LLOYD GEORGE (DAVID)
LLOYD GEORGE (DAVID)
Homme politique britannique né à Manchester en 1863, mort à Llanystumdwy (Carnarvonshire) en 1945. Il fut un des ennemis les plus acharnés de l’Allemagne dès 1914. Ministre de la guerre, puis Premier ministre (1916-1922), il décida, avec Clemenceau, de réunir toutes les armées sous un commandement unique (Foch). Il eut un rôle important lors du traité de Versailles (juin 1919).
Lloyd George, David, premier comte de Dwyfor (Manchester 1863 - Criccieth, Carnarvonshire, 1945) ; homme politique britannique. Plongé dans la misère par la mort subite de son père, directeur d’école primaire, L., qui grandit au pays de Galles, est de 1906 à 1922 la principale figure de la vie politique du Royaume-Uni. Grâce à l’appui d’un oncle, il est formé au métier d’avocat et, dès 1890, il est élu à la Chambre des communes. C’est là qu’il établit, au cours des quinze années suivantes, par des discours agressifs mais adroits, sa réputation de représentant du nationalisme gallois, de non-conformiste, d’opposant à la guerre des Boers et de membre de l’aile gauche du parti libéral. Successivement ministre du Commerce (1905-1908) et chancelier de l’Échiquier (1908-1915), soutenu par Churchill, il est le véritable inspirateur et initiateur des réformes intérieures entreprises avant la Première Guerre mondiale par le gouvernement libéral. Ce dernier jette ainsi les bases du futur Etat-providence anglais, avec l’introduction de la pension de vieillesse (1908) et de l’assurance obligatoire contre la maladie et le chômage (1911). Pour la première fois, le célèbre budget de 1909, présenté par L. et destiné à financer ces réformes, met en valeur les impôts directs comme moyen pour compenser les différences de niveau de vie entre les diverses couches de la société, ce qui se traduit par l’introduction de l’impôt proportionnel sur le revenu et l’augmentation des droits de succession. La résistance de la Chambre des lords à l’égard des projets de L., jugés révolutionnaires par les conservateurs, entraîne de durs combats constitutionnels qui s’achèvent par une restriction du pouvoir de la Chambre des lords (Parliament Act, 1911) et l’ébranlement du vieil ordre politico-social anglais reposant sur l’influence prépondérante des classes aisées. Pendant la Première Guerre mondiale, L., qui est de tous les dirigeants britanniques le premier à reconnaître la nécessité d’établir une étroite relation entre les efforts de guerre militaires et civils, est ministre des Munitions (1915-1916) et, à ce titre, le véritable organisateur de l’industrie de guerre en Grande-Bretagne. Avec l’appui des conservateurs et de quelques magnats influents de la presse, L., qui a été nommé à l’été 1916 ministre de l’Armée, déloge à la fin de cette même année Asquith du poste de Premier ministre. Il constitue alors un cabinet de guerre restreint afin de mieux coordonner et de perfectionner l’effort de guerre. Avec le soutien loyal du chef du parti conservateur, Bonar Law, il acquiert une position presque dictatoriale. Bien mieux qu’ Asquith, il sait mobiliser les forces de la Grande-Bretagne en vue de la victoire, car il possède les qualités requises, la force de conviction, l’habileté diplomatique, l’énergie et la puissance de travail. Au contraire des chanceliers allemands de l’époque, il réussit après de rudes luttes internes à faire prévaloir les politiques sur les militaires. Au début de l’année 1918, il oblige les généraux anglais à se soumettre au commandement français du général Foch. En accordant une attention particulière aux ouvriers et en évitant une trop grande surcharge de travail, il parvient à empêcher de graves désordres intérieurs qui menacent constamment. Au cours de la conférence de la Paix de Paris, L. se prononce avant tout, sur les questions territoriales, pour une atténuation des conditions imposées à l'Allemagne. Et en cherchant à obtenir l’organisation de référendums aux frontières occidentale et méridionale de la Prusse orientale, il tente d’affaiblir notablement le texte original du traité. Premier ministre d’un gouvernement de coalition avec les conservateurs (1918-1922), L. réussit à empêcher, grâce à une très habile politique d’attente et de concessions modérées, le déclenchement de graves troubles ouvriers pendant les années critiques de 1919 et 1920. Contournant le Foreign Office, il mène autoritairement une imaginative politique extérieure et impériale. Il attribue à l’Irlande le statut d’un Dominion (1921), refermant ainsi une blessure ouverte depuis quarante ans, et il tient compte du désir de paix de la population britannique en arrêtant l’intervention dans la guerre civile russe. Ses propositions visant à un règlement de la question des réparations en tenant compte des données économiques, de même que ses efforts pour créer une Grande Grèce aux frais de la Turquie sont voués à l’échec, en particulier en raison de la résistance de la France. Après la dénonciation de la coalition par les conservateurs en octobre 1922, L. ne parvient pas, malgré ses grandes qualités politiques, à interrompre le déclin du parti libéral (divisé par lui en 1916 et réunifié de 1923 à 1931), ni à reconquérir son influence politique. Il ruine cependant sa réputation politique en manifestant son admiration pour Hitler.
LLOYD GEORGE, David, 1er comte Lloyd-George of Dwyfor
(Manchester, 1863-Llanystumdwy, Caernarvonshire, 1945). Homme politique britannique. Premier ministre lors de la Première Guerre mondiale, il joua un rôle important dans l'élaboration du traité de Versailles. Fils d'une modeste famille galloise, il fut d'abord clerc de notaire, puis, après des études juridiques, devint un brillant avocat. Chef de la tendance radicale du Parti libéral, il entra au Parlement en 1890 et devint bientôt célèbre par la vigueur de ses attaques contre la guerre des Boers. Ministre du Commerce en 1905, il fut choisi par Asquith comme chancelier de l'Échiquier (1908-1915) et proposa en 1909 le « budget du peuple » (taxant les grandes fortunes, notamment les grands domaines) auquel s'opposa vigoureusement la Chambre des lords. Mais il parvint à contourner l'obstacle par le vote du Parliament Act en 1911 et réalisa d'importantes réformes sociales. Ministre des Munitions en 1915-1916, ministre de la Guerre en 1916, puis Premier ministre (1916) en remplacement d'Asquith dans un cabinet de coalition, Lloyd George fut le grand organisateur de la lutte contre l'Allemagne. Il joua en Angleterre le même rôle que Clemenceau en France et accepta l'unification du commandement des forces alliées sous les ordres de Foch (1918). Il participa à la conférence de la paix (1919) et à l'élaboration du traité de Versailles où il tenta de modérer les exigences françaises. Après avoir reconnu l'Etat libre d'Irlande (1921), en butte à l'hostilité des conservateurs, il démissionna (1922). Chef du Parti libéral (1926), il assistera à son déclin progressif au profit du Parti travailliste. Voir CONSERVATEUR (parti), British Conservative Party (Parti).
Liens utiles
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- David Lloyd George Né à Manchester, Lloyd George quitta la région à la mort de son père, pourvenir vivre avec sa mère au pays de Galles.
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- C. E. 19 févr. 1875, PRINCE NAPOLÉON Rec. 155, concl. David (D. 1875.3.18, concl. David) Cons.