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NAGY Imre (1896-1958)

NAGY Imre (1896-1958)

Dirigeant communiste hongrois, président du Conseil (1953-1955, 1956).

Né à Kaposvár, fils de paysans, Imre Nagy achève des études secondaires. Durant la Première Guerre mondiale, il est fait prisonnier sur le front russe et se joint aux bolcheviks. Il rentre en Hongrie et participe à la République des conseils communiste de Béla Kun (1886-1941) à un niveau local. Lorsque éclate la terreur blanche, I. Nagy émigre à Moscou ; il occupe alors des postes modestes et échappe aux purges. En 1945, il est l’un des dirigeants du Parti dans la Hongrie libérée. Ministre de l’Agriculture, il est chargé de la réforme agraire mais s’oppose à la collectivisation forcée et sera limogé du Bureau politique en 1949. Durant ces années, il apparaît comme dénué de toute ambition personnelle, communiste humain et sincère ; il n’affirmera son réel talent politique qu’à partir de 1953, lorsque après la mort de Staline, la direction soviétique impose un « nouveau cours » aux dirigeants des pays de l’Est. I. Nagy est nommé président du Conseil et met en place une politique de réformes dont les réalisations demeurent modestes. Il parvient néanmoins à élever le niveau de vie et à fermer les camps d’internement, annonce la reprise des relations économiques avec l’Ouest, promet le rétablissement de la liberté de culte et une démocratisation de la vie politique.

Cependant, les tenants de la ligne stalinienne sabotent l’entreprise et le contexte international de 1955, qui voit un durcissement de la politique extérieure soviétique, fait le reste. Mátyás Rákosi, revenu au pouvoir, exclut I. Nagy du Parti en avril 1955. Mais le souvenir de l’expérience reste présent dans les esprits et la contestation de l’année 1956 réclame le retour de I. Nagy. Au lendemain du soulèvement de Budapest, le 23 octobre 1956, I. Nagy prend la tête du gouvernement dont il fait une coalition intégrant les anciens partis. Le 28 octobre, il quitte l’immeuble du Parti pour aller s’installer au Parlement, donnant à la révolution une signification véritablement nationale et irréversible. Les décisions qu’il prend ensuite ne pourront enrayer le mécanisme de répression soviétique, enclenché dès le 30 octobre. Le 4 novembre, après un dernier appel lancé à la radio, I. Nagy et ses proches se réfugient à l’ambassade de Yougoslavie. Après d’illusoires tentatives de négociations avec le gouvernement mis en place par János Kádár, ils sont faussement autorisés à quitter l’ambassade et sont aussitôt kidnappés par les Soviétiques. Le procès qui a lieu par la suite est certes téléguidé par Moscou, mais instruit par des magistrats hongrois qui condamnent I. Nagy et quatre de ses co-accusés à la peine de mort. Ils sont pendus le 16 juin 1958 à Budapest. Après des décennies de silence, une cérémonie officielle de ré-inhumation aura lieu à Budapest le 16 juin 1989, I. Nagy est réhabilité par la Cour suprême le 6 juillet 1989.

Nagy, Imre (Kaposvar 1896 - Budapest 1958) ; homme politique hongrois.

Né en Transdanubie, dans une famille de paysans pauvres, prisonnier en Russie en 1917, il y devient communiste. Au retour en Hongrie, il crée des cellules clandestines d’ouvriers agricoles, est arrêté en 1927, repart en URSS, y étudie les problèmes ruraux; Proche de Boukharine, il préfère le partage des terres à la collectivisation, mais se soumet à Staline, et se tient loin des conflits de pouvoir. Revenu en Hongrie avec l’Armée rouge, ministre de l’Agriculture de décembre 1944 à novembre 1945, il fait partager les terres, puis, à l’intérieur, son humanisme rassure les non-communistes, mais Rajk le remplace dès février 1946. Hostile à la collectivisation forcée, il se soumet à nouveau, et est mis à l’écart. Le désastre économique engendré par la politique qu’il refusait le fait ministre du Ravitaillement en 1951, vice-président et président du Conseil en 1952 et 1953. Contre l’autarcie et la surindustrialisation, il choisit la consommation, la petite propriété, la confiance. Mais en 1955, les « durs » reprennent le dessus. Exclu du gouvernement, du Bureau politique, du Parti, N. refuse d’en appeler au peuple contre le système, malgré son immense popularité. La tension augmente et, lors de l’insurrection d’octobre 1956, il est rappelé en catastrophe au pouvoir pour sauver le régime, mais il « choisit le peuple » et annonce le 1er novembre la neutralité du pays, et le rétablissement de la démocratie. L’armée russe écrase la révolution, N. se réfugie à l’ambassade yougoslave, de fausses promesses l’en font sortir ; arrêté, jugé en janvier 1958, il est exécuté le 15 juin. Ce calviniste à la fois conformiste et hérétique, toujours confiant en un système qui a fini par l’assassiner, incarne, avant Dubcek ou Gorbatchev, un « communisme à visage humain ». Son essai, Un communisme qui n’oublie pas l’homme, a été traduit en 1957, avec une présentation de François Fejtö.

NAGY, Imre (Kaposvàr, 1896-Budapest, 1958). Homme politique hongrois, il refusa le modèle communiste stalinien. Militant socialiste d'origine paysanne, il adhéra au communisme lors de sa captivité en Russie pendant la Première Guerre mondiale. Après avoir fait partie du gouvernement révolutionnaire de Bêla Kun, fondateur du Parti communiste hongrois en 1919, il connut les prisons du dictateur Horthy, puis s'exila (1929) en URSS. De retour en Hongrie en 1944, il fut ministre de l'Agriculture (1944-1945) - il procéda au partage des terres -, puis de l'intérieur (1945-1946) et enfin président de l'Assemblée nationale (1947). Après la démission de Ràkosi, il devint Premier ministre (1953-1955) et mena une politique libérale (amnistie, suppression des camps d'internement, tolérance religieuse). Cependant, la tendance stalinienne l'emporta et Nagy fut démis de toutes ses fonctions par Ràkosi qui l'exclut du parti (1956). Lors de l'insurrection hongroise d'octobre 1956, il fut rappelé au pouvoir et fit entrer dans son gouvernement des personnalités non communistes, promit des élections libres, le retrait des troupes soviétiques et la sortie de son pays du Pacte de Varsovie. Cependant, à l'appel de Kadar, président du parti, les troupes soviétiques intervinrent une seconde fois et écrasèrent dans le sang la révolte hongroise. Nagy lança en vain un appel à l'ONU et se réfugia à l'ambassade de Yougoslavie. Après un procès secret, il fut condamné à mort et exécuté avec d'autres chefs de la révolution d'octobre. Nagy fut réhabilité en 1989.

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