manière de se mettre en valeur
(vantardise) : les « je » sont souvent à l’attaque des vers.
- D’ailleurs Clarice est objet de sa quête comme le montre le jeu sur les marques de
personne.
L’instance sur le « vous/ votre », les parallélisme et chiasme (je/vous/ votre /
moi) marque aussi combien il pense à elle.
Je suis et jour et nuit dedans votre quartier ;
Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades ;
Vous n’avez que de moi reçu des sérénades ;
Et je n’ai pu trouver que cette occasion
À vous entretenir de mon affection.
Quelles actions fait-il ? Quel nombre (grammaire) utilise-t-il ?
- —> La restriction : « n’avez que de moi » et le pluriel « des sérénades » montre aussi
combien elle lui importe puisqu’il aurait démultiplier les moyens de lui être agréable…
D’ailleurs, il rapproche les deux êtres dans le même hémistiche.
- Le thème de la galanterie « bal, promenades, sérénades, affection » marque aussi les
sentiments de D.
et contribuent à la séduction.
D’ailleurs « affection » est mis en valeur
par sa place en fin de vers et la diérèse.
- Mais les pluriels présents dans ces vers, les exagérations, les restrictions relevées
suggèrent bien qu’on est dans l’excès, l’invention, le mensonge, ce qui est comique.
2° mouvement : impressionner Clarice.
CLARICE.
Quoi ! vous avez donc vu l’Allemagne et la guerre ?
DORANTE.
Je m’y suis fait quatre ans craindre comme un tonnerre.
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Le Menteur
CLITON.
Que lui va-t-il conter ?
1ere explication linéaire
Acte I, scène 3
DORANTE.
Et durant ces quatre ans
Il ne s’est fait combats, ni sièges importants,
Nos armes n’ont jamais remporté de victoire,
Où cette main n’ait eu bonne part à la gloire :
Et même la gazette a souvent divulgué…
Le mensonge semble fonctionner :
Comment réagit Cl? ? quelle ponctuation ? Que remarque-t-on sur la question posée
grammaire) ?
- « Quoi ! vous avez donc vu l’Allemagne et la guerre ? » —> marque peut-être
l’admiration de Clarice, elle est sous le charme avec l’exclamative et le !
- La formulation orale de la question (V.
S.
C.
) qui traduit son trouble et la formulation
rhétorique (qui appelle la réponse : oui —> elle croit le mensonge de D., ce que
confirme le « donc vu » qui marque une confirmation).
Dorante se laisse emporter par son mensonge et se met en valeur :
Combien dure cette guerre ? Quelle image de lui-même transparait ? Comment ?
- insistance sur la durée : « 4 ans » par deux fois —> long —> montre son courage.
- Insistance sur sa puissance :
Quel CL apparait ? Quelle comparaison ? Quelle rimes ? Quelle personnes?
- « Craindre comme un tonnerre » avec le verbe qui marque sa supériorité avec la
comparaison - il se compare à un élément naturel surpuissant (donc incontrôlable )
—> épique.
L’allitération en [ r] mime et fait entendre ce coté effrayant.
- Par l’énumération et le pluriel employés avec le CL de la guerre : « « combats,
sièges, nos armes » qui prouvent qu’il aurait participé à de nombreux combats —>
héros.
—> dimension presque épique.
Cf.
« la gazette a souvent divulgué » —>
exploits nombreux.
- La référence à la « gazette », le verbe « divulgué » viennent aussi le mettre en valeur
puisque ses exploits sont dignes d’être rendus publiques.
—> gloire renforcée.
- Cet héroïsme est souligné par l’emploi du singulier : «....
»
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