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JIVKOV Todor Hristov (1911-1998)

Dirigeant communiste bulgare. Originaire de Pravets, village de la région de Botevgrad, Todor Jivkov est ouvrier dans l’imprimerie après 1932, date de son entrée au Parti communiste bulgare dont il intègre le comité régional à Sofia en 1934-1935 (et, de nouveau, en 1941-1942). En 1943, il est actif dans la résistance communiste (brigade Tchafdar) et devient, un an plus tard, vice-commandant de la zone d’opération I (région de Sofia). Le coup d’État du 9 septembre 1944 le voit responsable politique de la Milice nationale, une institution dont le rôle dans les purges d’après-guerre restera de triste mémoire. Premier secrétaire du comité local du Parti à Sofia en janvier 1948, il entre au Comité central lors du Ve congrès (décembre 1948), en devient le secrétaire en janvier 1950 avant d’intégrer le Bureau politique en juillet 1951. Pourtant, T. Jivkov est encore un apparatchik peu connu lorsqu’il est promu premier secrétaire du Comité central du PC en mars 1954 (VIe congrès), profitant de la vague de renouveau engagée après la mort de Staline. Auteur d’un discours sur le rapport Khrouchtchev lors du Plénum d’avril 1956, qui marque le début de la déstalinisation en Bulgarie, le leader à l’accent et à la « ruse » toute paysanne ne parviendra à s’imposer qu’en 1962, grâce au soutien appuyé de son protecteur soviétique, Nikita Khrouchtchev. Sous sa direction, la Bulgarie se distinguera par un prosoviétisme sans faille (contesté par certains secteurs de l’armée et d’anciens partisans lors d’une tentative de coup d’État avortée en 1965). Les retombées financières de cette politique faciliteront le décollage industriel du pays. Dépassé par les mutations des années 1980, c’est un T. Jivkov vieillissant qui entreprend une assimilation brutale des minorités (1984-1989) et finit renversé par une révolution de palais le 10 novembre 1989. Incriminé par la justice dans plusieurs procès (sur les aides aux partis frères et l’assimilation des Turcs bulgares, notamment), il est placé en résidence surveillée de 1992 à 1997, mais meurt paisiblement à Sofia le 5 août 1998, après avoir publié des mémoires apologétiques.

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