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MOBUTU Joseph Désiré ou Sese Seko

Homme politique zaïrois. Après l'accession du Congo belge à l'indépendance, en 1960, il prit le commandement de l'armée en 1960. Au pouvoir en 1965, il mit fin à une longue période d'anarchie, élimina toute opposition et rétablit des relations normales avec l'ancienne métropole belge. Président de la République, élu et réélu avec des scores avoisinant les 100 % de voix, chef de l'exécutif, il procéda à l'africanisation, au moins formelle, de son pays, rebaptisé Zaïre. Il fonda son pouvoir autoritaire sur un parti unique, le Mouvement populaire de la révolution (MPR) et sur une politique pro-occidentale qui attira vers son pays un important flux de capitaux. Celui-ci fut pourtant sans bénéfice pour les Zaïrois, dont la misère alla croissant malgré d'impressionnantes potentialités économiques. La mauvaise gestion économique et les excès de l'apparat africanisant de Mobutu, surnommé « l'homme au léopard », le discréditèrent aux yeux de ses alliés européens, qui l'abandonnèrent à partir de 1990, le privant ainsi des ressources nécessaires pour affronter une opposition démocratique montante. De plus en plus contesté, le maréchal Mobutu fut chassé du pouvoir par la rébellion de Laurent-Désiré Kabila (v.) qui éclata en oct. 1996. Alors que les forces armées zaïroises se rendaient sans combattre ou abandonnaient leurs positions, il se maintint à Kinshasa jusqu'en mai 1997. Il mourut en exil à Rabat.

Mobutu, Joseph (né à Lisala en 1930) ; président zaïrois [depuis 1965].

Après avoir reçu une formation militaire dans l’armée coloniale, il étudie ensuite le journalisme en Belgique (1958-1959) et s’engage dans le Mouvement national congolais de Lumumba dont il est le secrétaire. Après les mutineries de juillet 1960, il est nommé chef de l’état-major. Il profite de la lutte entre nationalistes radicaux (Lumumba) et modérés (Kasavubu) et du chaos où se trouve le pays pour effectuer un premier coup de force en septembre 1960 afin d’éliminer Lumumba, puis un coup d’État en 1965. De 1965 à 1974, le Congo traverse sous sa direction une période de stabilisation. D’abord modéré (il associe l’ancienne classe politique au pouvoir, puis lui substitue de jeunes technocrates plus dociles), et d’orientation nationaliste, M. rallie l’opinion et les chefs d’État africains. Mais il accorde un pouvoir croissant à la police secrète (répression du mouvement étudiant en 1969) et instaure un parti unique. Sur le plan économique, les gros revenus tirés des exportations de produits miniers cachent le marasme des campagnes, la paupérisation des paysans qui fuient vers les villes et la fin de l’autosuffisance alimentaire. M. lance en 1971 le «retour à l’authenticité » : le pays prend le nom de Zaïre. Depuis 1975, le mobutisme affronte une crise économique, qui accroît sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur (plan imposé par le FMI), et politique : il doit faire face à de nombreux complots et à des soulèvements populaires (grève générale au Shaba en 1976). Victorieux lors des deux guerres du Shaba (ex-Katanga) en 1977 et 1978, M. rencontre de plus en plus de problèmes à l’intérieur comme à l’extérieur du Zaïre.

Bibliographie : E. M’Bokolo, L’Afrique au XXe siècle. Le continent convoité, 1985.




MOBUTU, Joseph Désiré, dit Sese Seko (Lisala, 1930-). Maréchal et homme politique zaïrois, il est président de la République depuis 1965. D'abord membre de la Force publique, l'armée coloniale congolaise, Mobutu quitta l'armée et milita dans le Mouvement national congolais de Patrice Lumumba. En 1960, il participa à la table ronde de Bruxelles qui préparait l'indépendance. Après la proclamation de celle-ci en juin 1960, il devint secrétaire d'État à la présidence dans le gouvernement de Lumumba. Chef d'état-major de l'armée congolaise, il participa à l'arrestation de Lumumba puis, devant la persistance de la rébellion du Katanga et l'état désastreux du Congo, il renversa par un coup d'État militaire le président Kasa-vubu et se proclama chef de l'État (novembre 1965). Il se consacra alors à la remise en ordre du pays et à la relance de l'économie. Il mena une lutte sanglante contre les opposants, suspendit le droit de grève, institua un régime de parti unique et expulsa les mercenaires étrangers. Il renoua des relations amicales avec la Belgique et ouvrit son pays aux capitaux étrangers. En 1971, la République démocratique du Congo prit officiellement le nom de Zaïre et dut affronter, après 1975, une situation économique difficile due à l'effondrement des cours du cuivre. Mobutu, devenu l'un des dirigeants africains du camp pro-occidental tout en restant un farouche défenseur des valeurs africaines, dut faire face à deux révoltes (1977-1978) dans le Shaba (Katanga) réprimées grâce à l'aide de la France et du Maroc. Réélu en 1984, son régime est confronté à une crise économique persistante et à la corruption de l'administration. Lors de l'été 1994, le Zaïre fut impliqué dans le drame rwandais en accueillant des centaines de milliers de réfugiés et en acceptant, dans plusieurs villes frontalières, l'installation de bases d'intervention françaises pour l'opération « Turquoise ».

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