La nature est-elle régie par des lois?
Publié le 03/05/2026
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La nature est-elle régie par des lois?
La nature du latin natura signifie “ce qui existe depuis la naissance”.
La nature renvoie à ce qui n’a
pas été modifié ou transformé par l’homme (l’état sauvage) et s’oppose à l’artifice.
Or, l’homme,
en qualité de vivant appartient aussi à la nature.
Nous pouvons également constater que toute
chose qui compose la nature est soumise à des lois, c’est à dire des rapports mesurables et
constants entre les phénomènes, en d’autres termes les lois de la physique.
Le mot loi vient du
latin lex qui vient du verbe legere: recueillir, écouter, lire.
Il désigne à la fois une une parole de
prescription qui sert de commandement dans le domaine pratique, le devoir et de rationalité, une
vérité fondamentale dans le domaine scientifique ou théorique.
Ainsi, si la nature est régie par
des lois, elle peut être considérée comme une intelligence, une organisation parfaite, voire une
divinité.
La nature sert donc de fondement pour la connaissance dans le domaine des sciences
explicatives mais également de source d’inspiration voire de modèle pour les sciences dites
humaines ou compréhensives.
Nous faisons référence aux lois de la physique mais également à la
loi morale, ainsi qu’à la loi de Dieu ou loi divine ou naturelle sur laquelle la loi des hommes se
fonde.
Ainsi, comprendre la nature implique de pouvoir l’expliquer.
L’homme en effet peut vouloir
s’approcher de la nature afin de l’expliquer et la comprendre en découvrant ses lois.
Cependant,
les lois de la nature ne se donnent pas toujours immédiatement et la quête humaine de
connaissance est toujours confrontée aux limites humaines.
Dès lors, toute connaissance de la
nature serait représentative, dépendante de la raison, des perceptions et du langage.
De plus, la
nature des choses renvoie également à une essence universelle, y compris la nature humaine.
Dans la vie courante, la nature humaine peut être associée à des comportements que nous ne
maîtrisons pas : « C’est ma nature, je n’y peux rien », se réclamant de déterminismes naturels.
Paradoxalement, les normes sociales et morales cadrent la vie des hommes en société et l’homme
a tendance à confondre ce qu’il considère normal avec le naturel en opposition à tout ce qu’il
juge hors norme ou anormal, barbare, monstrueux, contre nature.
Mais est-ce réellement toujours
le cas? La nature ne servirait-elle pas de prétexte pour justifier nos propres préjugés, des
jugements de valeur fondés sur des habitudes sociales ou morales en brouillant la frontière entre
nature et culture? Pire encore, l’idée d’une puissance naturelle organisatrice et législatrice
correspondrait à un désir humain en quête de sens et une angoisse face à la perte de l’origine.
La
science et la morale dépendent de théories, d’artefacts émanant de l’esprit humain, d’où la
difficulté de distinguer le naturel du culturel.
Dès lors, l’homme découvre-t-il les lois de la nature
ou les construit-il?
I.
Les lois de la nature
1.
La recherche d’un idéal
Il existe une réalité naturelle telle la mer, la montage, la campagne, le ciel et les étoiles par
exemple et un monde typiquement culturel composé d’artifices comme les maisons, les voitures,
les bouteilles en plastique.
Pourtant, la nature et le monde ne sont pas exactement distincts dans
la mesure où ils sont tous deux soumis aux lois de la Nature : gravité, inertie, cause et effet par
exemple.
Qu’un corps soit animé ou inanimé, il ne peut s’abstraire des lois de la nature.
Cette
idée implique une forme de déterminisme voire de fatalisme.
De plus, l’homme considère la
nature comme un objet de vénération tout en s’en détachant par la culture.
Il célèbre
constamment dans l’art sa beauté et sa parfaite organisation.
Ceci est exprimé par exemple par le
poème de Baudelaire, “Correspondance”, Les Fleurs du Mal.
“La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
fi
fi
Qui l’observent avec des regards familiers” [....]
Voyager et visiter des endroits peu fréquentés et peu exploités par l’homme constituent
également des rêves tel Christopher MacCandless dans le film Into the Wild réalisé par Sean Penn
en 2007, des lieux de ressources comme l’exprime Rousseau dans Les Rêveries du Promeneur
Solitaire, ou encore pour notre appétence pour les produits bio, les remèdes naturels ou encore
les personnes capables de spontanéité et d’honnêteté.
Peu importe le degré de développement
d’une société, l’homme entretient un rapport paradoxal à la nature qu’il rejette pour sa
grossièreté mais recherche tout de même pour son authenticité.
La nature est souvent divinisée et l’on lui attribue des intentions, ou une volonté.
Les
morales antiques associent la vertu à la recherche du bonheur.
La vertu implique de vivre en
accord avec la nature et développer pleinement sa propre nature.
Selon les stoïciens la nature (le
cosmos) est comparable à un grand être vivant, une totalité harmonieuse qui exclut le hasard.
Les
stoïciens distinguent ce qui ne dépend pas de nous (ordre de la nature) et ce qui dépend de nous
(notre pensée et notre volonté).
Le sage agit sur ce qui dépend de lui et renonce au désir de
modifier ce qui ne dépend pas de lui.
En effet, nous ne pouvons pas modifier le monde mais le
rapport que l’on possède avec la nature.
Par exemple, si nous lançons une flèche, le vent peut
modifier sa trajectoire.
Il dépend de nous de le prendre en compte.
Les stoïciens accordent une
très grande importance à la connaissance de la nature.
Ils établissent une théorie de la pensée
vraie.
Ils comparent la philosophie stoïcienne à un œuf : la logique est la coquille, la physique est
le blanc qui nourrit l’ensemble en disant le vrai et le jaune la morale.
La morale contient la vie et
répond à la question : « qu’est-ce qu’une vie réussie ? ».
Ainsi, les moyens d’accéder à
connaissance scientifique, la logique et la connaissance des lois de la physique permettent une
connaissance morale.
2.
La droite raison
La raison humaine en effet sert de guide à la connaissance et l’action en distinguant le vrai
du faux, le bien du mal.
Les lois de la nature ne concernent pas uniquement le domaine de la
science, elles recèlent également un modèle pour l’action droite et dictent le devoir moral des
hommes.
Selon Cicéron la droite raison est éternelle et immuable, elle sert de fondement à la
justice humaine.
Cicéron défend le caractère absolu de cette loi qui doit être découverte par la
raison.
La convention se distingue de la nature mais doit reposer sur cette dernière.
Ainsi la loi
naturelle est issue de la raison et commande les hommes.
La nature est gouvernée par un ordre
rationnel, qui sert de guide à nos actions, le Logos, fondement de toute théorie du droit.
Ainsi, la
nature peut être conçue comme une intelligence suprême qui dicte les actions humaines en
matière de devoir et de droit.
Or, ceci revient à attribuer des intentions à la nature, soutenir l’idée
d’une nalité naturelle.
Les moyens seraient alors au service des fins, des buts que la nature aurait
prescrits.
L’homme a donc le devoir de comprendre ce que la nature a voulu pour lui, quelle est sa
destination morale.
Or, la science, notamment la physique est investie dans la recherche des
causes qui expliquent les phénomènes naturels et cherche à dégager une loi à partir des faits
existants.
Il ne s’agirait plus alors de se concentrer sur la finalité mais sur les mécanismes à
l’oeuvre.
Comment alors concilier une conception scientifique et mécaniste avec l’idée d’une
puissance créatrice?
3.
Une conception scienti que de la nature:
La nature peut être définie comme l’ensemble des phénomènes qui obéissent à des lois
physiques universelles et nécessaires.
Par conséquent, la distinction entre un monde d’objets
naturels rationnels et nécessaires et un monde d’objets artificiels contingents et arbitraires fait
sens.
Descartes introduit le premier l’expression “lois de la Nature” dans Le Monde et imagine
“un nouveau monde”.
Descartes utilise donc une fiction d’un autre monde pour retracer sa
création.
De la même manière que le notre, Dieu a crée une matière qui remplit l’espace sans
créer de vide.
Cette matière est divisible en toutes les parties et toutes les figures que nous
pouvons imaginer et peut recevoir en chacune de ses parties n’importe quel mouvement.
Dieu
divise ensuite la matière en plusieurs parties qui se différencient par des mouvements à des
vitesses variables, et par ce procédé crée un chaos c’est à dire fixe des conditions initiales de
manière aléatoire, un hasard.
Par conséquent, Dieu laisse la nature agir selon ces lois qui vont
démêler ce chaos et organiser la réalité.
Dès lors, les mouvements de la matière ne dépendent
plus de Dieu mais de la Nature.
Procédant de Dieu, les Lois de la Nature sont universelles et se meuvent selon les
principes de la mécanique tout en étant validées par la métaphysique (Dieu).
Descartes définit la
Nature à partir de la géométrie, du mouvement et de l’action de Dieu.
La pensée de Descartes....
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