Contrôle: la religion
Publié le 19/04/2026
Extrait du document
«
La Religion
Il s’agit en philosophie de définir ce qu’est la
religion.
On doit donc se demander quels
problèmes pose cette notion.
Nous avons terminé le cours sur la vérité par
Nietzsche et cette pensée scandaleuse : « Dieu
est mort ».
Scandaleuse parce qu’elle touche à ce
qu’il appelle une « idole » (Crépuscule des Idoles,
1888) : c’est-à-dire, une idole de la pensée ellemême, un résultat de la raison.
Ce qu’on peut
opposer à Nietzsche, c’est que, pour autant, la
réalité religieuse n’est pas expliquée.
Religion : religere (relier) : ce serait un
phénomène propre à la vie collective humaine.
Dès que des humains s’assemblent, il y a présence
du religieux.
« Il n’y a que comme ça qu’on peut
peut-être nous-mêmes, qu’on peut être enraciné,
grandir ».
Pour autant, une difficulté persiste : s’il est
convenable d’appeler religion ce sentiment
d’appartenance à soi et au monde, comment se
fait-il qu’il y ait plusieurs religions, et que dans
leur nombre, elles s’excluent elles-mêmes ?
Il y a un principe d’universalité (Saint-Esprit, pr
ex.) qui semble toutefois exclure les autres, en
tous cas dans les monothéismes (les polythéisme
étaient plus syncrétiques : ils se mixaient avec les
autres cultures plus facilement).
Est-ce que c’est
justement un lien avec la Raison, qui a produit ce
rapport entre le religieux et le vrai ?
« La religion est politique » ? : un fondement
théologico-politique, un lien avec le pouvoir, mais
il faut aussi pouvoir les distinguer.
Le phénomène religieux est à la fois différent et
associe à la question de la vérité et de la raison.
Il
se définit essentiellement par :
a– Un système cohérent de croyances, fondées sur
un dogme et généralement sur une église qui est
dépositaire du corps de doctrines
b– Une forme de croyance spécifique : la foi.
La foi
suppose un autre type de vérité
→ Blaise Pascal, Pensées : ≪ Le cœur a ses
raisons que la raison ignore ≫.
Vérité de cœur et
non de raison, elle met en question la recherche
d'un fondement rationnel dans le vrai et dans le
monde conçu comme totalité.
C'est pourquoi la foi
a un caractère absolu : nous ne croyons pas en
fonction d'un rapport au monde ou d'un système
de preuves, nous croyons en vertu d'une évidence
propre et interne à la pensée.
c– Un rapport complet au monde : la divinite
exprime aussi bien ce qu'est le monde et ce que
l'on doit en faire, la place que l'homme trouve
dans le Tout, unifie sous le concept de Dieu.
I – La foi n'est pas une croyance comme une
autre
a) Les religions prescrivent un ordre : le
sacre et le profane
Entre raison et croyance, la question du religieux
pose le probleme de la constitution de cet objet
specifique de la pensee qu'est Dieu.
Les
premieres formes de religiosites se basent sur un
caractere commun a toute forme de religiosite : le
culte, les rituels.
Mais sa forme premiere est donc
relative a
la mythologie.
Il s'agit d'abord de montrer que mythologies ou
religions ont en commun la coherence et la
fonction de description du monde et de dotation
de sens.
Religions ou mythologie ont pour
fonction de stabiliser l'ordre du monde et la
pratique humaine : des mythologies anciennes,
comme le recit de Gilgamesh ou les cultes
nordiques ont pour fonction d'etablir des modes
d'actions, des interdits, prescrit par le caractere
sacre ou profane et lieux, de temps, d'actions, qui
renforcent la structure sociale et la justice des
hommes.
En ce sens, on trouve encore aujourd'hui
des mythologies dans le monde moderne, ou
conservees dans des cultures qui n'ont pas
developpe de religion monotheistes.
C'est
remarquable par le fait des syncretismes : a
Madagascar, la religion chretienne s'est « mixee »
avec les pratiques vaudou.
Dans nos contrees, les
croyances en des Saints patrons s'est ancree sur
l'origine paiennes des fonds baptismaux.
C'est
bien par l'effet de ces syncretismes que l'on peut
remarque un caractere commun du phenomene
religieux, peu importe ses formes.
b) Les religions ne sont pas des croyances
comme les autres
Ce qui fait du religieux un phénomène spécifique,
c'est son ancrage dans la vie.
N'importe quelle
croyance peut-elle être une religion ? Nous
pouvons affirmer que non : je peux prétendre
croire au Dieu spaghetti : constituer un système
de croyances et une église.
Cela a été fait par
plaisanterie.
Mais on sent bien que la relation a cette croyance,
par trop ≪ rationnelle ≫, ne suffit pas pour
constituer une foi.
Il faut à la foi un sentiment
intérieure qui est caractéristique de la recherche
d'un sens du monde.
De plus, on peut distinguer
ici foi et raison en ce sens que la foi se passe de
preuves mais relève d'une forme de mystère.
c) Le sentiment du religieux regarde la
question de la justice
Si on fait abstraction des dogmes, on est conduit à
penser la fonction de la religiosité comme
commandant les rapports que l’homme entretient
avec le monde et ses semblables.
C’est le
spirituel qui enveloppe la religion : peu
importe le dogme que l’on adopte, révélation,
déisme (Voltaire, Rousseau, l’idée de....
»
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