Grand oral mathématiques paracétamol
Publié le 19/06/2026
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«
INTRODUCTION (1 min +)
Je vais vous parler d'une question qui a probablement touché chacun d'entre vous à un
moment ou un autre.
Vous souffrez d'une migraine, d'une rage de dents, de douleurs
articulaires...
vous allez chercher un comprimé de paracétamol.
Vous ouvrez la boîte, vous
lisez la notice.
Et là , vous voyez écrit en gros caractères : « À renouveler au bout de 4 heures
minimum
Mais avez-vous jamais vraiment réfléchi à la raison de ce délai précis de 4 heures ? Pourquoi
pas 2 heures ? Pourquoi pas 6 heures ? Derrière ce simple conseil médical, il existe une
explication mathématique.
Et c'est exactement ce que je vais vous montrer aujourd'hui.
Alors comment expliquer scientifiquement pourquoi l'intervalle de temps minimal entre deux
prises de paracétamol est fixé à 4 heures ?
Pour répondre à cette question, je vais suivre une démarche en trois étapes.
D'abord, je vais
construire un modèle mathématique fondé sur des hypothèses et une loi chimique.
Ensuite, je
vais traduire ce modèle en suites récurrentes qui décrivent comment la concentration en
paracétamol évolue dans le sang au fil des prises successives.
Et enfin, j'analyserai la
convergence de ces suites ,leurs limites,
PARTIE 1 : CONSTRUIRE LE MODÈLE (3.30 min)
Pour construire un modèle scientifique qui décrit ce phénomène, je dois d'abord poser des
hypothèses claires.
Première hypothèse — hypothèse H1 : Je suppose que le volume de sang dans
l'organisme est constant.
Chez un adulte sain, nous avons environ 5 litres de sang.
Ce
volume peut varier légèrement avec l'hydratation, mais sur une période de quelques heures,
pendant un traitement de la douleur, on peut raisonnablement dire qu'il reste constant.
C'est
notre première simplification.
Deuxième hypothèse — hypothèse H2 : Je suppose que la molécule active du
paracétamol se trouve instantanément dans la circulation sanguine une fois qu'on l'a
avalée.
En réalité, l'absorption par voie orale prend entre 15 et 30 minutes, mais pour
simplifier notre modèle, on choisit de négliger ce délai et on consid_re que l’absorption est
casi immédiate
Maintenant, une fois que le paracétamol est dans le sang, l'organisme l'élimine
progressivement par un processus appelé la clairance.
C'est principalement le foie qui
métabolise la molécule.
Et c'est là qu'intervient la chimie.
Cette élimination
peut être définie avec une vitesse
v = −d[A]/dt = k · [A]
où [A] est la concentration en paracétamol, d[A]/dt est la dérivée temporelle, k est la
constante de vitesse, et le signe moins indique une disparition.
On peut résoudre cette équation différentielle de la forme y’(t)= ky si on multiplie par -1 on a
d[A]/dt =- k · [A], la solution est alors de la forme t= Cekt donc ici on a A = C · exp(−k · t)
Or pour t=0, A= A0 =C · exp(−k · 0) donc C=A0
Ainsi A = [A]₀ · exp(−k · t)
C'est une fonction exponentielle décroissante.
[A]₀ est la concentration immédiatement
après la prise.
il y a aussi un paramètre fondamental : le temps de demi-réaction, noté t₁/₂.
C'est le temps
qu'il faut pour que la concentration soit réduite de moitié.
Pour le paracétamol, ce temps est
d'environ 2 heures, soit 120 minutes.
Et il existe une relation simple qu’on utilise en chimie k = ln(2) / t₁/₂
mais on peut ici la démontrer : pour t1/2 on a A1/2 = A0/2 donc [A]₀ · exp(−k · t1/2) =A0/2, en
divisant par A0 de chaque coté on obtient exp(−k · t1/2) =1/2 en appliquant la fonction ln :
-kt1/2=ln(1/2) finalement vu que ln(1/2) =-ln(2) en divisant par -t 1/2 de chaque coté on a
k = ln(2)/ t1/2 = 0,693 / 120≈ 0,00578 min⁻¹
notre modèle théorique est donc prêt
Mais reste un problème central : si on reprend plusieurs paracétamol de suite, cela peut
s’avérer dangereux .On peut alors s’aider des suites pour modéliser cette accumulation
successive.
PARTIE 2 : TRADUIRE EN SUITES RÉCURRENTES (2 min s)
On sait qu’ après chaque prise, on ajoute une dose D il y a un maximum de concentration,
puis une décroissance exponentielle jusqu'à la prise suivante, où il y a un minimum, avant
que le maximum suivant n'apparaisse.
Notons :
• Un = la concentration maximale (immédiatement après la n-ème prise)
• Vn = la concentration minimale (juste avant la n-ème prise)
• Δt = l'intervalle de temps entre deux prises (par exemple, 4 heures = 240 minutes)
• D = la dose apportée à chaque prise (en mg/L)
On sait que pendant l'intervalle Δt entre deux prises, la concentration décroît
exponentiellement selon A(t) = [A]₀ · exp(−k · Δt).
Donc, le minimum Vn (juste avant la prise n) est relié au maximum Un (juste après la prise n)
par :
Vn =exp(−k · Δt) * Un car Pendant le temps Δt, la concentration décroît exponentiellement à
cause de l’élimination du médicament par le foie.
»
Appelons a = exp(−k · Δt).
C'est un nombre réel strictement entre 0 et 1, (justifier), il
correspond à la diminution de la concentration de médicament dans le sang.
Donc :
Vn = a · Un
Ensuite, quand on prend la dose n+1, on ajoute D à la concentration minimale Vn, c’est à ditre
ce qu’il reste du médiacment dans le sang de la prie précédente .
Le nouveau maximum Un+1
est donc :
Un+1 = Vn + D = a · Un + D c’est notre relation de récurrenceavec a = exp(−k · Δt) et 0 < a < 1.
C'est une suite arithmético-géométrique.
Pour la suite de la modélisation on a besoin de la limite lim(n+∞) Un .
On définie la fonction U(n) = a n + D ∀n ∈ 𝕟*
Un est monotone puisque 0 < a < 1 et n ∈ 𝕟* , et U(n) est une fonction affine donc Un est
décroissante .
De plus, Un est bornée, puisque 0 < an < 1 donc D < a n + D < 1 +D ainsi D
est le minimum de Un
On peut donc appliquer le théorème du point fixe :
lim(n+∞) Un = a · lim(n+∞) Un + D
En résolvant :
lim(n+∞) Un − a · lim(n+∞) Un = D
lim(n+∞) Un · (1 − a) = D
lim(n+∞) Un = D / (1 − a)
Et pour les minima, puisque v_n = a · u_n :
Vn → lim(n+∞) Vn = a · lim(n+∞) Un = a · D / (1 − a)
Les concentrations maximales et minimales convergent donc vers des limites définies
Maintenant, appliquons cela au paracétamol
PARTIE 3 : APPLICATION AU PARACÉTAMOL ET ANALYSE (3.20 s)*
Il faut savoir que le seuil de dangerosité pour la prise de paracétamol est 150 mg/L.
Si la
concentration reste constamment au-dessus de 150 mg/L pendant plus de 4h heures, il y a
risque d'accumulation toxique et de dommage hépatique.
Pour le paracétamol, nous avons :
• t₁/₂ = 120 minutes
• k ≈ 0,00578 min⁻¹
• pour chaque prise de 1000 mg, sachant qu’un adulte de 70kg a environ 5L de sang on a
D = 1000/5= 200 mg/L
Testons maintenant trois scénarios différents en modifiant Δt :
Scénario 1 : Intervalle Δt = 120 minutes (2 heures)
Avec Δt = 120 min :
a = exp(−0,00578 × 120) = exp(−0,6936) ≈ 0,5
Donc :
lim(n+∞) Un = 200 / (1 − 0,5) = 200 / 0,5 = 400 mg /L
lim(n+∞) Vn = 0,5 × 400 = 200 mg/L
Cela signifie que la concentration ne redescend jamais en dessous de 200 mg/L.
Et le
maximum atteint 400 mg/L, cela ne respecte pas la limite des 150mg/L
On considère alors dangereuse cette intervalle de 2h
Scénario 2 : Intervalle Δt = 240 minutes (4 heures)
Avec Δt = 240 min :
a = exp(−0,00578 × 240) = exp(−1,3863) ≈ 0,25
Donc :
lim(n+∞) Un = 200 / (1 − 0,25) = 200 / 0,75 ≈ 267 mg/L
lim(n+∞) Vn = 0,25 × 267 ≈ 67 mg/L
Le maximum converge vers 267 mg/L et le minimum vers 67 mg/L.
Crucialement, le
minimum est bien inférieur au seuil de 150 mg/L.
La concentration redescend en dessous
de ce seuil pendant une portion significative de l'intervalle de 4 heures.
Verdict pour le scénario 2 : SÛRE ET EFFICACE.
✓
Scénario 3 : Intervalle Δt = 480 minutes (8 heures)
Avec Δt = 480 min :
a = exp(−0,00578 × 480) = exp(−2,7726) ≈ 0,0625
Donc :
lim(n+∞) Un = 200 / (1 − 0,0625) = 200 / 0,9375 ≈ 213 mg/L
lim(n+∞) Vn = 0,0625 × 213 ≈ 13 mg/L
Le maximum converge vers 213 mg/L et le minimum vers 13 mg/L.
C'est très faible.
Il n'y a
pas de danger toxique puisque lim(n+∞) Vn inférieur ou égal 150 mg/L.
Cependant, pendant
la majorité du cycle de 8 heures, la concentration est extrêmement basse.
Le traitement
devient une succession de pics et de creux — du traitement par « à -coup ».
C'est pas le plus
efficace en cas de douleur persistante
Réponse à la problématique : L'intervalle de....
»
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