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dissertation sur Manon lescaut première

Publié le 22/06/2026

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« V-Un roman moral : une dénonciation des égarements de la passion Quoique jugé « abominable » et qualifié de « fou » par Mathieu Marais dans sa correspondance, Manon Lescaut est pourtant présenté par son narrateur principal, Renoncour, comme une œuvre profondément morale.

En effet, à travers le récit d’une passion destructrice, le roman entend dénoncer les égarements du cœur humain.

Dès lors, il s’agit de montrer comment cette visée morale s’inscrit à la fois dans le projet même de l’œuvre et dans sa mise en récit.

En premier lieu, le roman se présente comme un exemplum dont la visée morale est d’éloigner le lecteur des dangers d’une passion libertine.

Dès l’ouverture, Des Grieux apparaît comme un héros négatif, une figure repoussante, sorte d’exemplum virtutis inversé. A - La portée didactique est dans le projet du roman : Le récit de Des Grieux s’inscrit dans une logique d’aveu et de pénitence.

Dès son entrée en scène, il adopte une posture de coupable « Je veux vous apprendre [...] mes désordres et mes plus honteuses faiblesses.

» C’est donc un roman moral dans lequel il s'agirait d'illustrer les conséquences néfastes d'une passion qui anéantit l'homme en le marginalisant d’abord pour ensuite le mener à la déchéance .

Cette intention morale est clairement annoncée dès l’Avis de l’auteur.

Renoncour invite le lecteur à considérer le destin du héros comme un contre-exemple édifiant « Le lecteur verra dans la conduite de M.

des Grieux un exemple terrible de la force des passions.

» La préface reprend ainsi l’idéal classique de « plaire et instruire », puisque « outre le plaisir d’une lecture agréable, on y trouvera peu d’événements qui ne puissent servir à l’instruction des mœurs ».

Prévost affirme même explicitement que « l’ouvrage entier est un traité de morale réduit agréablement en exercice ».

Toute la force du roman réside ainsi dans l’enseignement moral qu’il propose.

On peut lire ainsi dans la préface du rédacteur « c’est rendre service aux mœurs que de dévoiler les moyens qu’emploient ceux qui en ont de mauvaises pour corrompre ceux qui en ont de bonnes ».

Pour atteindre cet objectif, Prévost construit son récit comme une démonstration logique puisqu’il est dit « qu’il n’y a que l’expérience ou l’exemple qui puisse déterminer raisonnablement le penchant du cœur » : seule l’expérience ou l’exemple peuvent nous permettre de mieux nous connaître .

Il faudrait donc s’appuyer sur des exemples puisés du réel pour mener une réflexion efficace sur la vertu, idée que nous relevons dans cette réflexion « il ne reste donc que l’exemple qui puisse servir de règle à quantité de personne dans l’ exercice de la vertu » .

L’intrigue elle-même prend ainsi la forme d’une chute progressive. Les amants n’atteignent jamais le bonheur auquel ils aspirent ; la passion les entraîne, étape après étape, vers une dégradation croissante.

Dans la première partie du roman, les ruptures successives sont nombreuses : fuite amoureuse, rupture avec la famille, abandon du projet religieux.

Dans la seconde partie, l’intrigue s’oriente vers un dénouement à forte portée morale : le mariage devient impossible et la mort de Manon, soudaine et dépourvue de toute grandeur héroïque, prend une valeur symbolique.

Resté seul face à ses choix, Des Grieux interprète cette disparition comme une forme de châtiment divin. B- Cette portée morale est mise en pratique par.... »

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