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A la question : qu'y a-t-il de vrai dans vos histoires ? le romancier contemporain Michel Tournier avoue être tenté de répondre : « Rien, j'ai tout inventé ». Pensez-vous, d'après vos lectures, que tout soit inventé dans les romans ?

Publié le 15/05/2020

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Ci-dessous un extrait traitant le sujet : A la question : qu'y a-t-il de vrai dans vos histoires ? le romancier contemporain Michel Tournier avoue être tenté de répondre : « Rien, j'ai tout inventé ». Pensez-vous, d'après vos lectures, que tout soit inventé dans les romans ? Ce document contient 791 mots soit 2 pages. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système gratuit d’échange de ressources numériques. Cette aide totalement rédigée en format pdf sera utile aux lycéens ou étudiants ayant un devoir à réaliser ou une leçon à approfondir en Littérature.

« A la question : qu'y a-t-il de vrai dans vos histoires ? le romancier contemporain Michel Tournier avoue être tenté de répondre : « Rien,j'ai tout inventé ».

Pensez-vous, d'après vos lectures, que tout soit inventé dans les romans ? Introduction Partez de la définition du roman (cf.

le sujet de Grenoble) et observez que le mot « inventé » est repris par l'auteur du Roi des Aulnes.Notez aussi que la véritable question porte sur le rapport entre réalité (qu'y a-t-il de vrai) et fiction.La réponse de M.

Tournier traduit une conception de l'artiste solitaire, isolé du monde, enfermé dans son cabinet de travail, réduit à sesseules ressources, vrai ermite ou vrai moine — l'inspiration se sécréterait d'elle-même ! I.

Les romans sont un miroir de la réalité. 1.

Les romanciers ont reçu une éducation, ils ont un passé, ils ont été façonnés par la vie et par leurs expériences.Ainsi Proust a connu un certain monde et son observation lui a permis d'attribuer certains traits de caractère réels à des personnages aussifictifs que la duchesse de Guermantes ou le baron Charlus dans A la Recherche du Temps perdu; Dostoïevski était joueur, connaissait lesméfaits de cette passion, le Joueur porte la marque des expériences réelles de l'auteur russe ; Milan Kundera n'aurait pu présenter avecautant de vie, les souffrances d'un jeune Tchèque, dans la Plaisanterie s'il n'avait personnellement souffert des exactions morales d'unrégime totalitaire. 2.

Les romanciers ont une culture livresque.Tournier lui-même n'a pas ignoré Robinson Crusoé, le roman de D.

Defoe lorsqu'il décida d'écrire Vendredi ou les limbes du Pacifique ;Flaubert, avant d'écrire Salammbô a fait un travail documentaire considérable, il écrit à un ami : « Savez-vous maintenant combien je mesuis ingurgité de volumes sur Carthage ? environ cent.

» 3.

Les romanciers vivent dans le monde, font des rencontres, entendent les nouvelles.Un fait-divers est à l'origine de le Rouge et le Noir de Stendhal ; Voltaire consacre un chapitre, dans Candide à l'Autodafé après letremblement de terre de Lisbonne et cet événement fut malheureusement bien réel ; les idées fascistes et antisémites de l'avant-guerreont rencontré un écho favorable chez Céline qui écrivit alors Bagatelle pour un massacre. 4.

La volonté de certains romanciers est de calquer le réel.Balzac voulait faire « concurrence à l'État civil », ses longues descriptions visent à produire un effet de réel ; Zola emploie les termestechniques qui rendent juste (au sens de « son » juste) le travail des mineurs dans Germinal; les romanciers naturalistes ont voulupeindre la réalité sensible (visible, olfactive) mais aussi la réalité sociale (Bel-Ami de Maupassant). 5.

L'écrivain veut jouer un rôle, modifier le cours des choses, dénoncer ou militer ; c'est la base des romans engagés, militants.

Parexemple, les romans de Camus, la production sud-américaine ou turque vont dans ce sens.Transition : Est-ce alors par fatuité que M.

Tournier répond ainsi ?La boutade est évidente mais présente une revendication.

L'artiste se veut libre, il sait qu'il peut montrer — à travers le prisme de sesdésirs, de ses fantasmes — la réalité qu'il veut et, qu'en quelque sorte il l'invente même si le lecteur n'a pas cette impression. II.

Les romans sont des inventions. 1.

Parce que le romancier regarde la réalité d'une manière qui lui est propre ; il a une sorte de seconde vue.F.

Marceau dans l'essai le Roman en liberté rapporte que Balzac connut le Duc de Morny et que l'auteur repéra chez cet homme réel troistraits de son caractère : la volonté de puissance, l'ambition, l'arrivisme, à partir desquels il créa le personnage de Henri de Marsay. 2.

Parce qu'il sélectionne dans le réel, les éléments qui frappent son imagination mais son imaginaire les retravaille.Le faits divers de la femme Delamare se suicidant fut connu de Flaubert, il s'écrie pourtant « Madame Bovary est une pure invention »récusant cette connaissance qui lui avait permis de commencer le roman.

Le quotidien est prosaïque, les événements de la vies'enchaînent de façon illogique souvent, le romancier va mettre de l'ordre (son ordre) dans l'histoire ; va construire un récit ; va privilégierun instant ; va s'autoriser des ellipses ; va faire agir ou parler ses personnages en fonction d'une intention esthétique, philosophique oupolémique ; il va surtout établir une double équation : événement/personnage/auteur.

« L'artiste trouve sa démiurgie [...] dans latransformation globale du destin subi par le personnage en destin dominé par le romancier », affirme Malraux dans l'Homme précaire etla littérature. Conclusion Derrière l'apparente arrogance du propos de Tournier, il y a la vérité de l'artiste.

L'essayiste Marceau propose une phrase qui peutconstituer une bonne synthèse pour ce devoir : «la création romanesque naît [...] du dialogue de l'auteur avec son imagination au moyende l'écriture ; repentirs, adjonctions, liberté que ne limitent nul interprète, nulle narration orale, nulle mémoire.

». »

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