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MÈRES DE LA PLACE DE MAI

Créée le 22 août 1979, l’Association des mères de la place de Mai est née de la réunion spontanée et non partisane, le samedi 30 avril 1977 sur la place de Mai à Buenos Aires, de quatorze Argentines de toutes conditions sociales, s’étant connues au cours de recherches de leurs proches arrêtés après le coup d’État du 24 mars 1976. La marche des Mères coiffées de langes blancs, tous les jeudis à 15 h 30 sur le lieu central d’expression de la citoyenneté en Argentine, manifeste la résistance et la mémoire face aux disparitions forcées de personnes commises par le régime militaire (1976-1983). Elles ont été connues et soutenues à l’étranger à partir de l’organisation de la Coupe du monde de football de 1978 en Argentine. Avant cette date, l’essentiel de leur action consistait à rechercher des informations sur le sort de leurs enfants. Leur notoriété internationale croît en 1979 avec leurs premiers voyages à l’étranger (États-Unis, Italie, Vatican) et avec la visite en Argentine de la Commission interaméricaine des droits de l’homme pour recueillir des témoignages sur la répression. Les Mères ont largement, mais indirectement, contribué à la condamnation des hauts responsables militaires en 1985 après le retour de la démocratie. En continuant d’exiger la transparence sur les événements de la « sale guerre » (la répression), elles participent au travail de mémoire : l’acceptation implicite de la mort des « disparus » trouve sa contrepartie dans la recherche active des enfants enlevés avec leurs parents ou nés en détention. Ces enlèvements et les adoptions illégales ne sont pas couverts par la loi de « point final ». Le travail de mémoire est également pris en charge par les Hijos, association d’enfants de disparus et de persécutés.

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