Databac

analyse lineaire manon lescaut la mort de Manon

Publié le 26/04/2026

Extrait du document

« Premier mouvement : Annoncer un récit d’une mort extraordinaire Pardonnez, si j'achève en peu de mots un récit qui me tue.

Je vous raconte un malheur qui n'eut jamais d'exemple.

Toute ma vie est destinée à le pleurer.

Mais, quoique je le porte sans cesse dans ma mémoire, mon âme semble reculer d'horreur, chaque fois que j'entreprends de l'exprimer. Premier mouvement : Annoncer un récit d’une mort extraordinaire Pardonnez, si j'achève en peu de mots un récit qui me tue.

Je vous raconte un malheur qui n'eut jamais d'exemple.

Toute ma vie est destinée à le pleurer.

Mais, quoique je le porte sans cesse dans ma mémoire, mon âme semble reculer d'horreur, chaque fois que j'entreprends de l'exprimer. 1) Raconter à M.

de Renoncour • L’impératif « pardonnez » est une marque de politesse : Des Grieux s’adresse à M.

de Renoncour avec courtoisie et une certaine pudeur. • Le CC de manière « en peu de mots » annonce qu’il ne va pas raconter longuement ce qui est difficile à raconter. ⇨ Une certaine retenue lui permet de confier ses malheurs, il se permet l’épanchement : c’est en fait un événement terrible pour lui. Premier mouvement : Annoncer un récit d’une mort extraordinaire Pardonnez, si j'achève en peu de mots un récit qui me tue.

Je vous raconte un malheur qui n'eut jamais d'exemple.

Toute ma vie est destinée à le pleurer.

Mais, quoique je le porte sans cesse dans ma mémoire, mon âme semble reculer d'horreur, chaque fois que j'entreprends de l'exprimer. 2) Un événement qui est pire que la mort à ses yeux • Hyperbole (figure d’exagération) : « qui me tue » il ne meurt pas vraiment.

La première personne du singulier le met lui en position de héros tragique. • Cette première personne est aussi un possessif « toute ma vie » avec le déterminant indéfini est totalisant. • Le jeu d’opposition (antithèse) « tue … vie » : il est mort parce que sa vie est devenue une longue lamentation. • On entend le mot « destin » derrière l’adjectif « destinée à pleurer » son avenir est tragique : une vie peutêtre pire que la mort. ⇨ Cette phrase courte, percutante, nous invite à plaindre le héros : le registre pathétique qui est sobre, mais fait allusion au genre tragique. Premier mouvement : Annoncer un récit d’une mort extraordinaire Pardonnez, si j'achève en peu de mots un récit qui me tue.

Je vous raconte un malheur qui n'eut jamais d'exemple.

Toute ma vie est destinée à le pleurer.

Mais, quoique je le porte sans cesse dans ma mémoire, mon âme semble reculer d'horreur, chaque fois que j'entreprends de l'exprimer. 3) Une douleur qui justifie une difficulté à exprimer • Lien logique de concession « Mais quoique » exprime la difficulté de traduire en mots ce qu’il a en mémoire. • Le CC de manière « sans cesse » fait de cet événement un souvenir qu’il ressasse. • La métaphore « Mon âme recule d’horreur » : Des Grieux compare son âme à une personne paralysée par la peur. • L’adjectif « horreur » mêle la terreur et la pitié typiques de la tragédie. • Le préfixe « ex » dans le verbe « exprimer » : Des Grieux tente d’extérioriser son expérience pour que nous la comprenions. Transition Maintenant que Des Grieux a annoncé un récit difficile à faire car extrêmement douloureux, il va entreprendre de le faire devant nous.

Cette agonie va se faire en plusieurs étapes qui vont se dérouler sous nos yeux. Deuxième mouvement : Raconter une agonie pathétique Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit.

Je croyais ma chère maîtresse endormie et je n'osais pousser le moindre souffle, dans la crainte de troubler son sommeil.

Je m'aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu'elle les avait froides et tremblantes. Je les approchai de mon sein, pour les échauffer.

Elle sentit ce mouvement, et, faisant un effort pour saisir les miennes, elle me dit, d'une voix faible, qu'elle se croyait à sa dernière heure.

Je ne pris d'abord ce discours que pour un langage ordinaire dans l'infortune, et je n'y répondis que par les tendres consolations de l'amour.

Mais, ses soupirs fréquents, son silence à mes interrogations, le serrement de ses mains, dans lesquelles elle continuait de tenir les miennes me firent connaître que la fin de ses malheurs approchait. Deuxième mouvement : Raconter une agonie pathétique Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit.

Je croyais ma chère maîtresse endormie et je n'osais pousser le moindre souffle, dans la crainte de troubler son sommeil.

Je m'aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu'elle les avait froides et tremblantes.

Je les approchai de mon sein, pour les échauffer.

Elle sentit ce mouvement, et, faisant un effort pour saisir les miennes, elle me dit, d'une voix faible, qu'elle se croyait à sa dernière heure.

Je ne pris d'abord ce discours que pour un langage ordinaire dans l'infortune, et je n'y répondis que par les tendres consolations de l'amour.

Mais, ses soupirs fréquents, son silence à mes interrogations, le serrement de ses mains, dans lesquelles elle continuait de tenir les miennes me firent connaître que la fin de ses malheurs approchait. 1) Nous faire attendre la suite • Apparition de la première personne du pluriel « Nous » : le couple est désormais mis en scène, que va-t-il se passer ? • L’adverbe « tranquillement » associé au passé (imparfait) annonce que la suite sera moins tranquille.

C’est une prolepse (annoncer la suite du récit). • La respiration qui s’arrête « le moindre souffle » laisse déjà entendre l’expression « dernier souffle » c’est une forme d’ironie tragique : allusion à la mort prochaine d’un personnage, à son insu. • Plus loin nous entendrons ses « soupirs fréquents » qui sont à la fois des lamentations et un râle d’agonie. ⇨ Tout est fait pour nous faire attendre une fin tragique particulièrement émouvante, malgré la pudeur du narrateur. Deuxième mouvement : Raconter une agonie pathétique Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit.

Je croyais ma chère maîtresse endormie et je n'osais pousser le moindre souffle, dans la crainte de troubler son sommeil.

Je m'aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu'elle les avait froides et tremblantes.

Je les approchai de mon sein, pour les échauffer.

Elle sentit ce mouvement, et, faisant un effort pour saisir les miennes, elle me dit, d'une voix faible, qu'elle se croyait à sa dernière heure.

Je ne pris d'abord ce discours que pour un langage ordinaire dans l'infortune, et je n'y répondis que par les tendres consolations de l'amour.

Mais, ses soupirs fréquents, son silence à mes interrogations, le serrement de ses mains, dans lesquelles elle continuait de tenir les miennes me firent connaître que la fin de ses malheurs approchait. 2) Point de vue de Des Grieux • Point de vue subjectif de Des Grieux : « Je m’aperçus » remet la première personne du singulier au centre du propos : tout est raconté en focalisation interne. • Focalisation interne : toutes les marques de subjectivité se rapportent à la même personne.

On n’a pas accès aux pensées de Renoncour, ni à celles de Manon. • Le verbe « croire » est révélateur (une chose qui s’avère fausse).

Manon n’est donc pas « endormie » elle est déjà en train de mourir. • De même le verbe prendre « je pris d’abord » prouve qu’il est détrompé au fur et à mesure. ⇨ Dans l’antiquité, Hypnos (le sommeil) est frère de Thanatos (la mort) car les deux se ressemblent. Deuxième mouvement : Raconter une agonie pathétique Nous avions passé tranquillement une partie de la nuit.

Je croyais ma chère maîtresse endormie et je n'osais pousser le moindre souffle, dans la crainte de troubler son sommeil.

Je m'aperçus dès le point du jour, en touchant ses mains, qu'elle les avait froides et tremblantes.

Je les approchai de mon sein, pour les échauffer.

Elle sentit ce mouvement, et, faisant un effort pour saisir les miennes, elle me dit, d'une voix faible, qu'elle se croyait à sa dernière heure.

Je ne pris d'abord ce discours que pour un langage ordinaire dans l'infortune, et je n'y répondis que par les tendres consolations de l'amour.

Mais, ses soupirs fréquents, son silence à mes interrogations, le serrement de ses mains, dans lesquelles elle continuait de tenir les miennes me firent connaître que la fin de ses malheurs approchait. 3) Progression des signes qui révèlent l’agonie • Les perceptions évoluent « apercevoir … toucher … voix faible » la vue, le toucher, l’ouïe.

Les signes sont de plus en plus clairs. • La sensation du toucher est particulièrement présente « froides, tremblante » les mains prennent le relais des paroles « son silence ».

C’est une gradation (augmentation en intensité). • Progression chronologique « une partie de la nuit … point du jour » « d’abord … mais ».... »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles