OZANAM Antoine-Frédéric
OZANAM Antoine-Frédéric. Écrivain français. Né à Milan le 23 avril 1813, mort à Marseille le 8 septembre 1853. Issu d’une famille de lointaines origines israélites, mais depuis longtemps convertie au catholicisme, arrière-petit-fils d’un membre de l’Académie des Sciences et fils d’un médecin lyonnais, Ozanam reçut de sa mère une éducation ardemment chrétienne et la brève crise de doute qu’il traversa pendant son adolescence fut rapidement surmontée. En 1830, Frédéric fit partie de cette jeune élite qu’enthousiasmait la tentative de rénovation catholique menée par le groupe de l'Avenir et fa condamnation, puis l’apostasie de Lamennais l’affectèrent douloureusement. Cependant, venu à Paris en 1832 pour y faire ses études de droit, Ozanam, à la différence de Lamennais, allait d’abord se tenir en marge de 1a politique et consacrer ses vastes puissances de dévouement à des œuvres de charité pure : c’est ainsi qu’en 1833, âgé seulement de vingt ans, il fondait la Société de Saint-Vincent-de-Paul, qui prit une extension rapide. Mais un autre rêve de Lamennais, celui de 1a réconciliation de l’esprit moderne et de la religion traditionnelle, hantait le jeune universitaire aussi Ozanam multiplia-t-il les efforts pour obtenir de l’archevêque de Paris l’autorisation des fameuses conférences à Notre-Dame de Lacordaire. Toutes ces activités ne retardaient pas les études d’Ozanam, qui passa son doctorat en droit en 1836 et son doctorat en lettres en 1838. D’abord professeur de droit commercial à Lyon, il obtint en 1841 la suppléance de 1a chaire de littérature étrangère à fa Sorbonne, et, de la préparation de son enseignement, tira deux essais : Dante et la philosophie catholique au XIIIe siècle (1839), Etudes germaniques, deux volumes (1847-49), etc. Il n’en restait pas moins avant tout un militant catholique et, tandis que Montalembert défendait au parlement et dans la presse la liberté de l’enseignement, Ozanam menait en pleine Sorbonne une vive campagne contre le rationalisme universitaire. En 1844 il se voyait cependant titularisé dans sa chaire de littérature étrangère. La révolution de 1848 l’enthousiasma et, avec Lacordaire, il lança le journal L’Ere nouvelle, plus « avancé » encore que ne l’avait été l’Avenir, puisqu’on y parlait ouvertement de « démocratie chrétienne » et qu’on y saluait dans le triomphe récent des idées républicaines « l’ère politique du christianisme et de l’Évangile ». Ces thèses ne pouvaient être que fort désagréables au polémiste Louis Veuillot, aui engagea une campagne contre l’entreprise d’Ozanam et de Lacordaire. Rome finit par s’émouvoir et L’Ere nouvelle dut cesser de paraître au bout d’une année. Le coup d’Etat de Napoléon III laissa Ozanam désemparé et il refusa de se rallier à l’autorité nouvelle. Sa santé était d’ailleurs déjà gravement atteinte; il devait mourir peu après, au retour d’un voyage en Italie et en Espagne. Ame ardemment chrétienne — ses Lettres, — d’une générosité infatigable, Ozanam ne manquait pas de lucidité politique : il fut un des premiers catholiques à pressentir, dans les années 1840, l’importance grandissante qu’allait prendre « fa question sociale » dans le monde moderne. Enfin ses travaux sur Dante suffisent à lui assurer des titres durables.
Liens utiles
- Ozanam, FrédéricOzanam, Frédéric (1813-1853), historien et écrivain catholique français, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul.
- OZANAM, Frédéric (1813-1853)Historien et écrivain, il participe avec Lacordaire au journal des républicains catholiques et à la création de la société de Saint-Vincent-de-Paul.
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