Commentaire composé rédigé : Bérénice p.239
Publié le 14/03/2026
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Commentaire composé rédigé : Bérénice p.239
Dans la tragédie Bérénice, écrite en 1670, Jean Racine met en scène la séparation
amoureuse entre Titus, empereur de Rome, et Bérénice, reine étrangère qu’il aime mais qu’il ne
peut épouser pour des raisons politiques.
Dans cette scène finale, Bérénice prend elle-même la
décision de partir et adresse un dernier adieu à Titus puis à Antiochus.
Par la dignité de sa parole et
la noblesse de son renoncement, elle transforme la rupture en geste héroïque.
Cette tirade constitue
ainsi un moment d’une grande intensité tragique.
Dès lors, nous nous demandons comment Racine
fait de cet adieu une scène à la fois tragique et profondément amoureuse.
Après avoir vu que ce
passage constitue une scène d’adieu majestueuse et noble, nous montrerons qu’il s’agit également
d’une ultime et sublime preuve d’amour.
D’emblée, Jean Racine nous propose une tirade de Bérénice qui prend la forme d’un adieu
solennel et où la reine se retire avec dignité.
Dès le premier vers, l’héroïne adopte une posture
d’humilité : « Bérénice, Seigneur, ne vaut point tant d’alarmes » (v.1).
Le fait de parler d’ellemême à la troisième personne révèle une certaine distanciation : Bérénice semble déjà se détacher
de son identité et de la situation.
De plus, l’emploi de la négation « ne …point » souligne sa
modestie et sa retenue : elle refuse d’apparaître comme la cause du trouble politique.
La tragédie
prend ensuite une dimension universelle grâce à l’hyperbole :« l’univers malheureux » (v.2).
Par
cette amplification, Racine donne à la situation une portée bien plus large que celle d’un simple
drame amoureux.
L’amour entre Titus et Bérénice risque d’affecter l’équilibre du monde romain
entier : la séparation devient donc une nécessité politique et Bérénice fait partie de la solution.
Sans
compter que l’usage du verbe « veux » au présent d’énonciation au v.8 et « couronner » au v.9 met
la lumière sur la majesté de Bérénice.
En aucun cas, elle acceptera de partir la tête baissée.
De surcroit, le dramaturge laisse transparaitre une séparation /rupture irréversible.
D’abord,
il insiste à préciser la durée de leur relation usant du complément circonstanciel : « depuis cinq ans
jusqu’à ce dernier jour » afin de montrer la constance et la fidélité de son amour.
Cette évocation
du temps passé renforce le pathétique de la scène, car elle met en évidence la brutalité de la rupture.
Le moment de l’adieu est ensuite exprimé dans une formule concise : « Adieu, Seigneur, régnez : je
ne vous verrai plus.
» La juxtaposition de propositions brèves traduit la fermeté de la décision de
Bérénice.
L’impératif « régnez » rappelle le devoir impérial de Titus : elle reconnaît explicitement
que la raison d’État doit l’emporter sur l’amour.
Le vers 20 met en valeur cette irréversibilité, la
décision est irrévocable : « Ne suivez point mes pas », cela fait écho avec la négation du premier
vers.
Bérénice est résolue à ne pas frémir, ou faiblir dès le début, elle quitte Titus et Antiochus.
Finalement, la structure même de la scène renforce l’impression d’un adieu progressif, mais
aussi théâtral.
Bérénice s’adresse successivement à Titus, puis à Antiochus, avant de revenir vers
Titus.
Cette multiplication des adresses donne l’impression que l’héroïne se détache peu à peu de
chacun des personnages avant de quitter définitivement la scène.
La dimension tragique de cet
adieu culmine dans la sobriété de la dernière formule : « Pour la dernière fois, adieu, Seigneur.
» La
simplicité de cette phrase, dépourvue d’emphase, crée une émotion intense.
Racine privilégie ici la
retenue tragique, caractéristique de son théâtre : la douleur s’exprime dans la maîtrise et la dignité.
Ainsi, cette tirade constitue une scène d’adieu particulièrement solennelle, où la grandeur morale de
Bérénice apparaît dans sa capacité à accepter la séparation.
Cependant, cet adieu ne constitue pas seulement une séparation.
En renonçant
volontairement à Titus, Bérénice exprime en réalité la forme la plus noble et la plus profonde de
l’amour.
Racine nous propose dans cette scène une ultime et sublime preuve d’amour à travers une
séparation irréversible.
Si Bérénice accepte de partir, ce n’est pas par indifférence mais au contraire
par amour.
Donc, nous assistons à une affirmation d’un amour sincère et fidèle.
« Vous avoir
assuré d’un véritable amour ».
L’adjectif épithète « véritable » insiste....
»
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