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« Ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie : il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie ». Jean Racine, préface de Bérénice En vous référant à Bérénice expliquez ce qu'il fat entendre par « tristesse majestueuse ».

Publié le 02/12/2021

Extrait du document

Ci-dessous un extrait traitant le sujet : « Ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie : il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie ». Jean Racine, préface de Bérénice En vous référant à Bérénice expliquez ce qu'il fat entendre par « tristesse majestueuse ».. Ce document contient 1 mots soit pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format PDF sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en: Echange.


 

 

 La tragédie est définie comme une œuvre dramatique souvent portée au théâtre où les actions présentent un caractère passionnel et se terminent généralement mal. Certaines personnes pensent que pour qu’une œuvre soit qualifiée de tragique, il nécessite la mort d’un des héros à la fin. Cependant, Jean Racine affirme dans la préface de sa pièce Bérénice : « Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une tragédie : il suffit que l’action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie «. Selon lui une pièce peut être considérée comme tragique sans le décès d’un personnage, le seul fait que l’émotion soit assez forte permet de rendre une scène dramatique. Peut-on parler de « tristesse majestueuse « sans qu’il y ait de morts ? C’est ce que nous allons tenter d’expliquer en démontrant l’amour qui est impossible entre les personnages, ainsi que la souffrance que les héros subissent tout au long de la pièce.

 

 

    L’amour des personnages est impossible. C’est un triangle amoureux, Bérénice et Titus s’aiment, Antiochus aime Bérénice. Bérénice a suivi Titus jusqu’à Rome, par amour et Antiochus, souffrant de l’absence de Bérénice s’installa aussi à Rome. En restant proche du couple il se créa un rôle de confident, devenant ainsi le meilleur ami de Titus et de Bérénice. Ces derniers font souffrir Antiochus involontairement en lui expliquant l’amour, la passion qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Bérénice dit à Antiochus : « Cent fois je me suis fait une douceur extrême / D’entretenir Titus dans un autre lui-même. « (I, 4, v. 271-272). Cette déclaration fait mal à Antiochus, qui se rend compte le désir qu’elle porte pour Titus, et qu’il n’aura jamais la chance de goûter. Bérénice et Titus, eux, sont contraint de se séparer pour une raison extérieure à l’amour. Après la mort de Vespasien, Titus est nommé empereur de Rome. Bérénice et Titus voulaient célébrer leur hymen, cependant le peuple n’approuve pas le mariage avec une non romaine. Titus choisit donc son titre d’empereur et compromet son amour avec Bérénice. Mais il souffre énormément car il aime quand même Bérénice et doit vivre sa gloire avec l’amour impossible qu’il porte pour elle. Il déclare donc : « Ah ! Rome ! Ah Bérénice ! Ah ! prince malheureux ! / Pourquoi suis-je empereur ? Pourquoi suis-je amoureux ? « (IV, 6, v. 1225-1226). On voit bien le désespoir de Titus qui doit régner sans pouvoir se marier avec Bérénice. Bérénice, quant à elle, doit se soumettre au choix de Titus. Elle attend sa réponse avec inquiétude. Lorsqu’elle apprend que Titus à choisit l’empire, elle doute de l’amour qu’il prétendait lui porter. Elle tombe dans le désespoir et la tristesse, elle n’imagine pas un monde sans lui. On le constate lorsqu’elle dit : « Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous, / Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? / Que le jour recommence et que le jour finisse / Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice, / Sans que tout le jour je puisse voir Titus ? « (IV, 5, v. 1113-1117).

On en conclue donc qu’aucun amour n’aboutit : Antiochus restera toujours un ami, alors que Titus et Bérénice sont contraint de se séparer malgré leur amour passionné. Aucun ne trouvera le bonheur, ils vivront tous avec la souffrance de ne pas se retrouver avec l’être aimé. 

 

    Les héros souffrent tout au long du récit. Antiochus et Bérénice attendent toujours la décision de Titus qui change perpétuellement au cours de l’œuvre. L’évolution de la pièce tient au choix que Titus va faire. En effet, au début, Antiochus décide de retourner en Syrie après avoir entendu parler de l’hymen entre Bérénice et Titus. Mais lorsque Titus lui apprend qu’il ne veut plus se marier, et qu’il le charge de le dire à Bérénice, Antiochus est plein d’espoir. Il se dit que peut-être Bérénice trouvera réconfort dans ses bras, mais il se fait rejeter une nouvelle fois et Bérénice pense même qu’il a inventé cette histoire par pure jalousie. Antiochus se sent insulté, et devient presque dépressif. Il dit à Arsace : « Avec quelle injustice et quelle indignité / Elle doute à mes yeux de ma sincérité ! / Titus l’aime, dit-elle, et moi je l’ai trahie. / L’ingrate ! M’accuser de cette perfidie ! « (III, 4, v. 933-936). Bérénice, quant à elle, pense que Titus va la demander en mariage, ce qui fait d’elle la femme la plus heureuse du monde. Les nombreux changements de décisions dont Titus fait part entraîne Bérénice dans des états de grande joie ou de profonde tristesse.  A la fin, elle va même jusqu’à penser au suicide. En apprenant cela, Titus veut aussi mettre fin à ses jours. Dans le désespoir, Antiochus l’envisage aussi. C’est Bérénice qui, à la fin, prend conscience que la mort n’est pas une solution, lorsqu’elle dit : « Arrêtez, arrêtez. Princes trop généreux, / En quelle extrémité me jetez-vous tous deux ! […] Je ne vois que des pleurs, et je n’entends parler / Que de trouble, d’horreurs, de sang prêt à couler. « 

(V, 7, v. 1485-1490). Elle décide de mettre fin aux relations qu’elle entretien : avec Titus sachant que c’est un amour impossible, et Antiochus sachant que ce ne sera jamais plus que de l’amitié. La séparation peut rendre cette intense souffrance pire que la mort décrite dans les ouvrages dramatique. En effet, lorsque l’on meurt, la souffrance s’arrête, ici les personnages sont contraints de la subir et de la supporter tout au long de leur vie.

 

 

 

    En conclusion, le fait que les héros vivent un amour impossible et sont contraints de se séparer rend la pièce d’une tristesse majestueuse. S’ils avaient mis fin à leurs jours, cette tristesse se serait arrêter, mais en prenant la décision de se séparer, ils doivent supporter une souffrance intense et intolérable qui va les hanter tout au long de leur vie. Mais la souffrance de l’amour ne s’atténue-t-elle pas avec le temps et peut-elle laisser place à un autre amour aussi passionné ?

 

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