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Fiche de révision Le bonheur est-il préférable à la vérité

Publié le 22/04/2026

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« FICHE DE REVISION : LE BONHEUR EST-IL PREFERABLE A LA VERITE ? Définitions : Le bonheur est un état de satisfaction durable et complet de toutes nos inclinations.

On l’oppose à des satisfactions passagères telles que le sentiment de joie ou la sensation de plaisir car il est plus durable et plus complet.

Il s’obtient en effet sur un temps long et consiste en un contentement complet, non seulement du corps mais aussi de l’esprit. La vérité est une propriété du jugement qui consiste en l’adéquation de ce dernier avec la réalité ; un jugement est dit « vrai » si ce qu’il énonce est fidèle à la réalité.

Par exemple, l’énoncé « Il pleut » est vrai si et seulement si, dans les faits, il pleut.

On distingue la vérité de la réalité, qui est l’ensemble des choses qui sont, c’est-à-dire qui ont une existence objective et constatable.

La vérité, quant à elle, est toujours de l’ordre du discours prononcé sur la réalité. Problématisation : Réponse négative au sujet Réponse positive au sujet Problématique : Le bonheur est-il préférable à la vérité ? La connaissance de la vérité peut-elle nuire au bonheur ? La vérité augmente-t-elle le bonheur ou la réduit-t-elle ? La recherche du bonheur est-elle basée sur la vérité ? Bonheur et vérité sont-ils incompatibles ? La recherche de la vérité est-elle nécessaire au bonheur ? La vérité est-elle un obstacle au bonheur ? Peut-on être heureux en connaissant la vérité ? La recherche de la vérité ne fait-elle pas partie du bonheur ? Annonce de plan : Nous verrons dans un premier temps que… Nous montrerons cependant que… Nous soutiendrons enfin que… Plan possible : I- La pénibilité et la difficulté de la vérité compromettent le bonheur de l’homme : il faut la fuir pour être heureux. 1) Le bonheur se fonde sur l’oubli de la vérité dans le divertissement Si rechercher la vérité, c'est chercher à connaître la réalité qu'elle est, il faut aussi accepter ce qu'elle a de difficile à supporter : la mort, la misère et l'ignorance.

En effet, pour Pascal, l'homme est plein de défauts et de méchancetés ; il n'est qu'un atome minuscule au sein de l'univers qui ignore le sens de son existence et ce pourquoi il est fait.

Sa vie est en outre frappée de malheur : querelles, critiques, mort de proches.

Or, force est de constater que les hommes préfèrent occulter ces réalités qui les rendent malheureux.

Pour y parvenir, il se jette dans une agitation permanente que Pascal nomme le divertissement : il désigne toutes les activités qui détournent les hommes des sujets graves et sérieux et les empêchent de réfléchir sur eux-mêmes (ex : le jeu, la conversation, la chasse, la guerre, les occupations quotidiennes, le travail).

Pascal le décrit comme « des charges et des affaires qui les font tracasser sur la pointe du jour » (fragment 171, texte 2).

Ces multiples activités que nous croyons subir sont en fait un subtil moyen de nous occuper pour nous empêcher de penser à la réalité de notre condition : « Alors ils se verraient, ils penseraient à ce qu'ils sont, d'où ils viennent, où il vont » (Les Pensées de Pascal).

Les écrans comme la chasse illustre le mécanisme pervers du divertissement qui absorbe notre attention au point de nous faire oublier le réel (texte 3 et 4). Le bonheur humain se fonde donc sur l'oubli de la vérité : s'il n'était pas sans cesse diverti alors l'homme connaîtrait la vérité de sa condition et cela le rendrait profondément malheureux.

Pour Pascal, il faudrait pouvoir cesser ce divertissement et trouver dans le silence et le recueillement la présence de Dieu. 2) L’illusion est plus agréable que la vérité L'être humain est enclin à préférer l'illusion plutôt qu'à s'exposer à la vérité.

Cette dernière nous permet de projeter nos désirs sur la réalité.

Freud la définit comme une croyance dérivée de nos désirs : par l'illusion, nous produisons une image de la réalité dans laquelle nos désirs se trouvent réalisés et nous préférons cette version fausse à la réalité.

C'est ainsi que Freud analyse l’avis psychique du sujet humain qui préfère produire des jugements erronés sur luimême afin de se protéger.

Des mécanismes tels que le refoulement ou le déni lui permettent d'ignorer ces pulsions égoïstes et agressives que Freud nomme le « ça ».

Aussi demeure-t-il dans une vision tronquée/partielle de lui-même qui lui évite d'affronter ses pulsions inavouables.

La paix intérieure et le bonheur s'obtiennent donc en sacrifiant la vérité sur soi : pour être en paix avec soi, il faut se maintenir dans une vision flatteuse et illusoire de nousmêmes. 3) Dire la vérité nous expose au mépris et à la haine Contre un relativisme facile et confortable, la cohérence exige que lorsque nous connaissons la vérité, nous l'exposions avec franchise et courage ; cela nous expose à un danger ou en inconfort que nous préférons fuir.

En effet, dénoncer l'injustice ou la méchanceté d'un autre peut entraîner des conséquences négatives sur notre vie : la perte de biens matériels, d'une relation paisible avec les autres ou encore de notre réputation.

Pour toutes ces raisons, nous préférons souvent dissimuler la vérité et être indulgent avec les défauts des autres.

Dans La Cité de Dieu, Saint Augustin (texte 6) débusque que derrière cette apparente tolérance un calcul intéressé : c'est pour ne pas compromettre notre bonheur et notre vie que nous ne corrigeons pas autrui.

Or, « par charité » et en vue de les faire progresser, il faudrait avoir le courage de dire la vérité aux autres quand ils commettent l'injustice plutôt que privilégier notre tranquillité.

Cependant, cette fidélité à la vérité peut compromettre sérieusement notre bonheur.

C'est le cas de Thomas More (1478-1535), homme politique anglais qui s'opposa au divorce du roi Henri VIII et au schisme anglican avec l'Eglise catholique.

Il resta ferme dans la dénonciation de l'injustice du roi qui prétendait avoir tout pouvoir en matière religieuse et fut condamné à mort pour cela.

Le film « un homme pour l'éternité » (1966) montre comment il sacrifie sa vie et notamment son bonheur familial au profit de la vérité.

Ainsi, restez fidèle à la vérité peut nous éloigner du bonheur.

Pour préserver la tranquillité de notre existence et nos biens matériels, il est préférable de ne pas la dire. II- Un bonheur sans vérité est illusoire et la nature irrationnelle de l’homme exige qu’il préfère la vérité au bonheur. 1) Il vaut mieux souffrir pour connaître la vérité que demeurer dans l’ignorance Connaître la vérité c'est s'élever à la connaissance des causes des choses.

Face au réel, il y a 2 attitudes possibles : on restait aux apparences sensibles des choses (c'est-à-dire à ce qu'on voit et qu'on constate avec nos sens) ou bien chercher à connaître les causes.

Dans la République, livre VII, Platon montre l'imperfection qu'il y a à s'en tenir aux apparences.

Il développe ce qu'on appelle la théorie des Idées : au-delà des choses matérielles, toujours changeantes, il existe des réalités intelligibles immuables : les Idées (exemple : l'idée du beau, du juste, du stylo, du triangle…).

Ces Idées sont les modèles parfaits dont les objets du monde sensible ne sont que des copies imparfaites et seule la connaissance des Idées permet d'atteindre la vérité. Le prisonnier découvre que ce qu'il voyait dans la caverne n'est qu'une partie infime de la réalité.

En accédant au monde extérieur, il comprend d'où proviennent les ombres : elles sont le reflet de marionnettes qui sont elles-mêmes des copies d'objets réels existants au dehors. Enfin, il découvre que la cause ultime de tout ce qui est/existe, est le soleil.

L'allégorie de la caverne nous indique ainsi qu'il y a plus de perfection à connaître la vérité qu'a l'ignorer.

En effet, le prisonnier échappé éprouve une grande joie à comprendre le sens et la cause des ombres qu'il voyait dans la caverne.

Par contraste, la condition des prisonniers lui semble misérable et malheureuse : bien qu'ils ignorent leurs ignorances et n'en souffrent pas, leur vie est objectivement moins parfaite que celle du prisonnier échappé.

Même si l'accès à la vérité est douloureux et pénible et qu'il se solde par sa mise à mort, la connaissance est plus parfaite que ignorance. 2) Il vaut mieux être corrigé pour notre injustice qu’échapper à la punition par le mensonge Dans le cas d'une injustice ou d'une faute commise, il y a plus de biens à l'avouer qu'a la cacher.

Certes, la dissimuler par le mensonge peut nous tirer d'affaire ou nous obtenir des avantages plaisants sur le moment mais la conséquence sur notre âme est en réalité néfaste. Dans le Gorgias, Platon compare le vice de l'âme à la maladie du corps.

Lorsqu'on est malade, on va chez le médecin pour être soigné ; lorsque nous sommes injustes et vicieux, nous préférons au contraire ne pas soigner la « maladie » de notre âme.

Or, Platon montre que même si elle ne se voit pas.... »

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