Databac

LOUIS-PHILIPPE Ier

LOUIS-PHILIPPE Ier

Duc de Valois, puis duc de Chartres, né à Paris en 1773, mort à Claremont (Angleterre) en 1850. Il était le fils de Louis-Philippe-Joseph d’Orléans (Philippe Égalité, qui avait voté la mort du roi, son cousin) et de Louise de Bourbon. Il fut membre de la Garde nationale et du club des Jacobins (1790), combattit à Valmy, à Jemmapes et à Neerwinden (1793). Impliqué dans le complot de Dumouriez, il passa à l’ennemi, compromettant ainsi son père, qui fut guillotiné, et s’enfuit en Suisse. Il voyagea ensuite en Europe et en Amérique. De retour en Europe en 1800, il sollicita en vain un commandement dans les armées coalisées contre Napoléon. En 1809, il épousa Marie-Amélie, fille du roi de Naples Ferdinand IV. Il ne rentra en France que sous Louis XVIII, qui lui restitua l’immense fortune de sa famille. Établi en Angleterre pendant les Cent-Jours, il réapparut sous la deuxième Restauration et se rapprocha des milieux libéraux. Au lendemain de l’insurrection de 1830, il fut proclamé roi (7 août) après révision de la Charte et inaugura la monarchie de Juillet. Secondé par Dupont, Laffitte, La Fayette, il revint peu à peu vers les conservateurs (Perier, Soult, Guizot, Molé, Thiers). En dix ans, il eut à faire face à l’insurrection populaire des 5 et 6 juin 1832, à la tentative légitimiste de la duchesse de Berry, aux révoltes de Lyon et de Paris, aux complots de Barbés et de Blanqui et aux tentatives de prise de pouvoir de Louis Bonaparte (1836 et 1840). Lui-même échappa à de multiples attentats. Par son alliance avec l’Angleterre, il empêcha la réunion de la Belgique à la France. Le mécontentement général s’acheva par la révolution de 1848. Louis-Philippe abdiqua alors en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, et s’exila en Angleterre.

Louis-Philippe Ier (Paris 1773-Clare-munt, Surrey, 1850) ; roi des Français [1830-1848].

Fils du duc d’Orléans Louis-Philippe (dit Philippe Égalité), L. est élevé par Mme de Genlis. Il lui doit une culture vaste quoique superficielle, ainsi que des manières simples qui contribueront beaucoup ultérieurement à ses succès politiques. Après s’être tout d’abord engagé dans la Révolution et avoir participé aux campagnes militaires de 1792-1793 (il combat à Valmy et à Jemmapes), il est compromis par la trahison de Dumouriez et doit quitter la France. Après un assez long séjour en Suisse et aux États-Unis, il rentre en Europe en 1800 ; cependant, son désir de réconciliation avec Louis XVIII ne se réalise que partiellement. De 1817 à 1830, il gère ses biens et vit bourgeoisement, tout en fréquentant les membres de l’opposition et en donnant son appui à la presse libérale. Lors de la révolution de 1830, le parti de la grande bourgeoisie autour de Thiers et de Laffitte le pousse au pouvoir en le faisant proclamer le 7 août 1830 « roi des Français », après lui avoir imposé l’acceptation de la Charte révisée. Il gouverne d’abord avec des ministres libéraux du parti du « Mouvement » (Laffitte, La Fayette), mais donne bien vite (1831) à sa politique une orientation plus conservatrice par la nomination aux principaux postes ministériels de Casimir Perier, de Broglie, Thiers, Molé et Guizot, les chefs de la « Résistance » (c’est-à-dire pour la résistance à des concessions libérales). Il ne réussit qu’en 1840, après la répression de plusieurs soulèvements, tant populaires et républicains que légitimistes, et l’avortement de deux tentatives subversives de Louis Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III (1836, 1840), à consolider son autorité personnelle et le régime de la « monarchie de Juillet ». Mais cette phase est de courte durée. L. irrite l’opinion publique par sa politique étrangère. Désavouant les aspirations nationalistes (en Pologne, par exemple) et s’appuyant sur les puissances absolutistes, il met en outre son action au service d’intérêts dynastiques égoïstes : afin de favoriser la conclusion de mariages avantageux pour ses fils (dans le but de renforcer le faible prestige de sa famille auprès des cours européennes), il se rapproche de l’Autriche et de l’Espagne. Il détruit ainsi l’entente réalisée par Talleyrand au début de la monarchie de Juillet avec l’Angleterre, une Angleterre qui de toute façon suit d’un œil jaloux l’installation définitive de la France en Algérie (à partir de 1841). En politique intérieure, il se refuse à limiter, comme le réclame l’opposition, la domination politique de la bourgeoisie d’affaires par une modification de la loi électorale qui augmenterait le nombre des électeurs. La crise économique survenue en 1846 augmente le mécontentement, amplifié par une série de scandales. Les opposants, devant l’impossibilité d’une solution parlementaire, décident de toucher l’opinion en lançant une campagne de banquets (1847). L’interdiction du dernier banquet déclenche les journées révolutionnaires de février 1848. Devant l’ampleur de la manifestation et les barricades, L. cède, renvoie Guizot, mais une fusillade fait rebondir l’insurrection. Refusant de combattre le peuple de Paris, le roi abdique en faveur de son petit-fils, le comte de Paris (24 févr.), mais il est déjà trop tard. La république est proclamée, tandis que L. se réfugie en Angleterre, où la reine Victoria met à sa disposition la résidence de Claremont (Surrey). Bibliographie : R. de Castries, Louis-Philippe, 1980 ; Mémoires de Louis-Philippe, 2 vol., 1973-1974 ; P. Vigier, La Monarchie de Juillet, 1992.

Liens utiles