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OLIVARES, Gaspar de Guzmán, comte-duc d'

Homme politique espagnol. Premier ministre de Philippe IV (1621/43), il tenta de restaurer la grandeur extérieure de l'Espagne. Rompant la trêve de Douze Ans, il envoya Spinola (v.) reprendre la guerre contre les Province-Unies (1621) ; Olivares lança l'Espagne dans la guerre de Trente Ans, en 1636, et, pour financer cette politique de grandeur, soumit son pays à une fiscalité oppressive qui, jointe à un centralisme mettant en cause les vieux privilèges des provinces, provoqua des révoltes sanglantes en Biscaye (1631), en Catalogne (1640) et au Portugal (1640).

Olivarès, Gaspar de Guzman, comte d’O. et duc de San Lucar (Rome 1587-Toro, Zamora, 1645) ; homme politique espagnol. Il est issu d’une puissante famille de la noblesse andalouse ; son père, vice-roi des Deux-Siciles et ambassadeur d’Espagne auprès du Saint-Siège, facilite sa carrière politique. Après de brèves études à Salamanque, il est nommé gentilhomme de la chambre du prince héritier, le futur Philippe IV, dont il devient très vite le confident et le favori. Dès son avènement (1621), Phi- lippe IV, qui n’a que seize ans, confie le pouvoir à son valido O. Intelligent, énergique et passionné, celui-ci veut rendre à l’Espagne la splendeur qu’elle a connue au siècle précédent et rêve de l’unité de l’Europe sous l’égide du Roi catholique. Sa tâche première consiste selon lui à venir à bout du désordre instauré par les favoris de Philippe III. Aussi sévit-il durement contre le duc de Lerma et ses amis. Il lutte contre le luxe et la corruption de la cour et de la haute administration, tout en essayant d’assainir les finances. S’inspirant de l’exemple français, il cherche à renforcer la centralisation : la réalité du pouvoir est donnée à la Consulta, sorte de Conseil secret formé du Premier ministre, du confesseur du roi et de trois secrétaires. Les douze Conseils du gouvernement (dont le Conseil d’État, le Conseil de l’inquisition, le Conseil des finances, le Conseil des Indes) lui sont subordonnés. O. s’efforce en même temps de réduire les privilèges (fueros) des « royaumes » périphériques (Provinces basques, Catalogne, Portugal). La guerre contre les Provinces-Unies qui reprend dès 1621, l’appui apporté à T Empereur pendant la guerre de Trente Ans, et à partir de 1635 la guerre contre la France l’obligent à accroître la pression fiscale hors de la Castille déjà surchargée d’impôts. Si sa politique réussit à peu près à Valence et en Aragon, elle provoque dès 1637 des troubles en Biscaye et en Galicie, et surtout en 1640 la révolte du Portugal et de la Catalogne. Ces deux révoltes, qui devaient avoir pour conséquence l’indépendance du Portugal sous la dynastie des Bragance et, après une brève période d’indépendance de la Catalogne sous la protection du roi de France, la perte du Roussillon, définitivement cédé à la France au traité des Pyrénées en 1659, marquent l’échec de la politique d’O. Pressé par ses frères et sa mère, Philippe IV renvoie le valido le 14 janvier 1643. Banni à Toro, poursuivi par l’inquisition pour avoir publié sa défense, O. meurt en 1645. Ami des lettres et des arts, il fut le protecteur de Rubens, Velasquez, Murillo, Lope de Vega, mais fit emprisonner Quevedo à cause d’un écrit satirique. Ministre zélé, travailleur infatigable, O., comme son adversaire et équivalent politique français le cardinal de Richelieu, finit par être très impopulaire car il endossait au nom du roi, qui demeurait en retrait, la responsabilité de toutes les mesures. Son propre neveu, don Luis de Haro, diplomate habile, lui succède, mais fut un Premier ministre sans énergie. Après le départ d’O., la décadence politique et l’affaiblissement de l’Espagne s’accélérèrent.

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