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Article le "FANATISME" de Voltaire (Dictionnaire philosophique)

Publié le 09/12/2021

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Le Dictionnaire philosophique est sans doute l'un des ouvrages philosophiques les plus importants que Voltaire ait écrits. Le choix de la formule était heureux : ce Dictionnaire portatif, par sa maniabilité et la facilité de sa diffusion, rendait en effet l'arme du polémiste d'autant plus efficace et en étendait la portée. Voltaire y a exprimé l'essentiel de sa critique sociale, politique, religieuse, et, dans cet article qui fustige le fanatisme, il reprend une lutte qu'il n'a jamais cessé de mener contre ce qu'il considère comme le plus absurde et le plus néfaste dans une société : l'intolérance. A côté de cette violente critique nous découvrons l'optimisme de l'auteur, sa confiance dans la raison et en définitive dans l'homme. Nous pouvons toutefois nous demander si cette confiance, assez générale au xvme siècle, n'était pas excessive.

« INTRODUCTION Le Dictionnaire philosophique est sans doute l'un des ouvrages philosophiques les plus importants que Voltaire ait écrits.

Le choix de la formule était heureux : ce Dictionnaire portatif, par sa maniabilité et la facilité de sa diffusion, rendait en effet l'arme du polémiste d'autant plus efficace et en étendait la portée.

Voltaire y a exprimé l'essentielde sa critique sociale, politique, religieuse, et, dans cet article qui fustige le fanatisme, il reprend une lutte qu'il n'ajamais cessé de mener contre ce qu'il considère comme le plus absurde et le plus néfaste dans une société :l'intolérance.

A côté de cette violente critique nous découvrons l'optimisme de l'auteur, sa confiance dans la raisonet en définitive dans l'homme.

Nous pouvons toutefois nous demander si cette confiance, assez générale au xvm e siècle, n'était pas excessive. I.

VOLTAIRE ET LE FANATISME Une définition.

Avec la clarté qui le caractérise et ce don de l'image qui rend ses démonstrations si probantes, Voltaire analyse d'abord le fanatisme et justifie d'avance sa critique dans la définition à laquelle cette analyse toutnaturellement le conduit. La superstition {folie dans le sens de déraison) est ennemie de l'homme.

Le fanatisme l'est doublement : non seulement il le corrompt, mais il corrompt ses rapports avec ses semblables (« celui qui soutient sa folie par lemeurtre »). Il s'agit de l'ennemi par excellence de l'être, de la vie ; c'est une maladie grave, presque incurable (« épidémique »,« peste », « accès de rage »). Voltaire en donne la preuve par l'étude d'un cas typique : les convulsionnaires.

Ce choix, comme le terme même desuperstition qui apparaissait dès la première ligne, montre déjà que Voltaire rend par-dessus tout la religionresponsable de ce dérèglement. La recherche d'un remède, les faux remèdes.

La recherche d'une prescription contre cette dangereuse maladie nous le confirme.

En feignant adroitement de considérer un instant la religion comme remède possible, Voltaire nousfait un de ses clins d'œil habituels et l'ironie qui préside au répertoire des crimes bibliques — Aod, Judith, Samuel —présentés comme des faits divers, et à la vertueuse indignation qui suit, fait encore ressortir la vanité de cettereligion.

Elle est en contradiction avec elle-même car son histoire n'est justement qu'une succession d'actes defanatisme et elle se propose comme remède pour une maladie dont elle est elle-même la cause.

Si Voltaire se tournevers les lois pour y chercher un remède possible, c'est encore par ruse, pour avoir l'occasion d'accuser une fois deplus la religion, puisqu'elle empêche de les entendre, emplissant ses disciples de vanité et de satisfaction de soi («l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois »). Le vrai remède.

C'est l'esprit philosophique qui constitue la seule arme efficace contre cette « peste des âmes ». Voltaire ne le définit pas mais nous savons ce que cette étiquette recouvre d'ardeur à combattre le principed'autorité.

« Le philosophe, dit Y Encyclopédie, n'admet rien sans preuve ; il n'acquiesce point à des notions trompeuses ; il pose exactement les limites du certain, du probable et du douteux.

» C'est cet esprit critiques'exerçant dans tous les domaines qui rend tolérant, fraternel et qui peut seul garantir le bonheur et la paix dans lemeilleur des mondes possible. II.

DANS QUELLE MESURE PEUT-ON PARTAGER LA CONFIANCE DE VOLTAIRE ? On aimerait pouvoir partager la confiance de Voltaire en la raison, sa foi dans l'homme.

C'est d'ailleurs cetteconfiance et cette foi qui donnent à son œuvre la seule chaleur qu'elle possède. ROUSSEAU 93 Les accents bouleversants de ses lettres, comme ceux de ses appels en faveur des Calas, Sirven, Lally-Tollendal,victimes du fanatisme, en sont la preuve. Encore faudrait-il que les hommes soient des hommes éclairés, doués d'intelligence, de culture, informés de tout, etsuffisamment forts moralement pour résister aux séductions de l'intérêt et de Pégoïsme.

Voltaire lui-même refusaitau commun des hommes la possibilité d'accéder à cette « lumière » de l'esprit philosophique puisqu'il recommandaitde ne pas enlever au peuple la religion, garante d'un certain ordre.

Ne fit-il pas construire une église à Ferney pourses paysans ? Sa confiance dans l'homme était donc sélective et si la raison n'est que l'apanage d'une élite, elleporte en elle ses limites et celles de son action. CONCLUSION L'histoire est jalonnée d'événements qui, du fait divers aux guerres mondiales, confirment le scepticisme de Voltaire,scepticisme qui, s'il ne se montre pas dans cet article du Dictionnaire, se fait jour dans son action personnelle etdans les faits de sa vie. Nous pouvons donc partager avec enthousiasme la dévotion de Voltaire pour la raison mais non la confianceutopique qu'il met dans les possibilités de son action.. »

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