Commentaire compose L'Aveu Princesse de Cleves
Publié le 12/02/2026
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Objet d’étude : Le roman
La Princesse de Clèves - Etude de l’extrait L’aveu
Introduction (dont contextualisation rapide de l’extrait) - Madame de La Fayette publie en
1678 La Princesse de Clèves, un roman historique qui se déroule au XVIème siècle à la cour du
roi Henri II puis de François II.
Mademoiselle de Chartres a fait un mariage de raison avec le
Prince de Clèves, fruit de son éducation vertueuse et exemplaire mais lors d’un bal, elle fait la
rencontre du Duc de Nemours dont elle tombe amoureuse.
La jeune femme combat sa passion
du mieux possible mais finit par avouer ses sentiments à son mari.
En quoi cette scène d’aveu montre-t-elle que Mme de la Fayette est une moraliste ?
Identification des mouvements (annonce du plan linéaire) - Nous identifions trois temps forts
dans cet extrait.
L’aveu de la Princesse de Clèves (s’étend de “Eh bien” à “si vous pouvez”), le
récit de la réaction de Monsieur de Clèves (“Monsieur de Clèves était demeuré” à “en la
relevant”) et la réponse du mari (“Ayez pitié” à la fin du texte, “à son mari”).
Par bonheur, cela
concorde avec le découpage des paragraphes !
La princesse de Clèves, Quantin, 1878
1
I.
L’aveu singulier de la princesse
☞ Une teinte héroïque
Cette scène romanesque est un moment critique du roman où la Princesse de Clèves reconnaît
à son mari l’amour qu’elle porte à un autre homme après qu’il l’ait exhortée à le faire comme
l’indiquent les tout premiers mots du texte : “Eh bien, Monsieur” que l’on devine être une
réponse aux questionnements du mari.
L’aveu de la princesse fait office de fait exceptionnel,
comme le souligne le champ lexical de l’héroïsme “force”, “périls”, “nulle marque de faiblesse”,
“dangereux”...
De plus, elle s’oppose au reste de ses pairs du même âge, à la Cour, mais
concède qu’un garde-fou tel que madame de Chartres pour la chaperonner lui aurait évité cette
mauvaise posture, soulignant sa passivité et son innocence face à l’Amour.
Par sa construction en chiasme, la phrase “Je vous demande mille pardons, si j’ai des
sentiments qui vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions” évoque
les héros cornéliens, confrontés à choisir entre amour et devoir.
Mme de La Fayette met en
scène une princesse héroïque qui brave les conventions religieuses et sociales (le tabou de
l’adultère) et ses propres limites morales pour faire une révélation pleine de sincérité et de
noblesse.
C’est moins le signe d’une certaine modernité que d’une aventure épique.
Cette
évocation pudique de ses pensées adultères correspond aux bienséances requises au
XVIIIème siècle.
☞ Coupable ou victime ?
Dès le début de son discours, avant même l’aveu de son mal, la Princesse souligne le caractère
unique de son action “je vais vous faire un aveu que l’on n’a jamais fait à son mari” et plus loin,
“il faut avoir plus d’amitié et d’estime pour un mari que l’on en a jamais eu” ; elle exprime aussi
qu’elle est dépendante de quelque chose qui est né en elle contre sa volonté “l’innocence (..) de
ma conduite” et précise qu’elle n’a pas fauté “l’innocence de ma conduite”, “nulle marque de
faiblesse”.
De fait, elle s’érige en modèle de vertu et l’on remarque un décalage entre le degré
de culpabilité qui la ronge et la gravité relative de sa faute.
Avec l’emploi du terme “jetant”, une
teinte tragique est donnée à la scène car la jeune femme adopte une posture de soumission
sinon d’infériorité envers monsieur de Clèves et on ne sait pas bien si cette dernièe est
coupable d’une faute ou victime d’une tragédie.
Enfin, l’emploi des impératifs “songez”,
“conduisez”, “ayez”, “aimez” en fin de paragraphe renverse quelque peu la situation : cela
indique un contrôle du dénouement et ne laisse pas beaucoup d’autre choix au mari que de la
pardonner (“si vous pouvez” est quasi un challenge qui lui est lancé !).
En somme, elle capte la
bienveillance de son bon-mari en donnant une image positive (honnête) d’elle-même et en
invoquant des circonstances atténuantes (sa mère, son âge, sa punition - être écartée de la
cour).
2
La princesse de Clèves, film de Jean Delannoy, 1961
☞ Un discours de défense
L’aveu n’est seulement évoqué à la ligne 8 dans une tournure euphémisante et métonymique
pour désigner son amant, “si j’ai des sentiments qui vous déplaisent”.
A noter la litote ! De plus,
les “mille pardons” qu’elle demande (tournure hyperbolique comme pour faire enfler le péché
qui est à pardonner) sont attachés à un “si”, indiquant qu’elle souhaite racheter davantage la
peine qu’elle a faite à son époux plutôt que les sentiments amoureux qui la rongent.
Cette
tournure nuancée s’oppose à la forme hyperbolique et superlative “plus d’amitié et d’estime que
l’on en a jamais eu” qui pourtant, dénote un sentiment plus faible, à savoir l’admiration et la
tendre (mais platonique) affection portée au mari.
Elle réussit la prouesse de confesser
l’adultère sans l’exprimer.
Elle tourne autour de ce mot tabou et le discours, grâce à la
rhétorique, devient un texte de défense davantage que l’expression d’une culpabilité.
Ce qui
peut donner l’impression de n'être que l’illusion de sentiments vertueux s’inscrit dans le goût de
la Préciosité pour les énigmes qui a profondément influencé Mme de La Fayette.
Elle propose,
telle une mondaine, une énigme à monsieur de Clèves qui se prête au jeu…
II.
La réaction de monsieur de Clèves
☞ Une teinte tragique
Ici, c’est le champ lexical de la douleur qui prédomine : “demeuré”, “la tête appuyée sur ses
mains”, “larmes”, “mourir de douleur”.
La gestuelle est quasi théâtralisée “l’embrassant en la
relevant”.
Les prises de parole des personnages....
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