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Genre et représentations télévisuelles. Étude des représentations du féminin, de la féminité, et des rapports de domination au prisme du genre dans et véhiculés par l’émission de télé-réalité Les marseillais vs le reste du monde.

Publié le 09/12/2023

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« ________________________________________________________________________________ Genre et représentations télévisuelles.

Étude des représentations du féminin, de la féminité, et des rapports de domination au prisme du genre dans et véhiculés par l’émission de télé-réalité Les marseillais vs le reste du monde. ________________________________________________________________________________ Mémoire de master 1 en journalisme culturel Juin 2021 Directrice de mémoire : Aurélie Jeantet, sociologue, maîtresse de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle-Paris III et chercheuse au laboratoire CNRS CRESPPA. Université Sorbonne Nouvelle Départements Arts et médias 1 Table des matières Sommaire…………………………………………………………………………………..…………..…….p.2 Remerciements……………………………………………………………………………….……………...p.4 Introduction……………………………………………………………………………………..…………...p.5 Chapitre I – Cadre théorique : la télé-réalité.

Définition, évolution et présentation de l’émission Les marseillais vs le reste du monde I.

Définition………………………………………………………………………………………..p.9 II.

évolutions et caractéristiques actuelles ………………………………………………….…….p.10 III.Les marseillais vs le reste du monde………………………………………...……………..….p.12 1.Présentation……………………………………………………………………………………..p.12 2.

Rapports sociaux de sexe et sexualité, classe, race…………………………………………….p.15 Chapitre 2 : représentations et stéréotypes : construire le féminin dans « Les marseillais vs le reste du monde » I.

Performer le genre.

Cadre méthodologique et théorique……………………………………….p.18 1.

Cadre méthodologique de la recherche : présentation…………………………………….…...p.18 2.

Cadre théorique : genre et féminité…………………………………………………………….p.19 II.

Construire le féminin, personnages stéréotypés et cadre hétéronormé……………………….p.20 1.

Cadre théorique : le stéréotype…………………………………………………….…………...p.21 2.

Résultats de la recherche : des profils stéréotypés et reproductifs des stéréotypes de genre………………………………………………………………………………………………p.22 3.

Le cadre hétéro-normatif comme conducteur de stéréotypes………………………………….p.25 a.

La structure « familiale »……………………………………………………………………….p.26 b.

Représentations de la domesticité……………………………………………………………...p.26 c.

Séduction féminine, séduction passive.

« Séduisante mais pas séductrice »…………………...p.27 Chapitre 3.

Regarder le féminin : la fabrique des corps des candidates.

Le féminin et l’intime, hyper-sexualisation et mode quasi-pornographique I.

Filmer les candidates dans leur intimité………………………………………………………...p.29 II.

Séduisantes ou inexistantes, le corps désirable comme condition d’existence ………………..p.30 2 III.

Corps, représentation quasi pornographique et hypersexualisation du féminin……………....p.31 Chapitre 4 : Assujettissement féminin.

Surveillance des candidates et construction de la subordination féminine dans « Les marseillais vs le reste du monde » I. Subordination des candidates par réitération de la masculinité hégémonique et infantilisation……………………………...…………….………………………………………...p.33 II.

Sexe faible, sexe inférieur, sexe sacrifiable : construction des rapports de domination candidatscandidates par les mécanismes de la compétition………………………………………………...p.35 III.

Subordination des candidates par la structure hiérarchique du « jeu »……………………………………………………………………………………………..p.37 IV.

Féminin et construction du corps docile par les mécanismes de la surveillance / sanction normalisatrice……………………………………………………………………………………..p.38 V.

Rapports de séduction, rapports de prédation.

Corps docile et construction de la disponibilité sexuelle des candidates versus « bro code »……………………………………………………...p.40 Conclusion………………………………………………………………………………………………….p.43 Corpus………………………………………………………………………………………………………p.46 Bibliographie………………………………………………………………………………………………p.47 Annexes……………………………………………………………………………………………...……..p.52 3 Je tiens à remercier ma directrice de mémoire, Aurélie Jeantet, pour sa bienveillance et son accompagnement. Mes remerciements également à l’ensemble de l’équipe pédagogique du département Communication de l’université Sorbonne Nouvelle et du master Journalisme Culturel, pour leurs apports théoriques et méthodologiques précieux que j’ai pu réinvestir lors de la rédaction de ce mémoire. Je remercie aussi mes amies d’avoir bien voulu discuter avec moi de leur perception des émissions de télé-réalité, et plus particulièrement de celle des Marseillais vs le reste du monde au moment de sa diffusion. Je remercie enfin mes parents pour m’avoir encouragée et soutenue tout au long de la rédaction de ce mémoire. 4 Introduction « Le 26 avril 2001, une lame de fond a déferlé sur la France.

[…] Une soumission à la télésurveillance, une ode aux jeux du cirque.

[...] Nous entrons dans la société de contrôle du XXIe siècle, par la petite porte de M6 », écrivaient Noël Mamère et Patrick Farbiaz la même année.

1 20 ans plus tard, le 14 avril 2021, Benjamin Castaldi, l’ancien présentateur de l’émission, déclare : « Il y a un avant et un après Loft »2. Loft Story, émission de télé-réalité française qui se calque sur le modèle du programme Big Brother (1999, Pays-Bas) et considérée comme pionnière, met en scène le quotidien diffusé en direct d’individus enfermés dans une même maison et filmés en continu, sonnant la naissance d’un véritable phénomène de société.

En France, le début du millénaire voit ainsi apparaître Star Académie, Koh-Lanta, l’Île de la Tentation, Les princes puis Les princes et les princesses de l’amour, La villa des cœurs brisés, Pékin-Express, Les Anges, Top Chef, The Voice, L’amour est dans le près et tant d’autres.

De 2002 à 2004, on passe de 6 à 15 émissions, et, en 2020, ce sont 22 émissions de télé-réalité qui sont diffusées sur les chaînes M6, W9 (et autres chaînes du groupe M6) NRJ12, TFX, et TF1.3 En parallèle, un autre phénomène connaît une importante recrudescence : le féminisme.

À l’aune des mouvements #Metoo et #Balancetonporc, la parole se libère et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles s’institutionnalise (cellules de lutte contre les violences, législation condamnant le harcèlement de rue...).

Des thématiques telles que le plaisir féminin, « l’empowerment » ou la précarité menstruelle sont portées au débat public et l’engouement, l’implication du public se généralise au point que les marques s’en saisissent, jusqu’à donner naissance au « purplewashing » (« ensemble de pratiques de marketing qui visent à faire croire qu'une entreprise est féministe », LEJEUNE 2021) 1 2 3 5 Mamère, N., Farbiaz, P.

(2001).

La vie rêvée du loft.

France : Ramsay. « Un dîner presque parfait » (14/04/2021), « Spéciale 20 ans du Loft ». Calculs d’après https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27%C3%A9missions_de_t%C3%A9l%C3%A9r %C3%A9alit%C3%A9_en_France Depuis 20144, notamment, conformément à la délibération n° 2015-2 relative au respect des droits des femmes, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) stipule que les chaînes de télévision et de radio sont tenues de diffuser, chaque année : • « Des programmes et/ou sujets contribuant à la lutte contre les préjugés sexistes et les violences faites aux femmes […]. • Des programmes pouvant se prévaloir d’un caractère non stéréotypé : ont été acceptés à ce titre les programmes « jeunesse », de fiction - audiovisuelle et cinématographique - et de téléréalité.

» Pourtant, quand, en avril dernier, le quotidien d’information 20 minutes publie « génération Loana » - série d’articles au titre donné en référence à « la bimbo »5 emblématique du Loft, qui s’interroge en ces termes : «Vingt ans après « Loft Story », les candidates de téléréalité sont-elles toujours les ambassadrices du stéréotype de la bimbo hypersexualisée et sans cervelle ? » -, il note : « Les programmes de téléréalité sont toujours aussi sexistes depuis 20 ans.

» Le rapport sur l’état du sexisme en 2019 du Haut Conseil à l’Égalité publié en 2020 6 établit le même constat, statuant que : « La téléréalité est une grande pourvoyeuse de sexisme », soit d’une « idéologie qui repose sur l’idée que les femmes sont inférieures aux hommes.

» (Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances7). Ce mémoire de recherche est axé en particulier sur l’émission « Les marseillais vs le reste du monde » pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, son statut empruntant des éléments propres à la fois au « jeu aventure » et à « l’«émission de sociabilité quotidienne » (FRAU-MEIGS 2006), présentant donc des mécanismes d’exclusion inhérents à la fois à la compétition et aux enjeux de la sociabilité quotidienne (amitiés / inimitiés, enjeux de séduction...) permettait, à mon sens, de saisir un panorama élargi des mécanismes d’infériorisation à l’œuvre dans les émissions de télé-réalité. De plus, la séduction n’étant ainsi pas présentée comme enjeu, il semblait intéressant d’en étudier la construction et la manière dont celle-ci était envisagée dans le programme. 4 5 6 7 6 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000030317454 «La jeune femme a aussi marqué son époque et le monde de la téléréalité en personnifiant à la perfection la figure de la bimbo », Butel, P.

(04/06/21), « La téléréalité a 20 ans : Loana, Nabilla, Jessica, Manon, Jazz… L’image des candidates a-t-elle évolué ? », 20 Minutes. Résultats basés sur l’analyse d’un corpus de 3 émissions de télé-réalité (Les anges de la télé-réalité saison 11, Les marseillais vs le reste du monde saison 4 et Koh Lanta saison 20) https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/dossiers/sexisme-pas-notre-genre/vos-droits/ Ensuite, la présence des candidats starifiées de l’émission « Les marseillais », diffusée sur W9, pour représenter l’équipe des « marseillais », qui font figure d’emblèmes actuels de la téléréalité française, de « modèles de réussite » du genre, permettait de saisir les profils et qualités valorisés pour un.e candidat.e de télé-réalité non seulement au sein des émissions « Les marseillais vs le reste du monde » et « Les marseillais », mais aussi de manière plus large au sein de la téléréalité, voire du paysage télévisuel français. Le rapport du HCE (étudié à un stade déjà avancé de la recherche) ayant pris pour échantillon la saison 4 de l’émission « Les marseillais vs le reste du monde », ce mémoire de recherche s’est donc centré sur l’étude de la dernière saison (5) de l’émission. Les représentations ont-elles évoluées suite aux préconisations du HCE ? Si non, par quels procédés, mécanismes sont-elles ainsi « dénigrées », « infériorisées » ? Comment, par quelles voies est réalisée la reproduction des stéréotypes ? Quels seraient les rapports de domination établis et comment seraient-t-ils légitimés, normalisés bien qu’en décalage les objectifs affichés par le CSA ? Quelles sont les représentations du genre féminin et.... »

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