LIMES
Mot latin qui signifie « chemin, limite » et en particulier, la ligne de défense qui protégeait les frontières de l'Empire romain. La route resta l'élément essentiel du limes impérial, mais elle fut pourvue de ramifications menant à des ouvrages fortifiés plus ou moins complexes : palissades, tours de guet, murs de terre ou de pierre, fossés dont la largeur pouvait atteindre 6 m, et, en arrière de la première ligne de défense, camps de légion et châteaux forts. Le limes germanique, le plus important, qui s'appuyait sur les lignes du Rhin et du Danube, fut entrepris après qu'eut échoué, dans les premières années de notre ère, le projet de porter sur l'Elbe la frontière du monde romain. Sa construction, commencée sous le règne de Claude (41/54), fut achevée pour l'essentiel sous Antonin le Pieux (138/161), mais les défenses furent encore considérablement renforcées au début du IIIe s., sous Caracalla. Long d'environ 550 km, ce limes germanique partait du Rhin, au N. de Confluentes (Coblence), pour atteindre le Danube en amont de Castra Regina (Ratisbonne). Il était hérissé de plus de 1 000 tours et soutenu par une centaine de châteaux forts. La frontière suivait ensuite le Danube, gardé lui aussi jusqu'à son delta par des châteaux forts. Dans l'actuelle Roumanie, un nouveau limes avait été construit pour protéger la Dobroudja. Après les guerres daciques, la ligne de l'Alutus (Olt) fut fortifiée au IIe s. par Trajan, au IIIe s. par Caracalla. Le limes germanique fut percé en 260 par les Alamans. Le limes de Syrie avait pour artère la strata Diocletiana (fin du IIIe s.), qui reliait Bostra à Palmyre et à Sura (Suriya), sur l'Euphrate. Il contint efficacement la pression arabe jusqu'au VIIe s. Le limes de (Grande-) Bretagne était constitué par deux lignes éloignées l'une de l'autre : le mur d'Hadrien, qui laissait en dehors des territoires romains toute l'Écosse actuelle ; le mur d'Antonin, beaucoup plus au N., ne fut la frontière de l'Empire que de 145 à 181.
LIMES. Nom donné dans l'Antiquité romaine à la ligne de défense, parfois fortifiée, qui protégeait les frontières de l'Empire romain contre les Barbares ou les nomades du désert. On les trouvait notamment en Germanie le long du Rhin, et en Europe centrale sur le Danube, en (Grande) Bretagne (mur d'Hadrien, mur d'Antonin), en Syrie et en Afrique. Les limes étaient gardés par de nombreuses légions.