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MONGOLIE

Vaste plateau (plus de cinq fois la France) d'Asie centrale situé entre la plaine sibérienne russe et le plateau himalayen du Tibet, composé des chaînes de l'Altaï (N.-O.), du désert de Gobi (centre) et de steppes au S. Habité depuis le paléolithique (- 100 000 à - 20 000 ans), le désert de Gobi entre dans l'Histoire avec les envahisseurs Hiong-nou (Xiongnu), repoussés au IIIe s. avant notre ère par les Chinois. Apparentées, les populations Huns (Ve s.), Avars (IXe s.), Khitans (Xe s.) et Tangouts (XIe s.) y précédèrent les Mongols. Dès le début du XIVe s., la Mongolie fut divisée en deux khanats rivaux : à l'O., celui des Mongols occidentaux ou Oïrats ou encore Kalmouks ; à l'E., celui des Mongols orientaux, où les Khalkhas formaient le groupe le plus important. L'événement capital de l'histoire de la Mongolie fut la conversion des Mongols orientaux au bouddhisme lamaïque tibétain, à la fin du XVIe s. Cette religion prit rapidement une importance considérable ; de puissants monastères s'établirent à Grand Kouran et à Ourga, qui devinrent des hauts lieux du lamaïsme ; un régime théocratique fut institué en 1602, lorsque l'Église tibétaine reconnut le chef de l'Église de Mongolie comme un « bouddha vivant », le khoutouktou, incarnation de Maitreya, le Bouddha à venir. Il s'établit à Ourga, où il ne cessa de « renaître » jusqu'à la révolution soviétique. Chaque famille devant donner au moins son fils aîné aux monastères, le clergé finit par représenter environ un quart de la population mâle. Le régime théocratique porta un coup mortel à la force guerrière des Mongols. Entre 1635 et 1691, les diverses tribus de l'Est (Tchakhars, Ordos, Khalkha) firent leur soumission aux empereurs chinois mandchous. Quant aux Kalmouks de Mongolie occidentale, ils furent également soumis par la Chine, après de terribles massacres, en 1757. Au cours du XIXe s., la Mongolie fut un des théâtres de la rivalité russo-chinoise. Les lamas et les féodaux se tournèrent vers la Russie tsariste, qui, en 1911, alors que l'Empire mandchou allait s'effondrer, leur fournit des armes pour se rebeller contre la Chine ; le 18 nov. 1911, la Mongolie-Extérieure (au N.-O.) proclama son indépendance sous la souveraineté du khoutouktou, alors que la Mongolie-Intérieure (au S.-E.) restait fidèle à la Chine ; en fait, dès l'année suivante, les Russes établirent leur protectorat sur la Mongolie-Extérieure. Après la révolution russe, les Chinois (1919), puis le général russe « blanc » Roman von Ungern-Sternberg (1920), envahirent le pays. Mais le chef nationaliste mongol Sükhe-Bâtor s'allia au bolchevik Choibalsan pour constituer un gouvernement révolutionnaire d'abord à Kiakhta, en territoire russe, puis, après la défaite d'Ungern-Sternberg par les troupes soviétiques, à Ourga (juill. 1921). État de Mongolie. Cet État d'Asie centrale a remplacé l'ancienne Mongolie-Extérieure. Sa capitale est Oulan-Bâtor. État théocratique depuis déc. 1912, dirigé par le grand lama Bogd Khan, aussi nommé khoutouktou ou Ondor Gegen (très saint), la Mongolie vit son indépendance reconnue par l'URSS en mars 1921, sous l'impulsion du héros national Sükhe-Bâtor. Le décès de ce dernier, en 1923, puis celui du monarque, en 1924, permirent la proclamation de la République populaire le 26 nov. , sous la direction du maréchal Horloogiyn Choibalsan. À l'origine des premières purges de 1922, qui firent entre 20 000 et 100 000 morts, ce dernier entreprit d'éradiquer le lamaïsme, ainsi que toute opposition politique. Cette sanglante répression fit disparaître 100 000 personnes en 1937 (sur une population de 700 000 habitants). Choibalsan remplaça aussi l'écriture nationale par le cyrillique (1946). Les traités de 1921, 1934 et 1936, ainsi que la Constitution de 1940, achevèrent d'inféoder la Mongolie à l'Union soviétique. Admise à l'ONU en 1961, la Mongolie-Extérieure ne fut pas intégrée à l'URSS comme le souhaitait Yumjaagyin Tsedenbal, qui succéda à Choibalsan en 1952, mais son PNB dépendait pour moitié de l'aide soviétique et son commerce extérieur à 95 % des pays frères. 00020000086400000FE9 85E,Les élections de juill. 1990 au « Grand Khoural » (Parlement) ont vu la victoire des communistes réformistes du parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM) et l'élection de leur dirigeant à la présidence de la République. Celui-ci parvint à mener à bien un ambitieux programme de privatisation (commençant par celle du cheptel de yaks) et de réformes économiques. Une nouvelle Constitution, d'inspiration démocratique, a été adoptée en févr. 1992. La Mongolie est ainsi le seul cas de transition réussie et non violente du communisme à la démocratie dans cette région du monde. Au mois de juill. 1996, les législatives furent remportées par une coalition, dite « Union démocratique », formée des deux principaux mouvements d'opposition. Un bras de fer entre les partis démocrates et ex-communistes s'est engagé en 1998 et a paralysé la politique mongole, tandis que la sécheresse de 1999 et l'hiver très rigoureux qui suivit, en provoquant la mort de millions de têtes de bétail, menaçaient de famine les habitants , en particulier les nomades qui formaient encore le quart de la population. Les législatives de juin 2000 furent gagnées par le PPRM. Un de ses dirigeants devint Premier ministre. Mongolie-Intérieure. Neimenggu en chinois. Cette région autonome de la Chine depuis 1947 a pour capitale Hohhot. Dominée par les Mandchous à partir de 1635, la Mongolie devint formellement indépendante avec la proclamation de la République chinoise en 1911, mais en 1912, les princes de Mongolie-Intérieure se rallièrent à la république chinoise. Les frontières entre la Mongolie-Extérieure, l'actuel État de Mongolie, et la Mongolie-Intérieure, intégrée à la Chine, furent fixées par le traité de Kiakhta en 1915. Après 1949, l'industrialisation de la Mongolie-Intérieure a rapidement progressé, grâce notamment aux immigrants chinois (pas toujours volontaires). La question du nationalisme Grand-mongol, qui a resurgi avec violence lors des troubles de 1990/92, pose à Pékin le problème de la consolidation de sa périphérie. La région souffrait par ailleurs d'un retard de développement important par rapport aux autres provinces de la Chine.

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