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OLYMPIQUES (jeux)

Jeux panhelléniques, célébrés en l'honneur de Zeus à Olympie. Ils sont certainement bien antérieurs à 776 av. J.-C., date de la première olympiade (v.). Ces jeux (auxquels le terme de « concours » conviendrait mieux), qui étaient la plus grande fête du monde grec, prenaient place dans le cadre de solennités religieuses qui avaient lieu tous les quatre ans, en juill. Annoncés dans toute la Grèce par des messagers, minutieusement préparés pendant une année entière, ils attiraient des foules immenses. Défense absolue d'y paraître était faite aux femmes mariées. Les épreuves, qui se déroulaient pendant trois jours, étaient présidées par le collège des dix hellanodiques ou « juges des Hellènes », magistrats éléens tirés au sort pour chaque olympiade dans un petit groupe choisi de citoyens. Les concurrents venaient de tout le monde hellénique : les esclaves, les Barbares, les repris de justice, les homicides, les sacrilèges étaient exclus des jeux. Les autres devaient se faire inscrire un an à l'avance sur un registre tenu par les magistrats d'Élis. La plupart venaient se préparer au gymnase d'Élis, sous la surveillance des hellanodiques. À l'approche des jeux, ils se transportaient à Olympie, où on les logeait dans des locaux spéciaux ; ceux qui arrivaient en retard étaient déclarés hors concours. Les jeux Olympiques se déroulaient pendant trois jours, au stade et à l'hippodrome. Le stade d'Olympie, de forme rectangulaire, avait une piste d'une longueur de 192 m. Depuis 720 av. J.-C., les coureurs se présentaient complètement nus : il y avait la course simple, double (diaulos), la course sextuple (six fois la longueur de la piste), la course lente (douze fois la longueur de la piste). Ces courses formaient la première partie des jeux. On passait ensuite à l'hippodrome, dont la piste avait 770 m. La course la plus ancienne (remontant à 648 av. J.-C.) était celle des chars à quatre chevaux, qui devaient faire huit ou même douze fois le tour de la piste. Il existait aussi des courses de chevaux montés ; on ne pratiquait pas les sauts d'obstacles, mais, à la fin du parcours, le cavalier devait se jeter à terre et conduire lui-même, les rênes à la main, son cheval au but. Le prix était décerné non aux conducteurs mais aux propriétaires des chevaux. La troisième et dernière partie des jeux se déroulait au stade : elle consistait dans les luttes : lutte simple et pancrace ; dans le pentathlon (depuis 708 av. J.-C.), qui combinait cinq épreuves : le saut, le disque, le javelot, la course simple et la lutte ; enfin dans la course armée (à partir de 520 av. J.-C.), laquelle consistait à parcourir deux fois le stade avec l'attirail complet du guerrier (à partir du IVe s. avec le bouclier seulement). À la fin des jeux, les prix étaient solennellement décernés dans le grand temple de Zeus Olympien : les objets précieux distribués à l'origine furent bientôt remplacés par de simples couronnes d'olivier sauvage ornées de bandelettes. C'est en 540 av. J.-C. que fut érigée pour la première fois à Olympie la statue (en bois) d'un vainqueur ; par la suite, on utilisa le marbre et le bronze, et ces œuvres étaient exécutées par les plus grands artistes. Le retour du vainqueur dans sa patrie était triomphal ; c'est à cette occasion qu'on commandait à quelque grand poète, tel que Pindare ou Simonide, des odes, qui étaient accompagnées de musique et de danse. Les jeux Olympiques perdirent progressivement leur caractère par la place croissante qu'y prirent les athlètes professionnels. En 394, l'empereur Théodose supprima définitivement ces jeux. Leur renaissance à l'époque contemporaine est due aux efforts de Pierre de Coubertin. Ces nouveaux jeux Olympiques, inaugurés à Athènes en 1896, se déroulent, comme ceux de l'Antiquité, tous les quatre ans. En 1924, furent créés les jeux Olympiques d'hiver. Les aléas de la politique internationale ont contrarié à plusieurs reprises les principes d'universalisme du fondateur, qui destinait les J.O. « à construire un monde meilleur et plus pacifique ». L'Allemagne fut écartée des jeux d'Anvers en 1920, de Paris en 1924, de Londres en 1948. L'URSS, de 1920 à 1952, la Chine, de 1952 à 1980, se tinrent volontairement à l'écart du mouvement olympique. Les deux conflits mondiaux empêchèrent la tenue des jeux en 1916 et 1940. Les jeux de Melbourne furent boycottés en 1956 par la Suisse, l'Espagne et les Pays-Bas en raison des événements de Budapest, par l'Irak et l'Égypte à cause du débarquement anglo-français à Suez, par la République populaire de Chine en raison de la présence d'une délégation de Taiwan. À Tokyo en 1964, le comité des jeux exclut l'Afrique du Sud à cause de l'apartheid. Aux jeux de Mexico en 1968, les athlètes noirs des États-Unis manifestèrent sur le podium pour attirer l'attention sur la situation raciale dans leur pays. En 1972, un commando de terroristes palestiniens de « Septembre noir » attaqua le pavillon israélien du village olympique de Munich et massacra 11 personnes. À Montréal en 1976, 89 États seulement furent représentés après le départ de 40 délégations, essentiellement africaines, qui voulaient protester contre la politique d'apartheid de l'Afrique du Sud. À Moscou en 1980, 81 pays seulement participèrent aux jeux après que le président J. Carter (v.) eut convaincu 62 pays de boycotter la manifestation pour stigmatiser l'intervention soviétique en Afghanistan (v.). En 1984, l'URSS justifia son absence de Los Angeles par « l'hystérie antisoviétique » développée aux États-Unis et entraîna derrière elle la RDA, la Tchécoslovaquie, Cuba, l'Afghanistan, la Pologne et ses autres « alliés », à l'exception de la Roumanie. (La dimension politique continua de marquer les jeux suivants mais dans un contexte différent : en 1988, à Séoul, seuls quelques États (Corée du Nord, Albanie et Cuba) refusèrent de participer aux jeux pour des raisons politiques. Les jeux de Barcelone, en 1992, apparurent comme ceux d'une réconciliation internationale : les équipes des deux Allemagnes avaient fusionné et l'Afrique du Sud fut présente pour la première fois depuis 1968. Après Atlanta (1996), la question des droits de l'homme valut à la Chine d'être écartée, au profit de Sydney puis d'Athènes en 2004, pour l'organisation des jeux. En 1986, le CIO avait décidé de décaler de deux ans, à partir de 1994, la tenue des Jeux d'hiver pour qu'ils aient lieu en alternance avec les Jeux d'été. JEUX OLYMPIQUES DE PARIS • 14 mai-28 octobre 1900 C’est dans le cadre plus vaste de l’Exposition universelle de 1900 que sont organisés, à Paris, les IIe Jeux olympiques modernes. Les épreuves se déroulent sans calendrier strict, du 14 mai au 28 octobre, dans divers points de la ville ou de sa banlieue, les compétitions d’athlétisme se tenant à La Croix-Catelan, la natation à Asnières, l’escrime auChamp-de-Mars, le cyclisme au vélodrome de Vincennes, l’équitation place de Breteuil, etc. Cette édition voit la première participation des femmes. Les Français font bonne figure, remportant l’épreuve reine du marathon, plusieurs finales à l’escrime, le 60 mètres de natation sous l’eau, le tir aux sangliers courant et le saut en hauteur... à cheval.



OLYMPIQUES (Jeux). Jeux panhelléniques (réunissant tous les Grecs) ; les premiers eurent lieu en 776 av. J.-C., les plus célèbres de toute la Grèce durant l'Antiquité. Ils se déroulaient en été, tous les quatre ans, à Olympie en l'honneur de Zeus. Une trêve sacrée était proclamée pendant sept jours, avec suspension de toutes les hostilités. Les concurrents choisis par les cités parmi les meilleurs devaient être de naissance libre et grecque. Le premier jour était consacré aux sacrifices et au serment olympique prononcé par chaque athlète. Durant les six autres se déroulaient les épreuves sportives : course à pied, lutte, pugilat (boxe), pancrace (lutte et pugilat) et penthlate (cinq exercices : saut, course, lutte, lancer du javelot et du disque) dans le stade ; courses de chevaux et de chars à l'hippodrome. Les vainqueurs recevaient une simple couronne de branches d'olivier consacrée à Zeus mais leur gloire était immense. On leur élevait des statues, on les recevait en triomphe dans leur ville natale et l'on exécutait en leur honneur des chants de victoires composés par d'illustres poètes. Les Jeux olympiques furent supprimés par l'empereur romain Théodose en 394 ap. J.-C. Ceux d'aujourd'hui ont été réorganisés à partir de 1894 par Pierre de Coubertin.

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