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MONTFORT

Famille seigneuriale remontant au XIe s. et dont plusieurs membres jouèrent un rôle important dans l'histoire de la France et de l'Angleterre. Simon IV le Fort, baron, puis comte de Montfort (* vers 1160, † Toulouse, 25.VI.1218). Après s'être distingué en Palestine lors de la quatrième croisade, fut élu à son retour, en 1208, chef de la croisade formée contre les albigeois. Il mena cette guerre avec autant de brutalité que de courage, dévasta Béziers (1209), prit et mit à sac Carcassonne et remporta sur Pierre II d'Aragon la bataille de Muret (1213). Il acquit de vastes domaines arrachés à Raymond-Roger, vicomte de Béziers et de Carcassonne, et à son oncle Raymond VI de Toulouse, et s'en fit reconnaître la possession par Innocent III au concile du Latran (1215). Mais il dut faire face à la révolte des populations, qui le chassèrent de Toulouse, et il fut tué d'un coup de pierre en essayant de reprendre cette ville. Simon de Montfort, comte de Leicester (* vers 1200, † Evesham, 4.VIII.1265). Quatrième fils de Simon IV le Fort, il tenait le titre de comte de Leicester de sa grand-mère, Amicia de Beaumont, sœur et cohéritière de Robert, comte de Leicester. Henri III le nomma en 1248 gouverneur de l'Aquitaine. Son gouvernement énergique souleva les plaintes de ses administrés et il dut abandonner son poste en 1252/53. La mauvaise administration d'Henri III créant en Angleterre un mécontentement grandissant, Simon de Montfort, en 1258, prit la tête du mouvement des barons, qui imposa au roi la convocation d'un Parlement extraordinaire à Oxford et lui arracha les concessions connues sous le nom de Provisions d'Oxford. L'arbitrage rendu par le roi de France Saint Louis sous le nom de mise d'Amiens, entièrement favorable au roi, n'eut d'autre résultat que de déclencher la guerre des Barons (1264/67). Par sa victoire de Lewes (14 mai 1264), Simon de Montfort se trouva le maître de l'Angleterre et il convoqua en 1265 un Parlement où furent admis, avec le clergé et la noblesse, des représentants des bourgs. Mais cette initiative hardie vers une monarchie parlementaire était encore prématurée, et Simon de Montfort, abandonné par une partie des barons, fut vaincu et tué par les royalistes à la bataille d'Evesham.

Jean IV de Montfort ; duc de Bretagne [1341-1345].

J. succède à son frère le duc de Bretagne Jean III le Bon, qui n’a pas d’héritier direct mais un autre frère, Guy de Penthièvre. Celui-ci, décédé, laisse une fille, Jeanne la Boiteuse, qui revendique les droits de son père. J. invoque la loi salique et se fait reconnaître duc à Nantes. Puis il s’empare de Brest, Rennes et Vannes. Tandis qu’il cherche de l’aide auprès du roi d’Angleterre, Jeanne, maintenant de Penthièvre, en appelle au jugement du roi de France ; son mari, Charles de Blois, est en effet le neveu de Philippe VI. La Cour des pairs condamne J. Charles de Blois prend alors Nantes et fait prisonnier J., qui est enfermé au Louvre. Mais son épouse Jeanne de Flandre continue la lutte. Avec ses troupes, elle tient le siège dans Hennebont en attendant les Anglais. Elle se rend même en Angleterre pour y chercher des renforts. Elle prend temporairement Vannes. Enfin, une trêve de trois ans est conclue (1343) entre le roi de France et le roi d’Angleterre. Mais l’exécution d’Olivier de Clisson par Philippe VI ranime les combats en Bretagne. La veuve de Clisson présente son fils Olivier à Jeanne de Flandre. J. s’évade alors et débarque à Hennebont. Mais il meurt aussitôt, laissant un fils en bas âge. Après sa mort, la guerre continue en Bretagne.

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