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MOZAMBIQUE

État de l'Afrique australe, riverain de l'océan Indien (canal de Mozambique), bordé par la Tanzanie, le Malawi, la Zambie, le Zimbabwe et la République sud-africaine ; capitale Maputo (jusqu'en févr. 1976, Lourenço Marques). Les Bantous qui peuplent le Mozambique s'y établirent au cours du Ier millénaire de notre ère. Durant tout le Moyen Âge, les côtes du Mozambique furent visitées régulièrement par des commerçants arabes qui y établirent plusieurs comptoirs, entre autres Sofala, au S. du Zambèze. Les échanges entre Arabes et Bantous donnèrent naissance au XVe s. à plusieurs sultanats côtiers de culture swahilie, alors que l'intérieur du pays s'organisait en divers petits royaumes. Le premier contact des Européens avec cette région fut établi par Vasco de Gama, qui, lors de son voyage vers l'Inde, séjourna dans l'île de Mozambique, sur la côte septentrionale, en mars 1498. Deux ans plus tard, les côtes du Mozambique furent visitées par Cabral, et, dès 1506, les Portugais s'installèrent à Sofala avec le projet d'entrer en relations commerciales avec le Monomotapa, dont les richesses étaient célèbres. Les commerçants portugais supplantèrent peu à peu leurs concurrents arabes, et, en 1629, un protectorat portugais fut même imposé au Monomotapa. Les premiers colons portugais s'établirent sur les côtes en 1635 et, au cours du XVIIe s., le commerce des esclaves prit le pas sur celui de l'or, qui avait attiré les Européens. Malgré les attaques des Hollandais et des Arabes d'Oman, les Portugais se maintinrent sur la côte. En 1752, ils conclurent avec le sultan d'Oman un accord fixant au cap Delgado la limite des zones d'influence. À cette date, le Mozambique reçut un gouverneur particulier. La traite des Noirs prit une certaine ampleur au cours du XVIIIe s. Après les explorations de Serpa Pinto (à partir de 1877), les Portugais tentèrent de se lancer dans la course au partage de l'Afrique, afin de réaliser la jonction entre le Mozambique et l'Angola, sur la côte atlantique. Mais ces ambitions, qui s'opposaient directement à celles de l'Angleterre, furent de courte durée. Les frontières entre possessions portugaises et possessions anglaises furent fixées définitivement par l'accord du 11 juin 1891. Dans les années 1890/1910 fut réalisée la conquête de l'intérieur, dont l'étape finale fut l'écrasement de la rébellion des Makombés (1917). En 1919, en vertu du traité de Versailles, le triangle du Kionga (région du cap Delgado), qui faisait partie de l'ancien Est-Africain allemand, fut annexé au Mozambique. Devenu province portugaise d'outre-mer en 1951, le Mozambique vit se développer divers mouvements nationalistes qui se réunirent, en 1962, dans le Front de libération du Mozambique ou FRELIMO. L'insurrection contre les Portugais commença le 25 sept. 1964 et contraignit peu à peu Lisbonne à engager au Mozambique une armée de près de 60 000 hommes (dont la moitié environ d'Africains). Après la chute du régime salazariste à Lisbonne (avr. 1974), les militaires portugais décidèrent d'accorder son indépendance au Mozambique : un gouvernement de transition fut mis en place en sept. 1974, et, le 25 juin 1975, fut proclamée la république populaire du Mozambique, sous la présidence de Samora Machel, chef du FRELIMO depuis 1970, provoquant l'exil de 200 000 Portugais et privant le pays de ses cadres. 0002000004D300000D0F 4CD,Parti unique au pouvoir, le Frelimo, d'orientation marxiste, dut affronter la résistance armée de la RENAMO (Résistance nationale mozambicaine), soutenue par l'Afrique du Sud. Une guerre de plusieurs années provoqua la ruine de l'économie. Un cessez-le-feu fut conclu à Rome en oct. 1992 avec le chef de la Renamo. Il s'ensuivit une période de transition sous contrôle de l'ONU. En oct. 1994, le président Chissano, successeur de Samora Machel depuis 1986, fut réélu et le FRELIMO obtint la majorité relative aux législatives. Malgré le rétablissement de la paix civile, la perspective du retour, déjà amorcé, des 4 à 5 millions de déplacés du conflit, continuait à handicaper le pays. En nov. 1995, le Mozambique a été admis au sein du Commonwealth ; il en est le seul membre à ne pas avoir été possession britannique. Le retour à la paix civile a permis à l'économie de se stabiliser, avec l'aide de la communauté internationale. Les élections générales de déc. 1999 ont reconduit le président J. Chissano, toujours talonné par le candidat de la RENAMO. Malgré les tensions demeurant entre les deux partis, le pays connaît une stabilité politique et prend une orientation économique qui encourage les investissements étrangers.



MOZAMBIQUE. État situé sur la côte est de l'Afrique. Ancienne colonie portugaise, elle devint indépendante en 1975. Le FRE-LIMO (Front de libération du Mozambique), qui avait combattu les Portugais, a détenu le pouvoir jusqu'en 1990, imposant une option « socialiste » de gestion de l'État. À partir de 1979, il dut faire face à une rébellion armée anticommuniste, dirigée par la RENAMO (Résistance nationale du Mozambique), soutenue d'abord par la Rhodésie puis, à partir de 1980, par l'Afrique du Sud, qui par ailleurs opéra des raids militaires contre des rebelles anti-apartheid installés dans le sud du Mozambique. La sécheresse et de graves difficultés économiques ont conduit le Mozambique à signer un traité de non-agression avec les Sud-Africains (1984). En 1989, le bilan de la guerre civile était de 900 000 tués et 3 millions de personnes déplacées. En 1990, la promulgation d'une nouvelle Constitution a permis d'établir le pluralisme politique et en 1992 le chef de l'État, J. Chissano, a signé un accord de paix avec le chef de la rébellion.

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