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analyse linéaire buffet bac francais

Publié le 21/05/2026

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« introduction • Dans sa Lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871 (lettre du voyant) Rimbaud admire Baudelaire : Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu. Paul Demeny du 15 mai 1871. • On retrouve chez Baudelaire cette capacité des objets et surtout des parfums, à nous faire voyager dans le temps. Ou dans une maison déserte quelque armoire Pleine de l'âcre odeur des temps, poudreuse et noire, Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient, D'où jaillit toute vive une âme qui revient. Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857. • Mais Rimbaud veut aller plus loin que Baudelaire, sa démarche invite le lecteur à devenir lui-même capable de visions. Ici sonnet, extrait des Cahiers de Douai ( à compléter avec ce que l’on a vu en cours) A comprendre : • Dans ce poème, Rimbaud part d’un meuble du quotidien, un buffet, dont l’exploration va faire surgir un passé à la fois charmant et inquiétant. • Mais au-delà des souvenirs et d’une démarche quasiment archéologique, le poète nous invite à imaginer ces vies humaines, touchantes et mystérieuses. • Et si cette allégorie du passé pouvait se révéler être aussi une allégorie de la poésie ? Problématique Comment ce poème permet-il de réinventer un objet du quotidien ? 1) D’abord le meuble lui-même « c’est un large buffet », rapidement personnifié. 2) Puis, son contenu qui en fait un lieu de mémoire : « c’est un fouillis » : d’abord, les linges et chiffons nous proposent une véritable démarche archéologique.

Puis On entre alors dans l’imaginaire avec des objets plus personnels, médaillons et mèches de cheveux. 3) L’apostrophe finale confère au sonnet une profondeur inquiétante et inattendue, parlant de la poésie elle-même. Premier mouvement premier quatrain : Un buffet personnifiant le passé Etape 1 : vers1-2 : l’humanisation • Présentatif « C’est un large buffet » : on nous le donne à voir. • Le démonstratif est déictique « c’est » désigne la situation d’énonciation comme s’il était sous nos yeux. • Rimes croisées : dimension narrative à la description. • Polysémie : « large » évoque aussi le voyage (au large des côtes).

Inspiration baudelairienne : voyage par le parfum. ⇨ La description peut nous mener très loin. Une allégorie du passé ? • Le premier sujet n’est pas le buffet, mais le bois « le chêne sombre » matière qui est déjà vivante. • L’adjectif participe passé « sculpté » montre les conséquences d’une action passée.

Le travail de l’artisan qui a sculpté le bois. • Répétition d’un mot sous des formes différentes (figure dérivative , polyptote) « vieux … vieilles … vieux ». • Polysémie : « l’air » = « l’allure » mais aussi l’air qu’on respire : prépare les parfums qui viennent juste après. • Les parfums eux-mêmes sont personnifiés « engageants ». ⇨ La personnification déploie des symboles. Etape 2 : vers 3 et 4’ouverture du buffet qui nous invite à poursuivre notre lecture Comment les perceptions sont-elles évoquées ? • Vue : chêne « sombre » rime avec « ombre ».

= rimes riches • Odeur : les « parfums » au pluriel. • Goût : le « vin » évoque en même temps l’ivresse. • Ouïe : allitérations F, V.

Retour des mots « buffet » et « vieux ». • Toucher : le liquide versé « flot de vin vieux » . ⇨ Les sensations débordent toujours vers le symbole.

= synesthésie En quoi le symbole est-il déjà ambivalent ? • La rime signifiante « sombre … ombre » inquiétante. • La bonté est un « air de bonté » ce n’est qu’une apparence. • L’adjectif attribut « ouvert » est déjà « engageant », mais peut cacher une séduction inquiétante. • Comme un personnage de conte qui « verse » un philtre. • Métaphore des « flots » où l’on pourrait se noyer. ⇨ Profondeur du sujet qui nous invite à continuer la lecture… Deuxième mouvement Deuxième quatrain et premier tercet : un lieu de mémoire Etape 1 deuxième quatrain :Un désordre de vêtements qui cache des souvenirs Comment est produit l’effet de débordement ? • L’adverbe « tout » insiste sur « plein » : plus que plein. • L’enjambement « chiffons // de femmes ». • Hyperonyme : « vieilles vieilleries » = toutes sortes de choses, le pluriel est envahissant à partir de ces deux mots. • Seul élément au singulier « un fouillis » mais terminaison en -s. • Ce suffixe -is transforme le verbe « fouiller » en nom. ⇨ Propose au lecteur de fouiller ce buffet. Comment est exprimé le plaisir de fouiller ce buffet ? • Énumération : « vieilleries, linges, chiffons, dentelles, fichus… ». • Accumulation d’articles indéfinis « de linges, de chiffons ». • Allitération en F très présente « fouillis … chiffons … femmes … enfants … flétries … fichus … griffons ».

= son des vêtements ( harmonie imitative) • Expression intéressante « vieilles vieilleries » : ce n’est pas seulement vieux, mais suranné, désuet. ⇨ Le désordre a un certain charme. Peut-on dire que ce désordre a du sens ? • Progression de plus en plus précise (gradation) : les « chiffons » étant des « linges » euxmêmes « vieilleries ». • Pas d’ordre d’âge « femmes, enfants, grand mères ». • Pas d’ordre non plus dans la longueur « des dentelles flétries » élément court suivi d’un élément long avec la subordonnée. ⇨ Le désordre nous amène vers des trésors de sens. En quoi se révèle une démarche archéologique ? • Adjectifs qui témoignent du passé « odorants et jaunes ». • La conj de coo « et » insiste sur les perceptions (odeur et son). • L’adjectif « odorant » est à l’origine un participe présent (présente l’action dans la durée) du verbe odorer (vieilli). • L’addition « et » laisse place à l’alternative « de femmes ou d’enfants » : faire des hypothèses. ⇨ Fouiller le buffet nous met en contact avec un passé vécu. Comment transparaît la dimension humaine du passé ? • L’humain apparaît au détour de l’enjambement avec les compléments du nom « de femmes ou d’enfants ». • Le dernier élément de l’énumération « grands mères » ne sont pas seulement des vieilles femmes, mais suppose l’existence de petits enfants. • Les.... »

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