JEAN SANS TERRE
JEAN SANS TERRE
Roi d’Angleterre, quatrième fils d’Henri II et d’Aliéner d’Aquitaine, né à Oxford en 1167, mort au château de Newark en 1216. À la mort de son frère Richard Cœur de Lion (1199), il usurpa la couronne au détriment de l’héritier légitime, son neveu Arthur Ier de Bretagne. En 1202, condamné par la cour des pairs de France pour l’enlèvement d’Isabelle d’Angoulême, il fut dépossédé de ses domaines français : la Normandie, l’Anjou, le Maine et la Touraine. L’année suivante, il assassina Arthur de ses propres mains, provoquant le soulèvement de la Bretagne. Battu par la France à La Roche-aux-Moines, il se heurta ensuite aux barons d’Angleterre qui le contraignirent à signer la Grande Charte (1215), laquelle garantissait les droits féodaux, les libertés de l’Église et instituait le contrôle des impôts. Comme il ne respectait pas son serment, les barons élirent roi le futur Louis VIII de France. Mais la mort de Jean (1216) modifia cette décision à laquelle étaient hostiles les barons anglais, et c’est finalement son fils Henri III qui monta sur le trône.
Jean sans Terre (1166-1216); roi d’Angleterre [1199-1216].
Successeur malchanceux de son frère, le chevaleresque Richard Coeur de Lion, J. n’a pas mérité longtemps le surnom de « sans Terre » que son père Henri II lui avait donné en plaisantant dans sa jeunesse : il est vite devenu l’un des seigneurs les plus puissants et les plus riches d’Angleterre ; mais il l’a regagné une fois roi. Bien que son action pendant le règne de Richard ait pu donner l’image d’un conspirateur sans scrupule et avide de pouvoir, son propre règne, rempli de conflits désastreux et de violence, révèle qu’en dépit d’un comportement maladif, il possède un sens élevé des responsabilités royales. Il doit d’abord imposer son droit au trône contre son neveu, Arthur de Bretagne, fils de son autre frère Geoffroy, auquel le roi de France Philippe Auguste s’est allié. J. réussit à capturer Arthur au cours d’une attaque éclair (1er août 1202 ; Arthur est exécuté le 13 avril 1203 à Rouen) et à occuper de vastes régions au sud de la Loire ; mais il ne parvient pas à s’y maintenir et se retire en Normandie, cible principale des attaques de Philippe. Là encore, la tactique froidement calculée du Français l’emporte : en 1204, le Plantagenêt n’occupe plus en France que l’Aquitaine et le Poitou. J. a certes les mains libres pour se consacrer de plus près à l’Angleterre : il a déjà régularisé le travail de la chancellerie, systématisant l’enregistrement des actes royaux en de volumineux rouleaux (rolls) ; il améliore le fonctionnement de la justice et de l’armée. Il se libère en 1213 de l’excommunication qui pèse sur lui depuis 1209, à cause de l’élection contestée de l’archevêque de Canter- bury Etienne Langton ; il rentre dans les grâces d’innocent III, en acceptant de tenir l’Angleterre et l’Irlande comme fiefs pontificaux. La protection pontificale lui permet d’esquiver une première tentative d’invasion française, menée par Louis, fils du roi de France. Ainsi affermi, il réplique en s’alliant au Guelfe Otton IV et à de nombreux princes d’Empire. Mais la coalition subit un double désastre, à La Roche-aux-Moines, que J. assiégeait après avoir débarqué à La Rochelle et pris Angers (2 juill. 1214), et à Bouvines (27 juill. 1214). A son retour en Angleterre, J. se trouve confronté au soulèvement de ses barons, irrités depuis Henri II par de lourdes demandes d’argent et l’empiétement incessant sur leurs droits. Le conflit a pour conséquence l’acceptation par le roi, le 19 juin 1215, de la Magna carta libertatum : acte célèbre, important moins par les concessions du roi que par la fixation par écrit, pour la première fois, des obligations féodales et d’un engagement contractuel de la royauté. L’attribution, à une commission de barons, d’un droit légal d’opposition et la subordination du droit de lever les impôts au consentement d’une assemblée de nobles constituent une étape importante dans le processus de partage de l’autorité, aux lointaines origines du régime parlementaire. A cela s’ajoutent nombre de dispositions destinées à protéger la liberté personnelle, la justice, le commerce et les villes. Appuyé par Innocent III, J. tente aussitôt de revenir sur la concession. Les barons le déposent et appellent comme roi le prince Louis de France. Une nouvelle expédition française s’est ébranlée quand J. meurt, le 19 octobre 1216.
JEAN SANS TERRE (Oxford, 1167-châ-teau de Newark, Nottinghamshire, 1216). Roi d'Angleterre (1199-1216). Fils d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine, il succéda à son frère Richard Ier Coeur de Lion au détriment de son neveu, Arthur Ier de Bretagne. Cité par Philippe II Auguste devant la Cour des pairs de France (1202) pour son remariage avec Isabeau d'Angoulême (1200) qu'il avait enlevée à son fiancé, un Lusignan, il fut condamné à la confiscation de ses fiefs français (Normandie, Anjou, Maine, Touraine, Aquitaine et Poitou), d'où son surnom de sans Terre. L'assassinat d'Arthur Ier, son neveu, par Jean (1203) provoqua le soulèvement et la perte de la Bretagne et de l'Anjou, suivie de celle de la Normandie (1204) et de la Touraine (1205). En 1206, Jean sans Terre ne conservait en France que l'Aquitaine et le Poitou. Sa politique ecclésiastique fut aussi un échec. Entré en conflit avec le nouvel archevêque de Canterbury, Étienne Langton, il vit son royaume frappé d'interdit (1208) et fut lui-même excommunié par Innocent III (1209) qui autorisa Philippe Auguste à intervenir militairement en Angleterre pour l'exécution des condamnations pontificales. Cependant, devant l'opposition croissante des ses sujets, Jean sans Terre se réconcilia avec le pape, promit de garantir la liberté des élections épiscopales et accepta d'être vassal du Saint-Siège. Après l'échec de la coalition qu'il avait suscitée contre la France (Bouvines, 1214), il se heurta à la révolte des barons anglais qui lui imposèrent la Grande Charte (1215). S'étant soustrait à ses promesses, les barons élurent roi le fils de Philippe Auguste (le futur Louis VIII de France). La dynastie des Plantagenêts fut sauvée par la mort de Jean sans Terre et l'avènement de son fils, Henri III.
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